Douche froide à Montréal : Kent Hughes raccroche au nez de Daniel Brière

Douche froide à Montréal : Kent Hughes raccroche au nez de Daniel Brière

Par André Soueidan le 2026-02-27

Le feu a pris vite.

Très vite.

Quand Elliotte Friedman mentionne que le Canadien a démontré de l’intérêt pour Rasmus Ristolainen, ça s’enflamme immédiatement à Montréal. Défenseur droitier. Gabarit imposant. Profil séries éliminatoires. Besoin évident chez le CH.

Tout le monde a fait 1 + 1.

Puis la douche est tombée.

Froide.

Selon Marco D’Amico, les choses sont beaucoup moins avancées qu’on le laissait croire. Oui, Kent Hughes a appelé. Oui, il a voulu connaître le prix. Mais selon ses sources, la conversation aurait été brève. Très brève.

En gros?

« OK… merci… bye. »

Le prix exigé par Daniel Brière serait comparable à ce que les Maple Leafs ont payé pour Brandon Carlo : un choix de première ronde et un espoir de premier plan.

Et là, ça change tout.

Parce qu’on ne parle pas d’un défenseur de 26 ans en pleine ascension. On parle d’un vétéran de 31 ans, robuste, oui, intimidant, oui… mais fragile. Très fragile.

Ristolainen n’a joué que 21 matchs cette saison.

Vingt-et-un.

La dernière fois qu’il a disputé une saison complète? 2015-2016. Une seule fois dans toute sa carrière. Le reste du temps, ce sont des absences, des bobos, des séquences écourtées.

Alors pourquoi le prix est-il aussi élevé?

C’est simple : Daniel Brière tente de vendre au sommet.

Marché pauvre en défenseurs droitiers. Plusieurs équipes intéressées. Profil rare. Deux années restantes à 5,1 M$.

Il crée l’enchère.

Mais Kent Hughes, lui, n’est pas en mode panique.

Il veut ajouter.

Il veut stabiliser.

Il veut pousser pour les séries.

Mais pas à n’importe quel prix.

Et certainement pas en sacrifiant un premier choix ou un espoir majeur pour un joueur qui pourrait passer plus de temps à l’infirmerie qu’à la ligne bleue.

Il y a une différence entre être agressif… et être imprudent.

Ce matin, Friedman a mis le feu en confirmant que Montréal était actif dans le dossier des défenseurs droitiers.

Quelques heures plus tard, D’Amico a calmé le jeu.

Et depuis l’affaire Philippe Danault, on commence à écouter Marco avec un peu plus d’attention. Il a prouvé qu’il pouvait frapper juste quand ça compte.

Si ses sources disent que la discussion s’est arrêtée presque immédiatement à l’évocation du prix, ça en dit long.

Ce que ça révèle surtout?

Kent Hughes fait ses devoirs.

Il appelle.

Il vérifie.

Il sonde.

Mais il ne se laisse pas manipuler.

Daniel Brière joue sa carte parfaitement. Il sait que le Canadien cherche un droitier établi. Il sait que Montréal veut équilibrer sa défensive. Il sait que le marché est mince.

Alors il demande la lune.

Un premier choix.

Un espoir premium.

Exactement le type de prix qui met de la pression médiatique sur l’autre DG.

Sauf que Hughes n’a pas bronché.

Et ça, c’est révélateur.

Parce que dans le contexte actuel, Montréal n’est pas désespéré. L’équipe est encore dans la course. La progression est réelle. Mais sacrifier des actifs majeurs pour un joueur à haut risque médical pourrait hypothéquer plus que ça ne solidifie.

Ristolainen peut rendre de fiers services.

Il frappe dur.

Il joue lourd.

Il est bâti pour avril.

Mais il doit être disponible pour avril.

Et c’est là que le dossier s’effondre.

Si le prix était plus raisonnable? Peut-être.

Si c’était une location à rabais? Peut-être.

Mais un package de type Carlo pour un défenseur de 31 ans qui n’a pas joué 82 matchs depuis dix ans?

C’est non.

Hughes a raccroché.

Poliment.

Mais fermement.

Ce qui est fascinant dans cette séquence, c’est la rapidité avec laquelle le narratif s’est inversé.

Le matin : Montréal actif.

L’après-midi : conversation terminée.

Le soir : douche froide.

Ça ne veut pas dire que le Canadien ne fera rien.

Ça veut dire qu’il ne fera pas n’importe quoi.

Et si Daniel Brière pensait pouvoir capitaliser sur l’urgence perçue du CH, il vient peut-être de réaliser que Kent Hughes n’est pas prêt à surpayer pour un pari médical.

Le marché continue.

Les téléphones sonnent.

Mais une chose est claire : Montréal veut s’améliorer… sans se faire avoir.

Et aujourd’hui, la ligne a été tracée.

À suivre