Rarement a-t-on vu Patrick Roy être humilié de la sorte.
Ouch. Il y a des défaites qui font mal au classement. Et il y a des défaites qui exposent tout.
Celle encaissée par les Islanders de New York à domicile contre les Penguins de Pittsburgh fait partie de la deuxième catégorie.
Une humiliation. Un effondrement complet dans le match le plus important de leur saison, en pleine course aux séries. Une avance de 3-1 qui disparaît en quelques minutes, cinq buts accordés en un peu plus de six minutes, puis sept buts sans réplique. 8-3. Devant leurs partisans. Dans un moment où tu n’as absolument pas le droit de t’écrouler.
Le moment le plus trsite de la soirée? Quand Scott Mayfield a tenté de réveiller les troupes en jetant les gants contre le géant Elmer Soderblom. Le montre de de 6 pieds 8 l'a tabassé comme une vulgaire poupée. Ouch.
glue guy was using him as a ragdoll im crine 😭😭😭 pic.twitter.com/3MzQIID3zJ
— 🖤⁸⁷𐚁 malkling ★⁷¹💛 (@VirgosGroovv) March 31, 2026
Et Patrick Roy lui-même n’a pas été capable de cacher à quel point il avait honte.
" J'ai eu mal à ce moment. C'est comme si c'était moi qui se faisait tabasser en public."
“On n’aime pas se faire humilier comme ça devant nos partisans”, a-t-il admis.
"You don't like to be embarrassed like this in front of your fans"
— Islanders Videos (@SNY_Islanders) March 31, 2026
- Patrick Roy on tonight's loss to the Penguins pic.twitter.com/Em0FxaR5fY
“On leur a donné 11 chances en deuxième période… êtes-vous sérieux?”
“Ça a été probablement l’un de nos pires matchs défensivement depuis un bon moment.”
Patrick Roy was asked about the notion of Ilya Sorokin being "hung out to dry" against the Penguins tonight
— Islanders Videos (@SNY_Islanders) March 31, 2026
"We gave them 11 chances in the 2nd period, are you kidding me? That was one of our worst games defensively in a while" pic.twitter.com/EEI3KHluYC
Tout est là.
Pas un détail. Pas un mauvais rebond. Pas de la malchance.
Une catastrophe défensive.
Roy l’a dit lui-même : en première moitié de match, son équipe était agressive, les bâtons étaient actifs, la pression était là. Puis tout s’est effondré.
Plus de pression. Plus de structure. Plus de lecture. Des couvertures ratées, des joueurs seuls dans l’enclave, des contre-attaques incontrôlées. Une équipe qui abandonne son gardien. Littéralement.
Et c’est là que le dossier devient accablant.
Parce que pendant que les Islanders cherchent désespérément des réponses défensives… le joueur qui aurait pu stabiliser tout ça n’est plus là.
Noah Dobson.
Un défenseur droitier de premier plan. Un joueur capable de jouer de grosses minutes, de relancer le jeu, mais surtout, et c’est là tout le ridicule de la situation, un joueur qui est aujourd’hui le meneur de toute la LNH pour les tirs bloqués avec 179.
Un défenseur offensif… qui domine aussi dans les détails défensifs. Un profil rarissime. Un joueur capable de produire tout en absorbant la pression.
Et ce joueur-là, les Islanders l’ont laissé partir.
Pas parce qu’ils étaient obligés.
Pas parce qu’il n’y avait pas de solution contractuelle.
Il était joueur autonome avec compensation. Ils contrôlaient le dossier. Ils avaient le temps. Ils avaient le pouvoir.
Mais Patrick Roy n’en voulait plus.
Il le trouvait trop nonchalant. Trop risqué. Pas assez dans son moule. Pas assez engagé selon ses standards. Il n’aimait pas son style. Il n’aimait pas son approche. Il n’aimait pas ce qu’il représentait.
Tout le monde connaît ce qui s'est passé. Roy a sauté une coche sur Dobson dans le vestiaire... devant tout le monde... après une erreur défensive qui avait coûté le match aux Islanders en fin de saison dernière.
Alors on a pris une décision. L'échanger au CH pour les choix 16 ey 17 (Victor Eklund et Kashawn Aitcheson).
Et aujourd’hui, cette décision explose en plein visage de l’organisation.
Parce que pendant que la défensive des Islanders s’effondre dans le match le plus crucial de l’année, Dobson, lui, fait exactement ce que Roy lui reprochait de ne pas faire : il est solide. Il bloque des tirs. Il gère le jeu. Il produit. Il est complet.
Et ce n’est pas Victor Eklund, un futur ailier correct, mais jamais un joueur générationnel.
Ce n’est pas Kashawn Aitcheson, un défenseur séduisant au premier regard (qui frappe, qui marque, qui est spectaculaire), mais qui, selon plusieurs recruteurs, a d'énormes lacune défensives qui vont paraître dans la LNJ.
Ce ne sont pas ces deux espoirs, aussi prometteurs soient-ils, qui vont remplacer Noah Dobsom. Ce type de défenseur, ça ne se remplace pas avec des projections. Ça se garde. Ça se développe. Ça s’assume.
Mais Roy a décidé autrement.
Et il faut le dire : il a influencé son DG Mathieu Darche. Il a poussé dans cette direction. Il a imposé sa vision. Et aujourd’hui, cette vision laisse un trou béant à la ligne bleue.
Darche a été manipulé par son coach comme un enfant.
Et aujourd'hui, Roy n'a pas l'air du crayon le plus aiguisé de la boîte.
Même ses propres commentaires le trahissent.
“On ne peut pas donner autant de chances et penser gagner des matchs.”
“Il y a des choses qu’on doit faire beaucoup mieux défensivement.”
Oui.
Et ces choses-là, Noah Dobson les fait.
C’est ça, la réalité.
Pendant que les Islanders cherchent des réponses, pendant que leur structure s’effondre dans les moments critiques, pendant que la pression monte dans cette course aux séries complètement folle… ils regardent ailleurs ce qu’ils avaient déjà entre les mains.
Et c’est là que ça devient une erreur majeure.
Pas une petite erreur de gestion.
Pas un simple pari raté.
Une erreur de vision.
Parce qu’en voulant imposer un modèle rigide, en refusant d’accepter un joueur différent, en privilégiant le moule au talent, Patrick Roy a peut-être sacrifié exactement ce dont son équipe avait le plus besoin.
Et maintenant?
Il regarde son équipe se faire humilier… en cherchant des réponses qu’il a lui-même laissées partir.
