Drame humain pour Jonathan Drouin: abandonné par Patrick Roy

Drame humain pour Jonathan Drouin: abandonné par Patrick Roy

Par David Garel le 2026-03-06

La nouvelle est tombée comme un coup de masse.

Et pour plusieurs, elle ressemble moins à une transaction de hockey qu’à la fin d’un chapitre douloureux.

Jonathan Drouin n’est plus un joueur des Islanders de New york.

Il a été échangé aux Blues de St-Louis dans une transaction impliquant Brayden Schenn.

Mais derrière les mots « transaction » et « mouvement de personnel », plusieurs y voient quelque chose de beaucoup plus brutal : un abandon.

Parce que pendant des mois, Patrick Roy avait tout fait pour aider Drouin.

Il l’avait placé sur le premier trio.

Il l’avait installé sur la première vague d’avantage numérique.

Il l’avait protégé publiquement lorsque les critiques ont commencé à pleuvoir.

Il l’avait déplacé au centre, même si tout le monde savait que ce n’était pas sa position naturelle.

Roy avait tenté, encore et encore, de rallumer l’étincelle.

Mais rien n’a fonctionné.

Et aujourd’hui, le verdict tombe : Jonathan Drouin a été largué comme un contrat indésirable.

Et les partisans des Islanders célèbrent... sans aucune pitié...

Pour Drouin, Long Island devait être un refuge.

Lorsqu’il avait signé son contrat de deux ans à quatre millions de dollars par saison l’été dernier, il parlait de stabilité. De paix. De famille.

Après des années difficiles avec les Canadiens, puis une renaissance inattendue avec le Colorado, il croyait avoir enfin trouvé un endroit où reconstruire sa carrière et sa vie.

Il avait même évoqué ce sentiment publiquement : enfin, un environnement stable pour lui et pour les siens.

Mais la saison a rapidement tourné au cauchemar.

Les chiffres sont devenus impossibles à ignorer.

Trois buts.

21 points.

Plus de trois mois sans marquer.

Un joueur offensif incapable de produire.

Un joueur qui semblait perdu sur la glace.

Un joueur dont le corps et le regard trahissaient un malaise profond.

Roy a essayé de le relancer. Les trios ont changé. Les responsabilités aussi. Mais plus la saison avançait, plus l’impression devenait lourde : Jonathan Drouin n’était plus capable de suivre.

Et à Long Island, la patience des partisans a disparu.

Le retour du cauchemar

Ce qui rend cette histoire encore plus triste, c’est la sensation de déjà-vu.

Les mêmes discussions qu’à Montréal.

Les mêmes interrogations sur son engagement.

Les mêmes critiques sur son rythme.

Les mêmes inquiétudes sur son état mental.

À Montréal, on avait vu un jeune prodige s’effondrer sous le poids de la pression.

À Denver, on avait vu un joueur renaître à l’ombre de ses démons.

À New York, on espérait écrire le troisième acte d’une histoire de rédemption.

Mais la saison s’est transformée en spirale descendante.

Et aujourd’hui, elle se termine par un départ brutal.

Un « salary dump »

Dans le langage froid de la LNH, ce type de transaction porte un nom : un salary dump.

Un joueur dont le contrat devient un problème.

Un joueur que l’organisation doit envoyer ailleurs pour rééquilibrer sa structure salariale.

Et c’est exactement l’impression qui domine aujourd’hui.

Jonathan Drouin, autrefois un espoir générationnel, se retrouve déplacé comme un dossier qu’on voulait fermer.

Pour plusieurs observateurs, le symbole est dur : même Patrick Roy, qui croyait en lui plus que quiconque, a fini par jeter l’éponge.

L’homme derrière le joueur

Mais au-delà des statistiques et des décisions de gestion, il y a un homme.

Jonathan Drouin n’est plus le jeune prodige de Halifax.

Il est aujourd’hui un père de famille. Un mari. Un homme qui a déjà combattu l’anxiété, la dépression et une pression médiatique qui a brisé bien des carrières.

Quand on parle de ce genre de transaction, on oublie souvent la dimension humaine.

Pour sa conjointe.

Pour ses enfants.

Pour ses proches.

Voir un père être critiqué publiquement, être déplacé comme un indésirable, lire les commentaires cruels sur les réseaux sociaux… c’est brutal.

C’est la face invisible de ce sport.

Saint-Louis, un nouveau départ… ou un dernier chapitre?

Drouin se retrouve maintenant à Saint-Louis.

Une nouvelle ville.

Un nouveau vestiaire.

Une nouvelle pression.

Certains diront que c’est une occasion de repartir à zéro.

Mais d’autres se demandent si ce n’est pas plutôt la preuve que son histoire dans la LNH arrive à un carrefour dangereux.

Parce que, tragiquement, l’histoire de Jonathan Drouin semble toujours suivre le même cycle : espoir, renaissance, chute.

Et chaque chute devient un peu plus difficile à encaisser.

Une tristesse collective

Pour plusieurs amateurs de hockey québécois, cette transaction ne provoque pas de colère.

Elle provoque une immense tristesse.

Parce que Jonathan Drouin n’a jamais été un joueur détesté.

Il a toujours été un joueur fragile, talentueux, complexe, humain.

Un joueur que les gens voulaient voir réussir.

Aujourd’hui, il arrive à Saint-Louis avec le poids d’un échec de plus sur les épaules.

Et la seule chose qu’on peut espérer, sincèrement, c’est que cette nouvelle page ne devienne pas un autre chapitre sombre dans une carrière déjà marquée par trop de tempêtes.

Car derrière le numéro sur le chandail, derrière les transactions et les analyses, il y a un homme qui tente encore de rester debout.

Et parfois, dans le sport professionnel, rester debout est déjà la plus grande des victoires.