Des mots qui font mal : Martin St-Louis brisé par le départ de Rodger Brulotte

Des mots qui font mal : Martin St-Louis brisé par le départ de Rodger Brulotte

Par William Petit Lemay le 2026-03-21

Il y a des conférences de presse qui parlent de hockey.

Et il y a des moments… qui dépassent complètement le sport.

Avant même de répondre à la première question, avant même de parler de son équipe, de son alignement ou du match à venir, Martin St-Louis a pris quelques secondes. Quelques secondes pour s’arrêter. Pour respirer. Pour rendre hommage.

Et déjà, tout était différent.

Le ton.

L’émotion.

Le poids des mots.

Parce que cette fois, il ne parlait pas de hockey.

Il parlait de Rodger Brulotte.

« Je vais prendre deux minutes pour souhaiter mes sincères sympathies à la famille… »

Dès les premières phrases, on sent que ce n’est pas une formalité. Ce n’est pas un message appris. C’est sincère. C’est humain. C’est lourd.

Martin St-Louis a évoqué un homme qu’il a côtoyé, un homme qu’il décrit comme profondément gentil, passionné, proche des gens. Un homme qui aimait le sport, oui… mais surtout, un homme qui aimait les gens autour de lui.

Et dans ses mots, il y avait quelque chose de très simple.

Très vrai.

Il n’essayait pas d’en faire trop.

Il disait ce que tout le Québec ressent aujourd’hui.

Parce que la nouvelle du départ de Rodger Brulotte a frappé fort.

Très fort.

Comme une onde de choc qui a traversé toute la province.

Ce n’est pas seulement une figure du sport qui nous quitte. Ce n’est pas seulement une voix connue.

C’est une présence.

C’est une habitude.

C’est une partie de notre quotidien.

Pendant des décennies, Rodger Brulotte a accompagné des générations complètes de Québécois. À la radio, à la télévision, dans les salons, dans les autos, dans les souvenirs d’été.

On a grandi avec lui.

On a vibré avec lui.

On a appris à aimer le sport avec lui.

Et Martin St-Louis l’a parfaitement résumé, sans même le dire directement.

« On a grandi en l’écoutant… »

Cette phrase-là, elle dit tout.

Parce que ce n’est pas seulement son histoire personnelle.

C’est celle de tout un peuple.

Quand St-Louis parle des Expos, des souvenirs, de cette voix qui résonnait partout… on comprend que ce n’est pas juste un hommage. C’est un retour dans le temps.

Un retour à une époque où le sport rassemblait différemment.

Où une voix pouvait devenir un point de repère.

Rodger Brulotte, c’était ça.

Une voix qui faisait du bien.

Une voix qui faisait sourire.

Une voix qui donnait envie d’écouter, encore et encore.

Mais au-delà de la nostalgie, il y a une réalité plus dure.

Aujourd’hui, cette voix s’est éteinte.

Et le vide qu’elle laisse est immense.

Martin St-Louis n’a pas eu besoin de longs discours pour le faire comprendre.

Quelques phrases.

Un ton sincère.

Une émotion retenue.

Et c’était suffisant.

Parce que parfois, les mots les plus simples sont ceux qui frappent le plus fort.

Et dans un monde du sport souvent rapide, bruyant, rempli d’analyses et de critiques… ce moment-là a ramené tout le monde à l’essentiel.

À l’humain.

À la mémoire.

À la reconnaissance.

Ce n’était pas un entraîneur qui parlait.

C’était un Québécois.

Un gars qui, comme des millions d’autres, a été marqué par une voix.

Par une présence.

Par un homme.

Ce soir, le hockey va continuer.

Le Canadien va jouer.

La vie va suivre son cours.

Mais quelque chose a changé.

Parce qu’il y a des départs qui laissent des traces.

Et celui de Rodger Brulotte en fait partie.

Martin St-Louis l’a compris.

Et pendant quelques minutes, il nous l’a fait ressentir.

Sans artifices.

Sans détour.

Juste avec des mots vrais.

Des mots qui font mal.