Cri du coeur: Ivan Demidov attristé de son exclusion

Cri du coeur: Ivan Demidov attristé de son exclusion

Par David Garel le 2026-02-11

Mercredi soir, à Brossard, l’ambiance était festive. Musique, lumières, caméras, jeunes partisans excités. Le nouveau complexe de divertissement GoPlex à Brossard ouvrait officiellement ses portes : plus de 50 000 pieds carrés de karting intérieur, simulateurs de golf haute précision, arcades immersives, lancer de haches, espace événementiel moderne.

Et au centre de tout ça, sourire aux lèvres, se tenait Ivan Demidov. Commandite de bas-étage, mais tant qu'à être exclue des Olympiques, autant faire des billets verts.

Ouch. Ce contraste est violent.

D’un côté, un centre de divertissement flambant neuf, des simulateurs et des karts électriques.

De l’autre, les Jeux olympiques – le sommet absolu du sport mondial.

Et Demidov, 20 ans, est coincé entre les deux.

Il ne l’a pas dramatisé. Il n’a pas frappé du poing sur la table. Il a simplement dit :

« J’espère que nous serons de retour un jour et que je pourrai faire ma place dans l’équipe. »

Une phrase simple. Mais lourde.

La Russie est toujours exclue des compétitions internationales majeures en raison du conflit en Ukraine. Le Comité international olympique maintient la suspension. La Fédération internationale de hockey sur glace aussi. Résultat : une génération complète de joueurs russes de la LNH est privée de Jeux.

Et Demidov fait partie de cette génération sacrifiée.

Ce qui rend la situation encore plus complexe, c’est que Demidov n’est pas un joueur qui vit entre deux mondes. Il ne retourne pas passer ses étés à Moscou pour cultiver une image nationale. Il s’est installé ici. Il apprend la culture nord-américaine. Il investit émotionnellement à Montréal. Il s’intègre

Il est un joueur de la LNH. Point.

Mais malgré tout, son passeport le suit. Et il le prive du plus grand rêve sportif possible.

Pendant ce temps, son compagnon de trio Juraj Slafkovsky brille sur la scène internationale. Deux buts, une passe dans le match d’ouverture. Demidov l’a regardé. Il l’a dit. Il a blagué en disant qu’il aurait probablement récolté une mention d’aide sur chacun de ses buts.

Joke facile. Mais quand tu es un compétiteur de ce calibre, regarder ton coéquipier vivre ce moment pendant que toi tu es à Brossard pour inaugurer un centre de karting, ça laisse un vide.

Et ce vide est d’autant plus cruel que sportivement, Demidov mérite la vitrine.

À 20 ans, il totalise 46 points en 57 matchs avec les Canadiens de Montréal. Il est parmi les meilleures recrues offensives du circuit. Il a l’impact, la créativité, l’explosion. Sur une scène olympique, il serait électrisant.

Mais il est condamné à attendre.

Peut-être 2030. Peut-être les Alpes françaises. Il aurait alors 24 ans. Quatre ans, dans une carrière de hockeyeur, c’est une éternité. C’est un contrat. C’est une fenêtre compétitive. C’est un sommet physique.

En attendant, il multiplie les apparitions publiques. GoPlex cette semaine. D’autres engagements commerciaux ailleurs. Demidov accepte les partenariats. Il est visible. Il est présent. Certains diront qu’il prend tout ce qui passe. Peut-être.

Mais il y a aussi une lecture plus humaine : quand on t’enlève une scène mondiale, tu cherches d’autres scènes.

Le jeune homme qui signait des autographes à Brossard cette semaine n’était pas seulement une recrue populaire. C’était un athlète privé de drapeau. Un joueur qui doit regarder les Jeux à la télévision. Un compétiteur qui, au lieu de vivre le tournoi le plus prestigieux de sa vie, fait du karting avec des partisans.

Et il le fait avec classe. Sans plainte. Sans controverse.

Mais ne vous trompez pas.

Quand il dit qu’il espère que « nous serons de retour », ce n’est pas une phrase vide. C’est un rêve suspendu. C’est l’aveu que, malgré ses 46 points, malgré l’amour du marché montréalais, malgré les publicités et les événements, il manque quelque chose.

Ivan Demidov est en train de bâtir une grande carrière.

Mais en ce moment, une partie de lui est ailleurs.

Devant un écran.

À regarder d’autres vivre ce qu’il aurait dû vivre.