Crise dans le vestiaire du CH: les frères Xhekaj visent Martin St-Louis

Crise dans le vestiaire du CH: les frères Xhekaj visent Martin St-Louis

Par David Garel le 2025-04-01

C’est ce qu’on appelle un missile diplomatique déguisé en confidence familiale.

Dans une entrevue accordée à TVA Sports, Florian Xhekaj a raconté un moment marquant : le soir où les frères Tkachuk ont imposé leur loi contre Équipe Canada au Centre Bell, en se tapant dans les mains dans le banc des punitions.

Ce soir-là, Arber Xhekaj lui a texté : « As-tu vu ça? » Et Florian de répondre : « C’est mon rêve. On va y arriver. »

Mais avec toutes les rumeurs de transaction qui planent autour d’Arber Xhekaj, cette anecdote n’a rien d’innocent.

Ce n’est pas une simple confidence nostalgique. C’est un message percutant, culotté, et même provocateur à l’endroit de Kent Hughes et de Martin St-Louis :

Ne brisez pas notre rêve. Ne touchez pas à mon frère. Ou vous passerez à côté du duo de frères le plus intimidant depuis les Tkachuk.

Florian Xhekaj, du haut de ses 20 ans, n’est pas dupe. Il voit son frère souffrir, marginalisé par un entraîneur qui n’a jamais cru au concept de "Shérif", ignoré dans les moments-clés, laissé dans les estrades alors qu’il se bat depuis deux ans pour gagner sa place.

Et aujourd’hui, ce même frère est sur le point d’être sacrifié pour des considérations stratégiques, contractuelles ou politiques.

Alors Florian a décidé de prendre la parole à sa manière.

Et ce n’est pas un hasard.

Florian ne s’est pas contenté de briller à Laval avec ses 19 buts, ses 159 minutes de pénalité et sa progression fulgurante.

Il a tout construit avec Arber à ses côtés. Les entraînements, les combats de rue dans l’entrée familiale, les repas partagés, les objectifs en commun.

Ils vivent ensemble. Ils mangent ensemble. Ils rêvent ensemble.

Et voilà que Kent Hughes, avec ses rumeurs d’échange de plus en plus insistantes, s’apprêterait à déchirer ce lien fraternel au nom d’une profondeur défensive ou d’un ailier de finesse à aller chercher.

Florian Xhekaj ne laissera pas passer ça sans mot dire.

En évoquant les frères Tkachuk, il n’envoie pas seulement une image forte. Il fait une déclaration d’intention.

Les Tkachuk sont tout ce que la LNH moderne veut éviter... mais dont chaque équipe rêve secrètement : deux brutes brillantes, deux leaders charismatiques, deux aimants à caméras qui font basculer des séries par leur seule énergie. Deux frères qui écrivent leur propre narration, sans permission.

Florian veut la même chose. Il veut ce duo. Il veut qu’Arber reste. Il veut qu’on bâtisse autour d’eux, pas contre eux.

Et si on l’en empêche, il sait que la cassure sera irréversible.

Car la vérité, c’est que les deux frères sont prêts.

Arber, malgré ses déboires actuels, a déjà prouvé qu’il peut jouer dans la LNH. Il a juste besoin de respect, d’un coach qui croit en lui, et d’un système où il n’est pas sacrifié après chaque erreur.

Et Florian? Il est NHL ready. Il frappe, il marque, il énerve, il dérange. Il est une menace constante, exactement ce qu’il faut en séries. Il rêve d’imiter Tom Wilson, et il a déjà le profil pour y arriver.

On parle d’un gars qui a pris 15 livres de muscle en un été, qui s’est entraîné comme un soldat, et qui mène l’AHL pour les minutes de punition… tout en marquant 19 buts.

Et dans cette déclaration, il vient de faire bien plus que rappeler un souvenir d’enfance :
il a mis le CH devant un choix.

Le Canadien veut-il vraiment briser ça?

Veut-il vraiment échanger Arber pour un retour incertain, alors que Florian cogne à la porte avec la rage au ventre?

