Échange Montréal-Calgary: l’avenir de Kirby Dach à la croisée des chemins

Échange Montréal-Calgary: l’avenir de Kirby Dach à la croisée des chemins

Par David Garel le 2026-01-04

Avant même le début de la saison, on voyait venir le problème.

La ligne de centre du Canadien de Montréal était un sujet d’inquiétude. On parlait de manque de profondeur, de manque de constance, de manque de joueurs capables de générer de l’offensive tout en maintenant une présence défensive contre les trios adverses.

Et ce qui devait arriver arriva : avec les blessures de Kirby Dach et Alex Newhook, le CH a eu de la difficulté à s'adapter.

Mais au final, avec l'éclosion d'Oliver Kapanen et l'arrivée de Phil Danault, le CH s'est remis debout.

Et le CH doit se demander s'il a encore besoin de Kirby Dach. Surtout que selon TVA Sports, son destin avait failli être réorienté dans une toute autre direction.

C’était sur le point d’arriver.

Kirby Dach, en santé, en pleine possession de ses moyens, sur une pente ascendante autant mentale que physique, prenait discrètement le chemin de Calgary.

Pas officiellement, bien sûr. Pas de conférence dramatique, pas d’annonce officielle, pas de phrase choc en gros titre.

À lire entre les lignes du texte de Nicolas Cloutier sur TVA Sports, la trajectoire était claire comme de l’eau de roche.

Les indices s’accumulent.

Dach, natif d’Alberta, venait tout juste de briller devant le dépisteur en chef des Flames. Le timing n’avait rien d’un hasard. L’intérêt était réel. Pas anecdotique. Pas “peut-être”.

Une présence continue, constante des dépisteurs des Flames car ils sont en amour avec le profil de Dach. Un pari qui pourrait rapporter gros.

Et si vous vous demandez pourquoi Kent Hughes semblait aussi actif dans les discussions entourant Nazem Kadri, ne cherchez pas plus loin : le plan était prêt.

Avant la blessure, Dach était, selon Cloutier, « un as dans la manche de Hughes. »

Et cette phrase n’était pas une figure de style : le jeune centre de 23 ans était littéralement la pièce maîtresse d’un éventuel retour impliquant Kadri… ou même Brayden Schenn si jamais le DG décidait plutôt de transiger avec les Blues.

Dach cochait toutes les cases pour les Flames : un centre droitier, gros gabarit, jeune, encore sous contrat contrôlable (il deviendra agent libre avec restriction cet été), et surtout un joueur dont le potentiel offensif restait encore à libérer.

Dans un contexte où Calgary amorce une reconstruction, ce genre de profil est exactement ce qu’on cherche : un joueur local, un futur pilier, quelqu’un qu’une équipe peut façonner sur ses propres glaces.

Mais ensuite… la blessure a tout gâché.

Une absence de 4 à 6 semaines qui se transforme en mois ? Pour un joueur en motion, dans un alignement encore en quête d’identité ? C’est plus qu’un contretemps : c’est une destruction de plan.

Cloutier l’a dit lui-même :

“Le regain de vie de Dach lui donnait des options.”

Et ces options… elles ont disparu du jour au lendemain.

Hughes ne peut plus le vendre.

Il ne peut plus l’insérer dans une conversation sérieuse.

Dach redevient… une incertitude.

Parce que là, il ne s’agit plus seulement d’un joueur blessé, dont la réhabilitation prend des lunes à se régler.

Kirby Dach n’a pas simplement trébuché et s’est blessé. Il a traversé un processus difficile, autant physique que mental.

Il avait reconstruit son genou. Il avait réappris à faire confiance à son corps. Et surtout, il avait retrouvé la confiance qui lui manquait. Le genre de confiance qu’on n’achète pas, mais qu’on reconquiert.

Kaiden Guhle, qui s’était entraîné avec lui tout l’été à Edmonton, l’a confirmé à ses proches :

“Kirby était une machine. Il voulait prouver quelque chose.”

Et lorsqu’il s’agit d’un joueur aussi intelligent et capable, le piège n’est pas tant la blessure que la répétition, une répétition qui ronge le moral autant que le physique.

Dans un rare moment de solidarité publique, Cole Caufield a lâché :

“Vous n’avez aucune idée de ce qu’il a traversé.”

