Brendan Gallagher est traité comme moins que rien à Vancouver.
Les journalistes de la Colombie-Britannique ne croient pas que les Canucks viennent simplement de récupérer un joueur arrivé au bout du rouleau.
À Montréal, les critiques étaient devenues brutales. À Vancouver, c’est le même manège, sans pitié.
Gallagher est fini.
Ses jambes ne suivent plus.
Son corps a trop encaissé.
Son style de jeu, basé pendant des années sur l’intensité, les contacts, les présences devant le filet et une énergie absolument incessante, a fini par l’achever.
À 34 ans, après avoir passé sa carrière à se jeter dans les zones les plus dangereuses de la patinoire, il est fini à la corde.
Mais Brendan Gallagher vient de répondre à ses détracteurs.
« J’espère qu’il y a de jeunes joueurs que je peux aider, que je peux aider à accélérer leur développement dans certains aspects de ce que signifie être un professionnel. »
Brendan Gallagher a connu les sommets, mais il a aussi vécu les journées les plus sombres.
Et selon lui, cette expérience peut maintenant devenir une arme à Vancouver.
« L’une des choses les plus importantes que nous avons faites à Montréal, qui est parfois négligée, c’est évidemment d’ajouter de bons joueurs, mais, en termes de culture, nous avons créé une très bonne culture. »
Il parle de la culture qu’il va amener à Vancouver.
Et il explique d’où cette culture provient réellement.
« Elle vient de vos journées les plus sombres et d’avoir des gars qui veulent être là et qui sont engagés dans le processus. »
« Toute organisation, que ce soit dans le sport ou ailleurs, n’est rien sans culture. »
Gallagher affirme comprendre pourquoi Vancouver est allé le chercher.
Il refuse de s’enterrer.
Selon lui, il va démontrer qu’il peut aider une équipe.
Il croit qu’il possède encore la capacité de contribuer au contrôle du jeu et à la création d’occasions offensives dans un rôle de deuxième ou troisième trio.
Gallagher va même jusqu’à rappeler que son intelligence demeure l’une de ses plus grandes qualités.
Pendant des années, le petit attaquant a compensé ses limitations physiques par son positionnement, son anticipation et sa compréhension du jeu.
Il sait où aller, comment déranger, comment créer de l’espace et comment se placer.
Je ne suis pas fini. Je serai encore devant le filet.
Toujours devant le filet.
C’est là que Gallagher a bâti sa carrière.
Et il ne s’arrête pas là.
« Pendant que les défenseurs adverses tentaient de me repousser, je recevais des coups, je tombais, mais je me relevais et retournais immédiatement au même endroit. »
« C’est la même chose avec les critiques. Ils veulent me voir à terre. Je vais me relever. »
« Personne ne t’apprend automatiquement comment vivre une mauvaise saison.
Comment réagir lorsqu’un entraîneur perd confiance en toi.
Comment se préparer après une défaite humiliante.
Comment gérer les médias.
Comment travailler lorsque personne ne vous regarde.
Je connais toutes ces réponses.
J’ai passé ma carrière à les apprendre dans la douleur. »
« C’est quelque chose sur lequel je vais d’abord me concentrer, et je pense que c’est quelque chose avec lequel je peux aider. »
Le message est clair.
Il a passé toute sa vie à entendre des gens lui expliquer pourquoi il n’allait pas réussir.
Trop petit.
Pas assez talentueux.
Pas assez rapide.
Trop vieux.
Maintenant fini.
« Je vais leur répondre sur la glace, comme je l’ai toujours fait. »