Veut-il être l’organisation qui a séparé deux frères pour ensuite regretter pendant dix ans de ne pas avoir saisi l’occasion de construire une identité forte, rare et intimidante?

Veut-il répéter les erreurs du passé, comme avec les frères Kostitsyn, en choisissant d’éteindre la flamme plutôt que de l’alimenter?

La balle est dans le camp de Kent Hughes.

Mais Florian Xhekaj vient d’envoyer un message clair :

Ne transige pas mon frère… et on deviendra les frères Tkachuk.

Et dans un sport où les déclarations calculées sont la norme, cette sortie publique a tout d’un avertissement. Un avertissement passionné, stratégique, et brutalement sincère.

Arber est en sursis. Florian est en montée. Et le point de rupture approche.

Le Canadien de Montréal devra bientôt décider : Veut-il les frères Xhekaj? Ou veut-il affronter les frères Xhekaj… dans un autre uniforme?

Ce n’est pas juste un rêve. C’est peut-être le début d’un ultimatum.

Et c’est là que la tension monte d’un cran.

Car derrière cette déclaration publique de Florian Xhekaj, il n’y a pas seulement deux frères qui rêvent. Il y a une famille entière qui observe, qui écoute, qui retient ses mots… mais qui commence à perdre patience.

Le père Xhekaj, déjà bien connu pour son franc-parler, n’a jamais caché sa fierté envers ses fils. Il assiste aux matchs, il porte le surnom « Shérif » sur ses vêtements, il affiche clairement son camp dans cette saga.

Et depuis que Martin St-Louis a publiquement nié l’existence du surnom dans le vestiaire, tout en reléguant Arber au rôle de figurant, un froid s’est installé.

Un froid épais, dur, personnel.

Et Kent Hughes serait fou d’ignorer cette dimension familiale dans ses décisions. Car les Xhekaj ne sont pas des robots qu’on place sur une feuille d’alignement.

Ce sont deux frères, liés par le sang, la sueur et une histoire de résilience que le Québec a adoptée dès le premier coup d’épaule d’Arber dans la LNH.

En refusant de leur faire confiance, le Canadien ne sacrifie pas juste un joueur : il sacrifie un lien. Une identité. Une culture d’effort et de fierté.

Florian Xhekaj l’a bien compris. Et il ne parle pas pour rien.

C’est une famille issue de l’immigration, qui a tout bâti à la dure. Une famille qui n’a jamais rien eu de facile. Et qui, justement, n’acceptera jamais de voir l’un des siens être humilié, diminué, ou sacrifié en silence.

Leur message est sans pitié : si Montréal veut de Florian, elle devra aussi respecter Arber. Pas nécessairement lui garantir un poste à vie, mais cesser de l’humilier publiquement, de le traiter comme une erreur temporaire, comme un accident de parcours qu’on tolère jusqu’à ce qu’un autre vienne le remplacer.

Et si ce respect n’est pas offert… ils iront ailleurs. Ensemble.

Parce que, contrairement à ce qu’on croit dans les bureaux feutrés du Centre Bell, les Xhekaj ont maintenant de l’influence. Ils ont une communauté derrière eux. Ils ont des partisans qui réclament leur duo. Et ils ont un narratif, celui d’un duo qui incarne ce que les amateurs québécois veulent depuis toujours : du courage, de l’intensité, de la loyauté… et du cœur.

Le message n’est pas codé. Il est brutalement sans détour.

Ne touchez pas à Arber. Donnez-nous une chance. Laissez-nous écrire cette histoire. Ou alors, préparez-vous à regarder, de l’autre côté de la glace, deux frères qui vous feront regretter chaque minute de leur absence à Montréal.

Car ce n’est pas juste un rêve de jeunesse. C’est une promesse de feu. Et si Kent Hughes et Martin St-Louis ne le prennent pas au sérieux, les frères Xhekaj leur rappelleront, un jour, ce qu’ils ont perdu.