Effondrement à New York: Mathieu Darche a tout raté

Effondrement à New York: Mathieu Darche a tout raté

David Garel
Le 2026-08-12

Mathieu Darche avait quitté Tampa Bay avec une réputation presque parfaite. Pendant six ans, il avait travaillé dans une organisation qui ne cessait de gagner, d’abord comme directeur des opérations hockey, puis comme directeur général adjoint sous Julien BriseBois.

Le Lightning avait participé aux séries chaque saison durant son passage et avait remporté la Coupe Stanley en 2020 et 2021. Darche avait donc été présenté comme l’un des cerveaux derrière cette machine, notamment pour son implication dans les négociations de contrats et la gestion de la masse salariale.

Mais voilà le problème : être un excellent adjoint dans une organisation exceptionnelle ne garantit absolument pas qu’on sera un excellent directeur général lorsqu’on devient le décideur ultime. Et c’est exactement le test que Darche est en train d’échouer à Long Island.

Son premier mandat comme DG des Islanders devait être celui d’un homme qui allait enfin donner une direction claire à une franchise coincée dans le no man’s land.

Or, après plus d’un an, c’est précisément ce qu’il n’a toujours pas réussi à faire. Les Islanders ne sont ni une véritable équipe aspirante à la Coupe Stanley, ni une équipe qui assume une reconstruction profonde. Ils continuent de jouer entre les deux, et c’est probablement la pire place où une organisation peut se retrouver.

Les chiffres sont particulièrement difficiles à défendre. Les Islanders ont raté les séries trois fois au cours des cinq dernières saisons et n’ont pas gagné une ronde depuis 2021.

La saison dernière, malgré huit victoires de plus que l’année précédente, ils ont terminé sixièmes dans la faible section Métropolitaine. Et cet été, après avoir terminé 25es dans la LNH pour les buts marqués, Darche n’a pratiquement rien ajouté pour corriger le problème. Matias Maccelli, Mitchell Chaffee et Vitek Vanecek sont les principales acquisitions.

Pendant ce temps, Anders Lee est parti, tout comme Carson Soucy et Adam Boqvist. Même The Hockey News a placé les Islanders au 23e rang de son classement des équipes ayant connu le meilleur été.

C’est ça qui détruit Darche dans les médias new-yorkais : où est le plan?

Si tu veux gagner maintenant, pourquoi ne pas avoir fait les acquisitions nécessaires pour réellement améliorer ton attaque? Pourquoi terminer l’été avec une formation qui ne paraît pas significativement meilleure qu’elle ne l’était en avril?

Et si tu veux reconstruire autour de Matthew Schaefer, pourquoi continuer à investir dans des joueurs qui correspondent à une fenêtre de compétition qui n’existe pas vraiment?

Schaefer est justement devenu le symbole de cette contradiction. Le premier choix au total de 2025 a connu une saison recrue exceptionnelle et représente maintenant le véritable joyau de l’organisation.

Tout devrait être pensé autour de lui. Les Islanders devraient accumuler le maximum de talent jeune afin que, lorsque Schaefer atteindra son apogée, l’équipe soit suffisamment forte pour gagner.

Au lieu de ça, Darche donne l’impression de vouloir conserver l’ancien noyau tout en essayant tranquillement de rajeunir l’organisation. C’est exactement la recette pour rester coincé au milieu.

L’échange de Noah Dobson illustre parfaitement cette confusion. Montréal a obtenu le défenseur contre deux choix de première ronde, les 16e et 17e sélections, ainsi qu’Emil Heineman. Les Islanders ont utilisé ces choix pour sélectionner Victor Eklund et Kashawn Aitcheson.

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise transaction en soi : Eklund et Aitcheson peuvent devenir de bons joueurs, et Darche a récupéré des actifs importants pour un défenseur qui était sur le point de devenir joueur autonome avec compensation.

Mais lorsque tu fais cette transaction, tu dois ensuite suivre cette logique.

Or, quelques mois plus tard, Darche a envoyé le message inverse avec l’acquisition de Brayden Schenn. Il voulait encore gagner immédiatement. Il a ajouté un vétéran coûteux à un groupe qui n’avait pas démontré qu’il était capable de se battre pour une Coupe Stanley.

C’est cette incohérence qui commence à devenir son problème de réputation.

Tu ne peux pas vendre une partie de ton présent pour acheter du futur et, quelques mois plus tard, agir comme si tu étais à une transaction de la Coupe Stanley.

Et le dossier Anders Lee ajoute une autre couche au malaise. Le capitaine des Islanders pendant huit saisons est parti en Utah après avoir obtenu une prolongation de trois ans à 5,4 millions de dollars par saison. Si Darche savait qu’il ne voulait pas lui offrir cette durée, il aurait pu envisager de le déplacer avant la date limite des transactions afin de récupérer quelque chose en retour.

The Hockey News souligne d’ailleurs que laisser partir le capitaine sans compensation renforce l’impression que les Islanders perdent davantage de talent qu’ils n’en ajoutent.

Et puis il y a Patrick Roy.

C’est la décision qui continue de coller le plus à Darche.

Le Canadien a été congédié avec quatre matchs à jouer alors que les Islanders étaient encore à un point d’une place en séries. L’équipe venait de perdre quatre matchs consécutifs et sept de ses dix dernières rencontres. Darche a décidé de remplacer Roy par Peter DeBoer immédiatement.

Le choix de DeBoer peut se défendre. C’est un entraîneur expérimenté, qui venait de connaître trois participations consécutives à la finale de l’Ouest avec Dallas et possède 662 victoires dans la LNH.

Mais le timing était extrêmement difficile à défendre tellement c'était inhumain.

Si Darche ne croyait plus en Patrick Roy, pourquoi attendre jusqu’à quatre matchs de la fin?

Et si les Islanders étaient réellement en position de faire les séries, pourquoi bouleverser complètement le vestiaire à ce moment-là?

Darche a expliqué qu’il considérait Roy comme un ami et qu’il avait été « awesome for the organization », mais qu’il estimait qu’il était temps de faire avancer le groupe. Il a aussi précisé que la décision n’était pas liée au fait que Roy aurait perdu le vestiaire.

Si les joueurs respectaient Roy, si Roy n’avait pas perdu son vestiaire et si l’équipe était encore à un point d’une place en séries, qu’est-ce qui justifiait de congédier ton entraîneur à quatre matchs de la fin?

Surtout que les Islanders se sont effondrés lors des derniers matchs de la saison... sous DeBoer...

Pour beaucoup de partisans, ça ressemblait davantage à un DG qui voulait sauver sa peau qu’à une décision rendue nécessaire par la situation sportive.

Et maintenant, DeBoer arrive avec un problème beaucoup plus gros que Patrick Roy : il arrive dans une équipe qui manque de talent, vieillissante... qui va s'écrouler encore.

Mathieu Darche... a tout raté...