Un classement. Une phrase. Un détail qui change tout.
Quand Stéphane Leroux place un espoir du Canadien au 3e rang de toute la LNH, derrière seulement James Hagens et Konsta Helenius, ce n’est pas une tape dans le dos. C’est un signal.
Un signal que quelque chose de sérieux est en train de se construire.
Dans son top-40 des meilleurs espoirs n’ayant pas encore joué 25 matchs dans la LNH, Leroux glisse Alexander Zharovsky au troisième rang. Devant une armée de jeunes attaquants surévalués. Devant des choix top-5. Devant des machines offensives déjà installées en Amérique du Nord.
Et il ne le fait pas à la légère.
« Zharovsky est en avance sur les chiffres d’Ivan Demidov au même âge dans la KHL », rappelle Leroux.
Voilà.
La phrase qui frappe.
Parce qu’Ivan Demidov, on le sait, n’est pas un nom banal dans cette organisation. Ce n’est pas juste un espoir. C’est une pierre angulaire. Un symbole. Un pari assumé.
Et c’est là que la dette silencieuse entre en jeu.
Retour au repêchage 2025.
Les caméras captent un moment étrange. Kent Hughes au téléphone. Ivan Demidov au bout du fil. Une discussion brève, directe. Une validation.
Quelques minutes plus tard, le Canadien sélectionne Alexander Zharovsky.
Ce n’était pas un geste marketing. Ce n’était pas un coup de théâtre improvisé.
C’était une consultation.
Demidov connaissait le joueur. Connaissait le profil. Connaissait le caractère. Et surtout, il a donné son feu vert.
Depuis ce moment, le lien est scellé.
Aujourd’hui, avec Leroux qui place Zharovsky parmi l’élite des espoirs mondiaux, l’organisation récolte les premiers dividendes de cette confiance interne.
Parce que ce classement ne parle pas seulement d’un joueur de 19 ans à Ufa.
Il parle d’une culture.
Zharovsky, 19 ans, se maintient parmi les 50 meilleurs pointeurs de la KHL. À 19 ans. Contre des hommes. Contre des vétérans. Dans une ligue qui n’offre aucun cadeau.
Ce n’est pas un clip YouTube.
Ce n’est pas un tournoi junior survolté.
C’est du vrai hockey professionnel.
Leroux va même plus loin. Dans son top-10 des espoirs du Canadien n’ayant pas disputé 15 matchs à Montréal, Zharovsky est premier. Devant Michael Hage. Devant Jacob Fowler. Devant David Reinbacher.
Ce n’est pas anecdotique.
Et c’est là que la notion de dette prend tout son sens.
Kent Hughes ne doit pas de l’argent à Ivan Demidov.
Il lui doit une confiance.
Il lui doit une reconnaissance.
Parce qu’un directeur général qui appelle un espoir pour lui demander son avis avant une sélection, ça envoie un message puissant : « Tu fais partie du projet. Ta voix compte. »
Ce genre de geste ne s’efface pas.
Et quand le joueur recommandé devient, un an plus tard, l’un des trois meilleurs espoirs de toute la ligue selon un expert respecté, ça transforme une simple consultation en décision structurante.
Évidemment, prudence.
Alexander Zharovsky n’a pas encore disputé un seul match dans la LNH. Il est attendu à Montréal en 2027-2028. Le chemin est encore long. La transition vers l’Amérique du Nord est toujours un test.
Le tapis rouge n’est pas déroulé.
Mais le potentiel est réel.
Et plus encore, la cohérence organisationnelle est frappante.
Pendant que d’autres équipes improvisent à la date limite, Montréal semble construire un réseau interne où les joueurs, les recruteurs et la direction parlent le même langage.
C’est ça, la vraie histoire.
Une dette non payée, ce n’est pas un chèque.
C’est un engagement moral.
Le genre d’engagement qui fait que, lorsque Demidov arrivera pleinement à Montréal, il ne sera pas seul. Il y aura déjà un allié qu’il a contribué à amener ici. Un joueur qu’il connaît. Un profil complémentaire.
Une organisation qui lui a fait confiance.
Et ça, dans un vestiaire, ça vaut plus que des bonus à la signature.
Si Zharovsky devient ce que plusieurs entrevoient ... un attaquant explosif capable de produire contre des adultes dès 19 ans ... alors le coup de téléphone de 2025 ne sera plus un simple détail capté par des caméras.
Il deviendra un moment fondateur.
Kent Hughes n’a pas oublié Ivan Demidov.
Et quelque part, si cette banque d’espoirs explose comme Leroux le suggère, l’organisation lui devra toujours un petit quelque chose.
Pas en dollars.
En reconnaissance.
Et dans une reconstruction qui cherche encore ses piliers définitifs, ce genre de dette-là peut devenir la plus payante de toutes.
AMEN
