Une simple réponse de Bill Daly vient peut-être de changer la façon dont on imagine l’avenir de la LNH.
Depuis des décennies, l’idée d’installer des équipes permanentes en Europe revenait régulièrement dans les discussions, sans jamais dépasser le stade du rêve ou de la spéculation.
Cette fois, les mots proviennent directement du numéro deux de la LNH… et ils risquent de faire couler énormément d’encre.
Invité au The Sick Podcast en compagnie de Pierre McGuire et Jimmy Murphy, le commissaire adjoint de la LNH a été confronté à une question aussi simple que fascinante.
Verra-t-on un jour des équipes de la Ligue nationale établies en Europe?
La réponse de Daly n’a laissé personne indifférent.
Avant même de parler d’expansion, il a expliqué que la ligue pose déjà plusieurs gestes concrets pour séduire davantage le marché européen.
Les nouveaux matchs disputés en après-midi durant la semaine ne sont pas le fruit du hasard. Ils ont été pensés afin d’offrir aux amateurs européens des rencontres diffusées en soirée, à une heure beaucoup plus favorable pour eux.
Daly a expliqué que ce nouveau calendrier permettra enfin à la LNH de présenter régulièrement des matchs de semaine en heure de grande écoute sur le continent européen, tout en évitant une concurrence directe avec le football européen, particulièrement les lundis soir. Selon lui, cette stratégie représente une occasion exceptionnelle de faire grandir la ligue à l’international.
Puis est arrivée la phrase qui fait maintenant réagir partout dans le monde du hockey.
Questionné directement sur la possibilité de voir un jour des équipes européennes évoluer dans la LNH, Bill Daly n’a pas fermé la porte. Bien au contraire.
« Je pense que c’est inévitable à un certain niveau », a-t-il répondu.
Could we ever see European-based @NHL teams?
— The Sick Podcast - The Eye Test (@sickpodnhl) July 30, 2026
Deputy Commissioner Bill Daly: "I think it's inevitable on some level"#thesickpodcast @MurphysLaw74 pic.twitter.com/esmS9X1hEx
Une déclaration lourde de conséquences.
Le commissaire adjoint a toutefois pris soin d’ajouter qu’il est incapable d’avancer un échéancier précis.
Selon lui, plusieurs obstacles demeurent, notamment la logistique d’une saison complète de 84 matchs avec des déplacements entre l’Amérique du Nord et l’Europe.
Malgré ces défis, Daly a rappelé que la ligue multiplie déjà les initiatives internationales.
Les Séries mondiales, la Coupe du monde de hockey, la Confrontation des 4 nations… tout cela fait partie d’une vision beaucoup plus large.
Il a même révélé travailler présentement sur un autre projet international qui pourrait être dévoilé prochainement et qui permettrait de créer encore davantage de contenu destiné aux marchés étrangers.
Difficile de ne pas voir une direction claire.
Si la LNH croit réellement qu’une présence permanente en Europe est inévitable, la solution la plus logique ne passerait probablement pas par une seule équipe isolée.
Une véritable division européenne deviendrait presque incontournable afin de limiter les déplacements et d’offrir un calendrier réaliste.
Imaginez seulement le Canadien de Montréal effectuer, chaque saison, une tournée européenne de plusieurs matchs.
Imaginez des rencontres de saison régulière disputées à Stockholm, Helsinki, Zurich ou même Paris devant des amphithéâtres remplis de partisans du Tricolore.
Les chandails bleu-blanc-rouge envahissant les rues européennes… le hockey devenant encore plus mondial qu’il ne l’est déjà.
L’idée fait rêver.
Elle soulève aussi plusieurs questions.
Une expansion de cette ampleur exigerait un bassin de joueurs encore plus profond.
Déjà, plusieurs observateurs estiment que certaines équipes peinent à maintenir un niveau de talent élite partout dans leur formation.
Ajouter plusieurs nouvelles concessions obligerait inévitablement la ligue à réfléchir à la qualité globale de son produit.
Une autre avenue pourrait consister à relocaliser certaines franchises existantes plutôt qu’à créer uniquement de nouvelles équipes.
Ce scénario permettrait de transférer immédiatement des effectifs compétitifs vers de nouveaux marchés européens sans diluer autant le talent à travers la ligue.
Rien de tout cela n’a été annoncé. Rien n’est imminent non plus.
Mais lorsqu’un dirigeant aussi influent que Bill Daly affirme publiquement qu’une présence permanente de la LNH en Europe est, selon lui, « inévitable à un certain niveau », le sujet cesse d’appartenir au monde de la science-fiction.
Pour la première fois depuis très longtemps, la conversation ne porte plus uniquement sur quelques matchs internationaux disputés chaque automne.
Elle porte désormais sur la possibilité qu’une véritable division européenne fasse un jour partie de la Ligue nationale de hockey.
Wow…
