Jean-Charles Lajoie n’a pas fait dans la demi-mesure.
Alors que plusieurs rumeurs envoient le Canadien à la chasse au gardien d’expérience – Jordan Binnington, Sergei Bobrovsky et compagnie – JiC a ramené le débat ailleurs.
Vraiment ailleurs.
Selon lui, si le Tricolore place l’acquisition d’un gardien au sommet de sa liste de priorités, il passe complètement à côté du vrai problème.
Boom.
Pour Lajoie, le vrai besoin est clair : un centre établi pour le deuxième trio. Point.
Oliver Kapanen? Il l’aime. Il respecte son potentiel. Mais il refuse la « pensée magique » qui en fait déjà la solution à court, moyen et long terme derrière Nick Suzuki.
Kapanen est un excellent projet de centre de troisième trio.
Mais si Montréal veut traverser au moins un tour de séries dans deux mois?
Il faut un vrai deuxième centre.
Un centre capable de s’installer entre Ivan Demidov et Juraj Slafkovsky.
Parce que oui, les deux jeunes ont du talent.
Oui, ils produisent.
Mais en ce moment, leur centre fait office de pompier.
Il éteint des feux.
Il ne les allume pas.
Et c’est là que le rêve commence.
Dans un « monde de licornes », comme le dit lui-même Lajoie, Doug Armstrong pourrait régler tous les besoins du Canadien… en une seule transaction.
Imaginez la bombe.
Robert Thomas.
Colton Parayko.
Jordan Binnington.
Trois noms.
Trois bagues de la Coupe Stanley.
Thomas, 26 ans, sous contrat encore cinq ans à 8,1 millions.
Parayko, 32 ans, droitier robuste, quatre années restantes.
Binnington, 32 ans, encore une saison après celle-ci.
Coût total : un peu plus de 20,6 millions sur la masse.
Impact immédiat : monumental.
Tu règles ton problème au centre.
Tu ajoutes un défenseur droitier de grand format pour épauler Lane Hutson.
Tu sécurises le filet pour une transition vers Jacob Fowler.
Et soudainement, Montréal n’est plus en apprentissage.
Il devient menaçant.
Avec Thomas derrière Suzuki, tu possèdes deux centres top-6 élites.
Avec Parayko, tu solidifies une brigade défensive déjà impressionnante. Imaginez Guhle et Carrier sur une troisième paire.
Six défenseurs top-4 dans le même alignement.
C’est du luxe.
Et Binnington?
Même s’il est polarisant, il a prouvé qu’il peut gagner quand ça compte.
Sur papier, c’est séduisant.
Extrêmement séduisant.
Mais voilà.
On ne vit pas dans un monde de licornes.
On vit dans la LNH.
Et dans la LNH, tout a un prix.
Un prix salé.
Parce que pour sortir Robert Thomas de St. Louis, Armstrong ne demandera pas un simple choix de première ronde.
Il voudra du premium.
Des espoirs majeurs.
Peut-être David Reinbacher.
Peut-être Alexander Zharovsky.
Peut-être Oliver Kapanen.
Peut-être Jakub Dobes.
Peut-être plusieurs choix de repêchage.
Pas tout en même temps… mais ça va faire mal.
Très mal.
On ne peut pas réclamer un centre de 80 points sous contrat cinq ans et espérer s’en sortir avec un seul espoir secondaire.
Même chose pour Parayko.
Même chose pour Binnington.
Ce sont des actifs lourds.
Expérimentés.
Champions.
Et les Blues, à 12 points des séries, sont vendeurs… mais pas naïfs.
Ils ne feront pas de cadeau.
Jean-Charles Lajoie le sait.
Il le dit lui-même : « Tu vas perdre des gars que tu vas grincer des dents… mais tu pourrais sourire à belles dents au printemps. »
C’est ça, le pari.
Sacrifier une partie de ton futur pour accélérer ton présent.
Rester patient avec la reconstruction… ou appuyer sur l’accélérateur.
Parce qu’au final, la question dépasse le simple fantasme de triple transaction.
Elle touche l’identité du projet.
Est-ce que le Canadien est prêt à devenir agressif?
Ou est-il encore en accumulation d’actifs?
Dans un monde parfait, Montréal mettrait la main sur un deuxième centre établi, un défenseur droitier robuste et un gardien vétéran de transition.
Dans la vraie vie?
Il faudra choisir.
Et surtout, il faudra payer.
Parce que Robert Thomas ne s’échange pas pour une poignée de promesses.
Parce que Jordan Binnington ne part pas pour un simple pari.
Parce que Colton Parayko ne quitte pas St. Louis gratuitement.
Le rêve est beau.
Le scénario est excitant.
Mais si Kent Hughes veut transformer le Canadien en prétendant dès cette saison…
Il devra accepter de faire un sacrifice qui fera mal.
Très mal.
Et c’est toujours là que la vraie décision commence.
