L'histoire de Patrik Laine est un véritable dram sportif.
Le Canadien de Montréal a officiellement mis Laine sur le marché, prêt à retenir 50 % de son salaire, prêt à le donner pratiquement gratuitement, sans exiger d’espoir majeur, sans exiger de choix important… et personne n’a levé la main avant 15 hier (gel olympique).
Personne.
Même à 775 562 $ en argent réel pour le reste de la saison.
Même à 951 562 $ sur la masse salariale.
Et pour bien comprendre à quel point la situation est humiliante, il faut expliquer ce fameux montant de 775 562 $ en argent réel.
Le contrat annuel de Patrik Laine est de 8,7 millions $, mais dans la LNH, les salaires sont calculés au jour le jour sur 192 jours de saison régulière. À la date limite des transactions, il ne restera qu’environ 42 jours à payer.
Ça veut dire que l’équipe qui l’aurait acquis n’aurait eu à assumer que cette fraction du salaire total. On fait donc le calcul : 8,7 M$ × (42 ÷ 192) = environ 1,55 M$ pour le reste de la saison.
Et comme le Canadien était prêt à retenir 50 %, on tombe à 775 562 $ en argent réel. Moins d’un million pour un ancien marqueur élite de la LNH. Même à ce prix-là, personne n’en a voulu. Et c’est ça, le vrai choc.
C’est là que ça devient violent.
Parce qu’à ce stade-ci, on ne parle plus de hockey.
On ne parle plus de plafond salarial.
On ne parle même plus de rendement.
On parle d’un joueur que les 31 autres équipes viennent de juger indésirable.
Collectivement.
Le Canadien était prêt à manger la moitié du contrat.
Le Canadien était prêt à le laisser partir pour presque rien.
Le Canadien voulait simplement tourner la page.
Et la ligue a répondu par le silence.
Imagine la scène.
Tu t’entraînes depuis des semaines.
Tu reviens de blessure.
Tu vois ton coéquipier partir au ballottage pour te libérer une place.
Tu sais que ton équipe pousse pour te transiger.
Ton agent travaille.
Ton entourage te répète que ça va bouger.
Et finalement… rien.
Aucune équipe.
Même pas une formation en reconstruction.
Même pas un club de séries prêt à tenter un coup de dés pour l'avantage numérique.
Même pas un DG opportuniste qui se dit : « à ce prix-là, pourquoi pas ».
Rien.
Ça, c’est un choc psychologique immense.
Parce que Patrik Laine sait très bien ce que ça veut dire.
Ça veut dire que sa valeur est rendue à zéro.
Ça veut dire que sa réputation est toxique.
Ça veut dire que les décideurs doutent de son corps, de son engagement, de sa constance, de son impact dans un vestiaire.
Ça veut dire que, pour la LNH, il est devenu un problème.
Et là, tout s’écroule.
Sa confiance.
Son avenir.
Son prochain contrat.
Parce qu’on ne parle pas d’un gars sous contrat trois autres années.
On parle d’un joueur en vitrine, à quelques mois de l’autonomie complète, qui avait besoin de matchs, de buts, de rythme… et qui vient d’apprendre que même à prix cassé, personne ne veut investir en lui.
Comment tu te relèves de ça?
Comment tu te présentes l’an prochain devant un DG quand 31 équipes viennent de refuser de te prendre à 775 000 $?
Comment tu négocies ton prochain contrat?
Et c’est là que la question devient brutale et surtout triste :
Est-ce que Patrik Laine vient de jouer son dernier match dans la LNH?
Parce que le scénario commence à exister.
Pas officiellement.
Mais psychologiquement.
S’il ne joue pas d’ici la fin de l’année.
S’il ne peut pas se remettre en valeur.
S’il arrive sur le marché comme joueur « brûlé ».
Qui va lui offrir quoi, cet été?
Un PTO?
Un contrat à deux volets?
Un minimum?
Ou rien?
À ce point-ci, même un retour en Finlande devient une possibilité réelle. (ou en ailleurs en Europe, mais a-t-il vraiment envie d'aller en Russie dans la KHL avec tout ce qui se passe en Ukraine?)
La ligue vient de lui envoyer un message extrêmement clair : on ne te fait plus confiance.
Et ça, pour un marqueur naturel, pour un ancien deuxième choix au total, pour un gars qui a déjà dominé la LNH… c’est d’une cruauté rare.
Le Canadien a essayé.
La rétention était là.
Le prix était dérisoire.
La porte était grande ouverte.
Et Patrik Laine est resté seul, au milieu du corridor.
Le Finlandais a traversé des mois extrêmement difficiles, il est passé par des blessures, par des remises en question, par une dépression qu’il a lui-même reconnue publiquement, il s’est accroché à l’idée qu’un nouveau départ à Montréal allait lui permettre de se reconstruire, de retrouver le plaisir de jouer, de sauver sa carrière.
Il est resté l’été à Brossard cet été, il s’est entraîné jour après jour, il est revenu amaigri, concentré, déterminé à montrer qu’il était encore un joueur de la LNH.
Pour un athlète qui tente de se relever mentalement, sa snaté mentale doit tellement être affectée.
Ce n’est pas juste un dossier hockey.
C’est un drame sporitf... et humain.
Parce qu’en ce moment, ce n’est pas seulement son avenir professionnel qui s'effondre.
C’est tout son monde.
