Lors de ses plus récents échanges avec des dirigeants de la LNH, Elliotte Friedman a laissé tomber une information qui a fait lever bien des sourcils : selon plusieurs directeurs généraux, il existe très peu d’équipes capables de répondre aux exigences des Blues de Saint-Louis pour Robert Thomas.
Et l’un d’eux est allé encore plus loin. Selon ce DG, s’il y a une équipe qui peut réellement land Robert Thomas, c’est le Canadiens de Montréal.
Ce n’est pas une opinion de partisan. Ce n’est pas un fantasme médiatique montréalais. C’est le constat froid d’un dirigeant de la LNH qui regarde les actifs, la flexibilité salariale et la fenêtre compétitive. Et quand on décortique la situation, le raisonnement est cinglant.
Les Blues ne cherchent pas un bricolage. Ils ne cherchent pas un espoir de milieu de formation ou un choix tardif. Ils cherchent soit un package absolument déraisonnable qui les force à dire oui, soit, et c’est là que tout devient intéressant, un attaquant top-6 établi, légèrement plus jeune que Thomas, capable de maintenir un niveau élite immédiatement.
Autrement dit : un profil rarissime. Et c’est précisément pour ça que le marché est si restreint.
Montréal, paradoxalement, fait partie de ces rares équipes qui peuvent aligner des pièces majeures sans toucher à ce qu’elle refuse catégoriquement de sacrifier.
La mission de Kent Hughes est claire : frapper fort, sans briser le cœur du projet. Michael Hage et Alexander Zharovsky ne bougeront pas. Ivan Demidov non plus. Cole Caufield encore moins. Mais tout le reste devient discutable.
Et c’est là que l’arsenal du Canadien devient unique. David Reinbacher est une pièce qui fait saliver plusieurs organisations, Saint-Louis en tête.
Adam Engström progresse à une vitesse qui en fait un actif crédible dans une transaction majeure. Owen Beck demeure perçu comme un centre plombier fiable à long terme.
Oliver Kapanen a déjà une valeur concrète dans la LNH. Deux choix de première ronde ? Montréal peut se le permettre. Même Patrik Laine, dans une optique strictement financière, peut servir de levier pour équilibrer un échange.
Aucune autre équipe intéressée par Robert Thomas ne peut empiler autant d’options sans toucher à son noyau sacré. C’est exactement ce que le DG cité par Friedman voulait dire. Montréal n’est pas la seule équipe intéressée. Elle est la seule équipe capable.
Et la portée est énorme. Parce que Robert Thomas fait du CH une équipe prétendante à la Coupe Stanley sur-le-champ.
C’est un centre de 80-90 points, signé à long terme, dans le cœur de son prime. Un joueur qui transforme instantanément la structure offensive d’un club. Un duo Suzuki-Thomas change la hiérarchie dans l’Est. Ce n’est plus une équipe en progression. C’est une équipe qui s’invite dans la discussion des prétendants.
La vraie question n’est donc plus de savoir si Montréal aime Robert Thomas. La question est de savoir jusqu’où Kent Hughes est prêt à aller pour prouver que le Canadien n’est plus un projet patient, mais une organisation prête à convertir ses actifs en impact immédiat.
Quand un DG de la LNH affirme que Montréal est la destination capable de conclure ce genre de transaction, ce n’est pas un compliment gratuit. C’est une conclusion stratégique. Et c’est peut-être le signal le plus fort à ce jour que le Canadien est passé du statut d’observateur… à celui d’acteur dangereux sur le marché.
Oui : les Blues de Saint-Louis exigent Michael Hage ou Alexander Zharovsky. Pas « idéalement ». Pas « peut-être ». Ils le demandent. C’est leur point de départ.
La vraie question n’est donc pas s’ils les exigent, mais comment le Canadiens de Montréal peut forcer Saint-Louis à reculer sans céder Hage ni Zharovsky.
Et il n’y a qu’une seule façon d’y arriver.
Les Blues veulent un stud offensif jeune parce que Robert Thomas est : un centre #1, 26 ans, signé à long terme, dans son prime.
Donc Saint-Louis se protège contre une erreur historique.
Pour les faire reculer, il faut remplacer la valeur perçue de Hage/Zharovsky, pas la contourner.
Et ça se fait de trois façons combinées, pas une.
1) David Reinbacher (défenseur droitier, top-pair potentiel, parfait pour un retool rapide).
2) Surpayer en capital de repêchage. C’est ici que Montréal peut faire ce que 95 % des équipes ne peuvent pas. Un choix de 1re ronde 2026 non protégé. Un deuxième choix de 1re ronde OU un 2e + 3e
3) Ajouter un actif immédiat au centre. Oliver Kapanen all-the-way.
C’est exactement ce que Elliotte Friedman rapportait : très peu d’équipes peuvent répondre aux exigences et une seule peut le faire sans donner son cœur offensif
Oui, les Blues exigent Hage ou Zharovsky.
Non, le Canadien ne les donnera pas.
Et oui, il existe une seule façon de passer par-dessus ça : surpayer ailleurs.
C’est ça, le dossier Robert Thomas.
Et c’est pour ça que Montréal est encore dans le coup.
