Disparition de Radio-Canada Sports: le budget brûlé par le Bye Bye

Disparition de Radio-Canada Sports: le budget brûlé par le Bye Bye

Par David Garel le 2026-01-04
canadiens

Radio-Canada rit de nous.

Il y a quelque chose de profondément obscène dans la façon dont la station d'État gère ses priorités. Quelque chose de dérangeant, presque insultant pour ceux qui financent cette machine à coups de milliards depuis des décennies.

Pendant que le diffuseur public se vante d’être en crise, qu’il coupe, qu’il licencie, qu’il pleure la fragilité de son modèle d’affaires, il continue pourtant de déployer des moyens indécents pour produire le Bye Bye, la soirée la plus chère de toute sa grille annuelle.

Des millions et des millions engloutis dans des décors, des perruques, du maquillage, des costumes, des répétitions interminables, des cachets d’artistes, des équipes techniques surdimensionnées… tout ça pour livrer, année après année, un spectacle qui n’a plus rien d’un rassemblement national, mais tout d’un manifeste idéologique déguisé en humour.

La réalité nous donne mal coeur. D’un côté, on arrose le Bye Bye d’argent public sans jamais en dévoiler le coût réel . Un secret bien gardé, comme si le chiffre était trop gênant pour être assumé.

De l’autre, on laisse mourir Radio-Canada Sports, un service qui a pourtant façonné des générations de téléspectateurs, raconté les grands moments sportifs du pays, accompagné des Jeux olympiques, des Coupes Stanley, des championnats du monde, etc...

Radio-Canada continue d'être le diffuseur des jeux olympiques jusqu'en 2032. Mais pour le reste des sports, c'est mort.

Soyons honnêtes : le budget annuel du secteur des sports représentait une fraction infime de ce que coûte le Bye Bye. Une goutte d’eau comparée à la débauche financière consentie pour une seule soirée de variétés. Et pourtant, c’est le sport qu’on a sacrifié.

On nous parle de contraintes budgétaires, de mutations du marché, de concurrence numérique, de baisse des revenus publicitaires. Mais curieusement, ces arguments s’évaporent dès qu’il est question de produire un Bye Bye idéologiquement conforme, clinquant, lourd, complaisant envers lui-même.

Là, l’argent ne manque jamais. Là, les moyens sont illimités.

Et c’est précisément là que le malaise devient politique.

Parce que le Bye Bye n’est plus seulement un spectacle. C’est devenu le symbole le plus visible de la pensée unique qui gangrène Radio-Canada.

Une pensée homogène à gauche, fermée, méprisées, où certaines cibles peuvent être ridiculisées, insultées, déshumanisées sans conséquence, pendant que d’autres sont protégées et intouchables.

Un humour à sens unique, où l’insulte remplace la satire, où la vulgarité est justifiée par la morale supposée du camp qui parle.

Radio-Canada aime se présenter comme un diffuseur neutre, rassembleur, au-dessus de la mêlée. Mais le Bye Bye trahit tout le contraire. Il révèle une institution qui ne cherche plus à représenter l’ensemble des citoyens, mais à flatter une clientèle idéologique précise, convaincue d’être du bon côté de l’Histoire.

Le message est clair : si tu ne ris pas avec nous à gauche, c’est que tu es le problème.

Et pendant que cette machine idéologique tourne à plein régime, les journalistes sportifs quittent, les vétérans partent en retraite forcée, les équipes sont démantelées, les mandats sont dilués, les expertises se perdent.

Le sport est éclaté, recyclé, relégué dans des secteurs qui n’ont rien à voir avec son ADN. On promet de “maintenir une couverture”, mais tout le monde sait que c’est une illusion. Le service est mort. Lentement, méthodiquement, sans tambour ni trompette.

C’est ça, la vraie honte.

Une société d’État qui n’est même plus capable de remplir l’une de ses missions les plus fondamentales, informer, couvrir, raconter, mais qui trouve toujours l’argent pour produire la soirée la plus coûteuse de l’année, afin d’y diffuser un message idéologique déguisé en humour.

Une institution qui coupe dans les emplois, qui fragilise ses équipes, mais qui distribue des millions en primes à ses cadres pendant que le navire prend l’eau.

Et après ça, on s’étonne que la confiance du public s’effondre.

Radio-Canada ne comprend pas, ou refuse de comprendre, que ce n’est pas seulement une question de finances. C’est une question de légitimité morale. On ne peut pas, en même temps, se présenter comme un diffuseur public essentiel, pleurer sa survie, réclamer l’appui des citoyens, et les mépriser ouvertement.

Le Bye Bye est devenu le miroir parfait de ce que Radio-Canada est en train de perdre : sa raison d’être.

Et pendant que cette émission ne fait plus rire personne, le sport disparaît, les emplois disparaissent, la crédibilité disparaît, et le lien avec une grande partie de la population se rompt un peu plus chaque année.

Ce n’est pas une question de droite ou de gauche.

C’est une question de respect.

De priorités.

Et de décence.

Et à ce jeu-là, Radio-Canada est en train de tout perdre.