Douche froide : le plan de reconstruction de Kent Hughes menacé de s’écrouler

Douche froide : le plan de reconstruction de Kent Hughes menacé de s’écrouler

Par André Soueidan le 2025-08-29

Quatre ans après avoir lancé son grand chantier de reconstruction, Kent Hughes pensait avoir mis le Canadien de Montréal sur la voie royale.

Une qualification surprise en séries l’an dernier, un vestiaire plus soudé que jamais, l’éclosion de Lane Hutson, l’arrivée tonitruante d’Ivan Demidov, la renaissance estivale de Patrik Laine… bref, tous les signaux semblaient enfin au vert.

On s’imaginait déjà le Centre Bell vibrer en mai, on voyait la machine du CH s’installer parmi les puissances de l’Est.

Mais voilà, la réalité vient de frapper avec une brutalité qui glace le sang : aux yeux de certains experts, la ligne de centres du Canadien est un désastre.

Pire encore, selon l’analyste Travis Yost, qui était de passage au Sick Podcast, le Tricolore posséderait carrément la deuxième pire ligne de centres de toute la Ligue nationale, devançant seulement les Predators de Nashville.

Une gifle en plein visage pour Hughes, lui qui rêvait d’avoir enfin comblé ses trous béants.

Nick Suzuki, capitaine irréprochable et top-10 centre de la ligue, est une perle rare.

Ça, personne ne le conteste. Mais derrière lui, c’est le vide abyssal.

Jake Evans est un joueur honnête, fiable défensivement, mais limité offensivement.

Kirby Dach devait être l’homme de la situation, le fameux deuxième centre tant attendu… mais ses blessures chroniques l’ont transformé en mirage.

Et comme si ce n’était pas assez, Christian Dvorak a quitté le navire, emportant avec lui de précieuses minutes au cercle des mises au jeu.

Résultat : Montréal s’avance dans la saison avec un trou énorme au cœur de son alignement, et ce, dans une ligue où les centres sont les moteurs de toutes les conquêtes de Coupe Stanley.

Hughes avait promis de régler ce dossier. Il a cogné à toutes les portes cet été.

Il a flirté avec Anaheim pour Mason McTavish, sondé les Wild pour Marco Rossi, tenté sa chance pour un trade majeur.

Mais à chaque fois, la réponse a été la même : trop cher.

Le DG du Canadien s’est buté à une réalité implacable.

Les autres savent que Montréal est désespéré. Alors, soit tu paies la lune, soit tu recules. Résultat, Hughes a reculé.

Et ce recul menace de tout faire basculer.

Car oui, le CH a progressé.

Oui, les jeunes sont excitants.

Oui, Demidov a passé tout l’été à Brossard, transpirant chaque jour pour arriver fin prêt à sa première saison complète.

Oui, Patrik Laine a retrouvé son sourire, loin des blessures, marié, heureux, ancré.

Oui, Lane Hutson est prêt à faire encore plus lever la foule du Centre Bell avec ses passes magiques et ses échappées improbables.

Mais sans deuxième centre crédible, tout ce beau chantier s’effondre comme un château de cartes.

Yost l’a dit clairement : « Le Canadien possède la deuxième pire ligne de centres de la ligue. »

Et cette phrase résonne comme une condamnation.

Parce qu’en séries, ce sont les centres qui dictent le tempo.

Certains rêvent encore d’un miracle Dach.

D’autres parlent de l’expérience Alex Newhook au centre, qui n’a jamais convaincu.

On évoque Zachary Bolduc, qui n’a pas joué au centre depuis le junior.

On mentionne Oliver Kapanen, trop vert, ou Joe Veleno, qui n’a jamais explosé malgré toutes les chances à Detroit.

Bref, on bricole, on espère. Mais la vérité est crue : espérer n’a jamais gagné une Coupe Stanley.

Et c’est là que la douche froide s’abat sur Hughes.

Tout ce qu’il a bâti depuis quatre ans pourrait s’écrouler si ce trou béant n’est pas colmaté.

Le plan semblait parfait : accumuler des espoirs élite, bâtir un noyau excitant, réinstaller la fierté.

Mais un plan sans centre, c’est comme une maison sans fondation. Peu importe la beauté des murs, tout s’effondre à la première tempête.

Ce qui choque encore plus, c’est le contraste.

La reconstruction du CH est applaudie partout.

McKeen’s Hockey classe Montréal numéro 1 dans la LNH pour sa banque d’espoirs.

The Hockey News parle d’un pipeline « spectaculaire ». Steven Ellis, de Daily Faceoff, a même dit : « Montréal est une des rares équipes avec un prospect élite en attaque (Demidov), en défense (Hutson, Reinbacher) et devant le filet (Fowler). »

Tout est là… sauf le centre.

Et ça, c’est la tache indélébile dans le tableau parfait.

Imaginez l’absurdité : tu peux aligner Lane Hutson, Demidov, Slafkovský, Caufield, Laine, Suzuki, Fowler… et pourtant, tu n’as pas de deuxième centre.

C’est comme rouler en Ferrari… mais avec trois pneus dégonflés.

Alors oui, Hughes mérite des fleurs pour avoir mené cette reconstruction à bon port.

Mais il doit aussi encaisser les briques : tant que le deuxième centre n’est pas réglé, tout le reste ne vaut rien.

Et ce n’est pas Travis Yost ou un autre analyste torontois qui le dit. C’est l’histoire de la LNH. Les grandes équipes sont construites au centre.

Les autres? Elles rêvent en couleur.

Suzuki n’a pas à porter seul ce fardeau. Il est déjà capitaine, leader, joueur d’élite.

Lui demander de compenser un vide structurel, c’est une insulte.

Ce n’est pas à lui de masquer les failles de la gestion.

C’est au DG de bouger. Et si Hughes ne bouge pas, son plan de reconstruction ...pourtant si prometteur ... risque bel et bien de s’écrouler sous son propre poids.

À suivre ...