Deux transactions et une signature à Montréal: plus que quelques heures

Deux transactions et une signature à Montréal: plus que quelques heures

Par David Garel le 2025-08-30

Il reste moins de 48 heures avant que Carey Price encaisse son dernier boni de 5,5 millions $ et que la plus grosse saga administrative de l’histoire récente du Canadien de Montréal connaisse enfin son dénouement.

Depuis trois ans, ce contrat de 10,5 millions $ de cap hit est une prison comptable pour le Tricolore. Tant que Price restait sur la LTIR, Kent Hughes devait jongler avec un plafond artificiel, incapable d’accumuler le moindre dollar de marge utilisable au fil de la saison.

Si certains jeunes atteignent leurs bonus de performance, ces montants risquent de se transformer en dépassements reportés sur la saison suivante. Autrement dit, le CH s’expose chaque année à des pénalités de bonus, tout simplement parce que le contrat de Price bloque l’accumulation normale de cap space. »

Le 1er septembre, Carey Price touchera son dernier gros chèque. Après ça, il ne restera que 2 millions $ de salaire réel, dont 60 % couverts par les assurances.

Pour Montréal, ce contrat est un fardeau. Pour San Jose, Chicago ou Pittsburgh, c’est une aubaine : 10,5 M$ de plafond… pour moins de 1 M$ net à débourser. Le genre d’arme comptable que toutes les équipes vendeuses recherchent pour atteindre le plancher salarial après avoir liquidé leurs vétérans à la date limite.

Le plus ridicule dans cette saga? Carey Price aurait pu libérer son équipe. Après avoir empoché son boni de 5,5 M$, il aurait pu prendre sa retraite. Ce simple geste aurait effacé son contrat des livres et redonné au Canadien la flexibilité totale dès aujourd’hui.

Mais Price a refusé. Il veut toucher chaque dollar promis, même les 2 millions $ restants. Un droit légal, certes, mais une gifle morale pour l’organisation.

Geoff Molson, qui l’a toujours protégé et choyé (84 millions $ versés, dont des années entières sans un seul match joué), doit ravaler bien des sentiments. Comment honorer un joueur qui empêche volontairement son club d’avancer?

Et pendant ce temps, le CH vit au-dessus de ses moyens : sa masse salariale dépasse actuellement de 5,93 M$ le plafond fixé à 95 M$.

Dès que le contrat sera refilé, il pourra libérer 4,5 M$ de disponibles, en plus de profiter de la règle qui permet de dépasser le plafond de 10 % en saison morte.

Mais le départ du contrat Price, c’est bien plus qu’un 2e centre. C’est 19,2 millions $ d’espace utile qui s’ouvrent enfin pour Hughes. Comment?

10,5 M$ : disparus des livres et de la masse salariale.

Fin de l’impossibilité d’accumuler du cap space : Montréal pourra enfin « banquer » de la marge jour après jour.

Flexibilité réelle à la date limite : assez pour ajouter une ou deux grosses pièces sans sacrifier le noyau.

Pour la première fois depuis 2021, le CH aura un vrai budget manoeuvrable. Et Hughes ne s’en cache pas : il veut faire trembler le marché des transactions... dès maintenant.

À Montréal, le nom qui revient sans cesse, c’est Mason McTavish. Le centre des Ducks d’Anaheim incarne le prototype parfait : robuste, jeune, capable de jouer dans le top 6 immédiatement. Mais Anaheim est gourmand : David Reinbacher a été exigé. Hughes a dit non.

Le DG du CH dit aussi non pour Michael Hage et ne veut pas sacrifier son choix de 1ère ronde non-protégé? Est-il prêt à sacrifier son choix protégé? Telle est la question.

Le rêve McTavish reste en vie, mais la réalité oblige Hughes à regarder ailleurs. Deux pistes sont sérieuses :

Pavel Zacha (Boston) : gros centre, fiable défensivement, encore deux ans à 4,75 M$. Les Bruins pourraient bouger, mais il faut se demander si le DG Don Sweeney veut vraiment conclure un "deal" avec l'ennemi montréalais.

