Coup de génie de Hughes : un défenseur générationnel émerge en silence

Coup de génie de Hughes : un défenseur générationnel émerge en silence

Par William Petit Lemay le 2026-02-26

35 buts.

Relis ça.

Trente-cinq buts.

Et il est défenseur.

Bryce Pickford n’est pas en train d’avoir une bonne saison dans la WHL. Il est en train de dynamiter les standards. 45 matchs. 35 buts. 32 passes. 67 points. Capitaine des Medicine Hat Tigers. Top 6 des meilleurs buteurs de toute la ligue.

Pas des défenseurs.

De toute la ligue.

À 19 ans.

Repêché au 81e rang en 2025 par le Canadien de Montréal.

Et c’est ici que ça devient presque ironique.

Parce que Montréal n’a jamais été une organisation riche en défenseurs droitiers dominants. Jamais. Pendant des années, on a bricolé à droite. On a converti des gauchers. On a patché avec des vétérans défensifs sans grande explosion offensive.

On a espéré. On a patienté. On a compensé.

Un vrai droitier élite? Rare.

Un droitier capable de contrôler un match offensivement? Encore plus rare.

Et là, en silence, un jeune de 19 ans débarque avec 35 buts.

Ce n’est pas juste impressionnant.

C’est presque une revanche structurelle.

Pickford n’est pas un défenseur qui accumule des points par accident.

C’est un défenseur complet.

6 pieds 1. Droitier naturel. Solide physiquement. Intelligent dans ses lectures. Proactif en zone défensive.

Il ferme les espaces qu’il crée lui-même avec des give-and-go.

Il attaque le côté faible. Il trouve le centre. Il se rend disponible en mouvement constant.

Et quand la rondelle arrive?

Il la réceptionne directement dans sa “shooting pocket”, masque son tir, et décoche.

Il adore les one-timers. Il adore les tirs en marchant vers le filet. Il est constamment en mouvement.

Toujours une option. Toujours dangereux.

Ce n’est pas un défenseur qu’on cache derrière un système.

C’est un moteur.

À Montréal, ça change tout.

Aujourd’hui, oui, il y a plus de stabilité à droite.

Noah Dobson est installé.

Carrier joue un rôle défensif fiable.

Guhle peut dépanner.

Mais soyons honnêtes : combien de fois dans l’histoire récente du CH a-t-on eu un droitier qui faisait réellement peur offensivement?

Très peu.

Carrier est solide. Intelligent. Responsable.

Mais Pickford, lui, est explosif.

Il apporte quelque chose que Montréal a cherché pendant une décennie : un droitier qui peut dicter le tempo depuis la ligne bleue.

Est-ce qu’il prend une place sur la troisième paire dans quelques années? Est-ce qu’il devient un quart-arrière d’avantage numérique? Est-ce qu’il force des décisions difficiles à Martin St-Louis?

Le beau problème commence ici.

Parce que si Pickford continue sur ce rythme, ce ne sera plus une question de profondeur.

Ce sera une question de hiérarchie.

Un défenseur droitier de 19 ans qui marque 35 buts dans la WHL, ce n’est pas normal.

Ce n’est pas commun. Ce n’est pas un hasard.

C’est générationnel.

Et Kent Hughes l’a vu au troisième tour.

Encore.

Pendant que d’autres équipes misaient sur des profils “plus sûrs”, Montréal a pris un pari sur le talent brut. Sur l’instinct offensif. Sur la vision moderne du défenseur.

Et aujourd’hui, ça ressemble à un vol.

Pickford joue sur toute la longueur de la glace.

Il défend avec anticipation. Il attaque avec conviction. Il est capitaine à 19 ans.

Ça en dit long sur son leadership.

Sur sa maturité. Sur sa présence.

Ce n’est pas un défenseur qui triche pour produire.

C’est un défenseur qui comprend le jeu.

Et pour une organisation qui a longtemps manqué de droitiers dominants, ça sonne comme une révolution tranquille.

Imagine une ligne bleue avec Dobson, Hutson, Guhle… et un Pickford en pleine maturité.

Ce n’est plus une reconstruction.

C’est un virage stratégique.

Pendant des années, Montréal a compensé à droite.

Aujourd’hui, Montréal pourrait dominer à droite.

Et si Bryce Pickford devient ce que ses chiffres laissent présager, on ne parlera pas seulement d’un bon choix de troisième ronde.

On parlera du moment où le Canadien a enfin réglé son problème historique… en silence.

Et ça, c’est tout sauf banal.

Ouff...