Culture avant talent : le Canadien dit non à Evander Kane

Culture avant talent : le Canadien dit non à Evander Kane

Par André Soueidan le 2026-01-23

Kevin Weekes a allumé la mèche.

Selon l’informateur bien branché:

« plusieurs sources indiquent que les Stars de Dallas et l’Avalanche du Colorado sont parmi les destinations probables pour Evander Kane via transaction ».

Traduction claire : Vancouver est prêt à tourner la page, et Kane s’en va rejoindre un vrai prétendant. Dallas ou Colorado. Pas Montréal.

Et ce silence du côté du Canadien est tout sauf un hasard.

Sur papier, Evander Kane coche pourtant plusieurs cases.

Du gabarit, du papier sablé, de l’expérience, une capacité encore réelle de contribuer offensivement malgré ses 34 ans.

À Vancouver, dans une équipe à la dérive, Kane joue quand même plus de 17 minutes par match. Ce n’est pas un joueur fini.

Ce n’est pas un figurant.

C’est exactement le genre de profil que plusieurs réclament à Montréal depuis des semaines : un attaquant capable de déranger, de foncer au filet et de libérer de l’espace pour Nick Suzuki et Cole Caufield.

Parce que la vérité dérangeante, c’est celle-là : à cinq contre cinq, le duo Suzuki-Caufield n’est pas dominant. Plusieurs partenaires ont été essayés. Juraj Slafkovský, Zachary Bolduc, Alexandre Texier, maintenant Kirby Dach.

Rien n’a vraiment collé durablement.

Pas de trio qui impose sa loi physiquement.

Pas de trio qui rend la vie impossible aux défenseurs adverses quand le jeu devient lourd.

Et en séries, on le sait, ça ne pardonne pas.

Le Canadien cherche du papier sablé.

On l’a vu avec l’intérêt pour Kiefer Sherwood.

Le diagnostic est clair.

Mais Evander Kane, c’est autre chose.

Ce n’est pas juste un profil de joueur.

C’est un bagage. Un historique. Une réputation. Des controverses.

Un joueur qui amène toujours quelque chose avec lui… et pas toujours ce que tu veux dans un vestiaire jeune et fragile en construction.

Montréal bâtit quelque chose de très précis depuis trois ans : une culture, un environnement sain, une cohésion interne presque sacrée.

Suzuki, Caufield, Slafkovský, Demidov, Hutson : des joueurs jeunes, investis, disciplinés. Des gars qui respirent le projet.

Faire entrer Evander Kane là-dedans, c’est prendre un risque qui dépasse le hockey.

Et Kent Hughes le sait.

Le message implicite est puissant : oui, le CH a besoin de robustesse.

Oui, le CH a besoin d’un ailier capable d’absorber les coups pour libérer Suzuki et Caufield.

Mais non, pas à n’importe quel prix.

Pas au prix de la chimie.

Pas au prix du vestiaire.

Pendant que Dallas et le Colorado se préparent à absorber Kane comme une pièce de location pour la Coupe Stanley, Montréal regarde ailleurs.

Montréal regarde à l’interne.

Montréal regarde vers des profils plus compatibles. Des joueurs capables d’amener du poids sans amener le chaos.

Parce que cette équipe n’est pas rendue là.

Pas rendue au point où on sacrifie la stabilité pour une solution temporaire.

Pas rendue au point où on mélange les cartes pour une poussée désespérée.

Le tweet de Kevin Weekes vient donc confirmer une chose : Evander Kane va aller aider une équipe construite pour gagner maintenant.

Le Canadien, lui, est construit pour durer.

Et dans ce choix-là, Kent Hughes envoie un signal clair.

Le besoin de papier sablé existe.

Le besoin de gagner en séries existe.

Mais la culture passe avant le talent.

Même quand le talent est tentant.

Même quand le papier sablé fait défaut.

Même quand Suzuki et Caufield ont besoin d’aide.

Montréal ne dira peut-être pas non à un joueur robuste.

Mais Montréal vient clairement de dire non à Evander Kane.

À suivre ...