Casey Mittelstadt (Boston) : vraiment un plan B, pour ne pas dire un plan C, tellement sa production a décliné depuis deux ans.

Mais depuis plusieurs semaines, un autre nom s’impose : Jared McCann.

29 ans, trois saisons de suite à plus de 60 points, dont une campagne de 40 buts en 2022-23. Son contrat (5 M$ par saison pour deux ans) est alléchant.

On parle d'un attaquant polyvalent (centre ou ailier) et de l'un des joueurs les plus sous-estimés de la LNH.

Pourquoi Seattle voudrait le bouger? Parce que le Kraken veut remodeler son attaque autour de Matty Beniers et Shane Wright, et parce que McCann approche de l’autonomie complète.

À Montréal, il réglerait le problème immédiat : un 2e centre productif, fiable, abordable pour soutenir Demidov et Laine. (ou Bolduc)

Mais attention : Washington est aussi sur le dossier. Les Capitals veulent aussi McCann. Si Hughes hésite, il peut filer ailleurs.

Le 1er septembre sera-t-il synonyme de deux bombes en 24h?

Selon de plus en plus de journalistes, il y aura une transaction le 1er septembre. Et peut-être deux.

Voilà un scénario qui excite le Québec en entier.

Le contrat de Price serait expédié à San Jose, Chicago ou Pittsburgh.

Une deuxième transaction suivrait : Hughes frappe sur le marché du centre.

Jared McCann en tête de liste.

Zacha et Mittelstadt comme plans B.

Le tout, sans toucher à Hage ni Reinbacher, intouchables. Voilà pourquoi l'option de Mason McTavish devient de moins en moins probable.

Ce ne serait pas la première fois que Hughes agit ainsi.

Août 2022 : Monahan.

Août 2023 : Petry.

Août 2024 : Laine. 

Septembre 2025 : Price et un centre. La tradition continue.

Pendant que Montréal prépare sa double frappe, ailleurs dans la ligue, un autre dossier bouillant peut accélérer les choses : la prolongation de Luke Hughes au New Jersey.

Tom Fitzgerald, DG des Devils, l’a confirmé : ça négocie dur avec Pat Brisson. Hughes veut un contrat qui lui permettrait de frapper l’autonomie en 2030, en même temps que son frère Jack. Une structure qui servira de comparatif direct pour Lane Hutson.

Pourquoi c’est lié? Parce que si Luke Hughes signe à gros prix sur un contrat de seulement 4-5 ans, l’agent de Hutson utilisera ce deal pour justifier une longue entente lucrative sur 8 ans... ou une entente similaire sur 4-5 ans.

Kent Hughes doit donc surveiller attentivement : le 1er septembre pourrait voir s’entrecroiser la sortie de Price, l’arrivée d’un centre… et la signature la plus délicate de l’avenir du CH.

Dans les coulisses, une vérité circule : Geoff Molson en veut à Carey Price. Pas pour ses performances, il reste une légende. Mais pour avoir choisi son portefeuille au détriment du club.

84 millions $ encaissés. Des saisons entières sans jouer. Et un refus d’aider le Canadien en prenant sa retraite.

Price aurait tellement pu aider le CH.

Le CH a été une organisation coincée, avec des millions en pénalités, et une impossibilité de bâtir plus vite. Molson ne le dira jamais publiquement, mais ce ressentiment explique peut-être pourquoi le Canadien hésite tant à lui rendre hommage.

Retirer le 31? Pas dans les plans. Le Temple de la renommée en 2026? Oui, mais au Centre Bell, le rideau est fermé.

Il y a des dates qui marquent l’histoire : 1er juillet pour les agents libres, 24 juin 1993 pour la dernière Coupe, 2 juillet 2016 pour l’échange Subban–Weber.

En 2025, ce sera le 1er septembre.

Le jour où Carey Price serait officiellement échangé.

Le jour où Kent Hughes libérerait 19,2 M$ d’espace utile.

Le jour où Montréal pourrait ajouter Jared McCann… ou un autre 2e centre.

Le jour où le marché de Lane Hutson s’éclaircira.

Tout déboulera. Tout explosera. Montréal attend cette bombe comme un enfant attend Noël.