Effondrement public: Jon Cooper a tout perdu

Effondrement public: Jon Cooper a tout perdu

Par David Garel le 2026-02-23

Ce qui se passe présentement autour de Jon Cooper n’a rien d’un simple lendemain de défaite.

C’est un procès public.

Et cette fois, ce ne sont pas des partisans émotifs qui parlent. Ce sont des analystes respectés, des gens du milieu, des anciens joueurs, des journalistes branchés directement sur les vestiaires.

Parmi eux, Frank Seravalli a livré une analyse dévastatrice qui résume exactement ce que tout le monde a vu : un banc coupé en deux, une équipe transformée en trio, et des joueurs vedettes relégués au rôle de figurants.

« Ne perds pas confiance envers les joueurs que tu as amenés là-bas. Parce que c’est vraiment ça qui est arrivé avec Jon Cooper. Il n’y avait qu’un seul trio qui avançait (Celebrini-Mackinnon-McDavid), et le temps de glace était tellement inégal que les autres gars, qui sont pourtant des joueurs étoiles, des gros noms dans leurs équipes respectives, n’ont pratiquement pas joué.

Le gagnant du trophée Conn Smythe en titre n’a presque pas joué (Sam Bennett). Sam Reinhart n’a presque pas joué. Ces gars-là, en bas de l’alignement… je pense qu’ils se disaient : “Qu’est-ce qu’on fait ici ? On n’a même pas la chance d’avoir un impact sur ce match.”

C’était clair que l’entraîneur faisait confiance à un seul trio, et à un seul trio seulement. Et c’est une position extrêmement difficile à jouer quand tu comptes sur trois chevaux pour te transporter.

Tu as mentionné les Oilers, et c’est la comparaison parfaite. Ça m’a rappelé un livre que j’ai écrit il y a longtemps avec Keith Jones. On parlait de ces équipes des Flyers avec Eric Lindros, où chaque fois qu’il regardait le coach, c’était comme : “Envoie-moi sur la glace.” Et Jones disait que ça ne bâtit pas l’unité d’équipe.

Les gars au bas de l’alignement, ceux qu’on saute, qu’on saute encore et encore, deviennent des bâtons d’épicerie. Les épaules tombent. Ils se disent : “Je ne fais pas partie de ça.”

Ce même joueur retourne encore, encore, encore.

Tu ne peux contrôler que ce que le coach décide, et c’est là que les équipes commencent à courir après le match. Elles raccourcissent le banc. Les gars se fatiguent. Les gars perdent un peu de confiance. Après t’être fait sauter deux ou trois fois, quand tu obtiens enfin une présence, tu crispes ton bâton parce que tu ne veux pas faire l’erreur qui va te coûter une autre présence.

Ou tu te mets à douter. C’est humain. Tu te demandes : “Est-ce que je ne suis pas assez bon ? Pourtant, je pensais l’être. Peut-être que je dois en faire plus. Peut-être que je dois faire quelque chose différemment.” »

C’est brutal.

Et surtout : c’est exactement ce qui s’est produit.

Le Canada n’a pas perdu parce qu’il manquait de talent.

Il a perdu parce qu’on a détruit son identité collective.

Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini ont été pressés comme des citrons. Le reste du banc regardait le match passer.

Quand tu es censé être la meilleure nation de hockey au monde, tu ne coaches pas comme une équipe désespérée de séries éliminatoires.

Tu roules quatre trios.

Tu impliques tout le monde.

Tu bâtis une vague.

Cooper, lui, a paniqué.

Et comme si ce n’était pas suffisant, il a ensuite décidé de s’en prendre… au format de prolongation.

Après le but gagnant américain, l’entraîneur canadien n’a pas parlé de ses décisions. Il a attaqué le trois-contre-trois :

« On enlève quatre joueurs de la glace, et là, le hockey n’est plus du hockey. Il y a une raison pour laquelle la prolongation et les tirs de barrage existent, c’est dicté par la télévision pour finir les matchs rapidement. Il y a une raison pour laquelle le trois-contre-trois n’existe pas en finale de la Coupe Stanley ou en séries. »

Résultat ?

Internet s’est déchaîné.

Le Canada est passé instantanément du rôle de puissance respectée… à celui de mauvais perdant.

“Crybaby.”

“Excuses.”

“Mauvais joueur.”

Parce que la réalité, c’est que le trois-contre-trois était le même pour les deux équipes.

Les États-Unis ont géré la rondelle.

Le Canada a tenté des exploits individuels.

Et ça, ce n’est pas un problème de règlement.

C’est un problème de coaching.

Oui, Cooper est un motivateur.

Oui, il sait gérer un vestiaire.

Mais stratégiquement, ce tournoi est un échec.

Un banc raccourci.

Une surcharge de vedettes.

Aucune structure en prolongation.

Aucune confiance envers les joueurs de soutien.

Même la construction de l’équipe soulève maintenant des questions, jusque chez le directeur général Doug Armstrong, qui a laissé de côté une génération montante au profit de vétérans usés.

Mais ça, ce sera le prochain débat.

Pour l’instant, une chose est claire :

Jon Cooper n’a pas perdu une finale.

Il a perdu son équipe.