Pendant des mois, une bonne partie des partisans du Canadien de Montréal répétait la même chose : Kent Hughes devait absolument foncer sur Mason McTavish.
Le nom du jeune centre des Ducks d’Anaheim revenait constamment dans les rumeurs. On parlait d’un attaquant robuste, d’un joueur capable de compléter Nick Suzuki, d’un centre idéal pour les séries éliminatoires.
Plusieurs voyaient déjà McTavish débarquer à Montréal comme le fameux deuxième centre tant recherché depuis des années.
Mais mercredi soir, une scène a complètement changé la perception autour de ce dossier.
Mason McTavish a été laissé de côté par les Ducks.
Healthy scratch.

Pas blessé. Pas diminué physiquement. Son entraîneur Joel Quenneville a simplement décidé qu’il ne méritait pas sa place dans l’alignement pour un match éliminatoire crucial contre les Golden Knights de Vegas.
Le message est énorme.
Quand un entraîneur décide de sortir un ancien troisième choix au total en pleine série de deuxième ronde, ça en dit long sur le niveau de confiance présent à l’interne.
Encore plus quand son remplaçant, Jansen Harkins, embarque dans l’alignement… et marque un but.
Pendant ce temps, Anaheim est allé chercher une victoire de 3-1 pour égaler la série.
Disons que le timing fait très mal pour McTavish.
Depuis plusieurs semaines, les signes s’accumulent autour de son avenir en Californie. Sa relation avec Quenneville semble de plus en plus compliquée. Son temps de glace diminue. Son rôle offensif rétrécit. Même en saison régulière, il n’a jamais donné l’impression d’être devenu le joueur dominant que plusieurs imaginaient après son repêchage.
Oui, il possède du talent.
Oui, il reste capable de connaître de gros matchs.
Mais un joueur dominant ne se retrouve pas dans les gradins pendant que son équipe tente de survivre en séries.
C’est là que Kent Hughes ressort gagnant aujourd’hui.
À Montréal, plusieurs critiquaient le directeur général du Canadien pour sa prudence dans ce dossier. Certains lui reprochaient de ne pas avoir payé le prix demandé par Anaheim. D’autres étaient prêts à sacrifier David Reinbacher, Oliver Kapanen, des choix de première ronde ou plusieurs jeunes morceaux importants pour aller chercher McTavish.
Avec ce qui vient de se produire, le portrait change complètement.
Le Canadien cherche un joueur capable d’aider immédiatement dans les moments importants. Un joueur fiable. Un joueur utilisé quand la pression monte.
Pas un attaquant envoyé dans les estrades par son propre entraîneur.
Le plus inquiétant pour Anaheim, c’est que cette décision arrive au moment précis où les Ducks commencent enfin à devenir une vraie puissance dans l’Ouest.
Leo Carlsson explose.
Beckett Sennecke produit.
Le groupe avance.
Et McTavish, lui, semble tranquillement glisser vers l’arrière du projet.
Quand une organisation commence à gagner sans toi en séries, le danger devient réel.
Le hockey est cruel avec ce genre de situation. La confiance disparaît rapidement. Les décisions des entraîneurs deviennent publiques. Les questions se multiplient. Les doutes aussi.
Joel Quenneville vient pratiquement d’envoyer un avertissement à toute la ligue.
Il ne fait plus totalement confiance à son joueur.
Ce n’est pas rien.
À Montréal, Kent Hughes doit regarder tout ça avec un certain soulagement. Depuis des mois, il refuse de paniquer malgré l’énorme pression autour du poste de deuxième centre. Il sait que les mauvaises transactions détruisent des reconstructions complètes.
Et aujourd’hui, plusieurs commencent soudainement à comprendre sa prudence.
Le Canadien possède déjà un noyau jeune qui avance rapidement. Suzuki, Demidov, Slafkovsky, Hutson et Fowler représentent une fondation solide. Ajouter un joueur incapable de convaincre son propre entraîneur en séries aurait pu devenir un pari dangereux.
Cette histoire ne veut pas dire que Mason McTavish est terminé.
À 23 ans, sa carrière est encore loin d’être écrite.
Mais mercredi soir, une chose est devenue claire.
Kent Hughes n’était peut-être pas en train de manquer une occasion.
Il était peut-être simplement en train d’éviter une énorme erreur.
Ouch...