Et ça, ça change tout.

Cette blessure, ce ralentissement du développement, ce qui aurait pu être un catapultage vers la pièce maîtresse d’un échange majeur s’est transformé en arrêt brutal.

Ce que ça change pour Montréal

Aujourd’hui, le CH se retrouve dans une situation critique au centre.

Derrière Nick Suzuki, qui joue le rôle de capitaine et de premier centre avec un aplomb remarquable malgré les circonstances, on retrouve Oliver Kapanen, Phil Danault et Joe Veleno, en attendant Jake Evans.

Trois-quatre gars de caractère, certes, mais loin d’être des solutions durables pour une équipe qui veut jouer en séries éliminatoires.

Martin St-Louis peut bien prêcher patience et gestion “au jour le jour”, la réalité est que l’équipe manque d’un vrai deuxième centre de calibre établi.

Et dans la LNH, ce genre de joueur ne pousse pas dans les coins ; il se trouve via transactions structurées et intelligentes.

C’est là que le nom de Nazem Kadri revient avec force.

Un des insiders les plus respectés du circuit, David Pagnotta, est venu confirmer publiquement ce que tout le monde murmurait à voix basse.

Sur le podcast The Sheet, il a expliqué que non seulement le Canadien est lié à Kadri, mais que les Panthers de la Floride se sont aussi invités dans la danse.

« J’ai entendu le nom du Canadien à plusieurs reprises dans le dossier Kadri.

Mais récemment, une autre équipe commence à revenir souvent : les Panthers de la Floride. »

Les Panthers sont en difficulté sérieuse : 12e dans l’Est.

Leur capitaine Aleksander Barkov est blessé à long terme, et sans lui, l’attaque n’a plus de structure au centre. Un ajout comme Kadri serait donc logique pour eux aussi.

Sauf que la Floride n’a plus de choix de première ronde à offrir: leur coffre d’espoirs a été vidé pour gagner hier, mais pas pour construire demain. Leur monnaie d’échange est… limitée.

Montréal, lui, a encore son choix de première ronde 2026. Et il peut l’utiliser. Mais Kent Hughes aimerait mieux sacrifier Dach, un flop, que son choix de 1re ronde dans une cuvée aussi relevée qu'en 2026.

Surtout qu'il a aussi une banque d’espoirs B ou de jeunes défenseurs capables de sceller une entente : Owen Beck, Jayden Struble, Arber Xhekaj, Adam Engström.

Ce n’est pas rien et ils ne font pas partie des intouchables (Reinbacher, Zharovsky et Hage).

Mais que vaut vraiment Kadri aujourd’hui ?

Oui, il touche 7 millions $ par saison jusqu’en 2028. Oui, ce n’est plus un producteur top-10 comme à ses heures de gloire.

Mais on ne négocie pas seulement des chiffres ici : on négocie des rôles, de l’expérience, de la stabilité, des minutes difficiles.

Dans une équipe en reconstruction terminée comme Montréal, Kadri pourrait fait du CH une équipe de prétendants.

Ce n’est pas seulement un nom sexy ; c’est un profil utile, robuste et qui peut collaborer avec les jeunes.

Et c’est là que le nom de Blake Coleman commence à circuler sérieusement.

Selon Arpon Basu de The Athletic, il serait devenu une priorité du CH et serait plus réaliste que Kadri.

Coleman est un gaucher pouvant jouer à droite. Il frappe, dérange, marque encore, et excelle dans les deux sens du jeu.

30 buts et 54 points en 2023-24

15 buts et 39 points en 2024-25

Et selon The Athletic, Kapanen est tellement en feu que le CH pourrait être à la recherche d'un ailier pour jouer avec Suzuki et Caufield, et non un centre.

Même si ses statistiques ont baissé, Coleman peut jouer des minutes lourdes sans s’effondrer, qui ne ralentit pas Suzuki, et qui ne force pas Caufield à reculer pour sauver une couverture défensive.

C’est exactement le genre de profil qui peut transformer une ligne offensive faible en ligne de combat équilibrée.

Aujourd’hui, le Canadien est à la croisée des chemins.

La blessure de Dach a enterré un plan d’échange majeur avant même qu’il ne puisse être officiellement formulé.

Quand il sera de retour... les négociations Montréal-Calgary pourraient déboucher à une transaction...