Tout est parti de là. Des propos de Mathieu Bock-Côté, qui a mis des mots sur ce que des milliers de Québécois ressentent déjà confusément : Radio-Canada est devenue une bulle idéologique fermée, incapable d’accepter la contradiction, où certains animateurs passent leur carrière à ridiculiser, caricaturer ou moraliser ceux qui ne pensent pas comme eux… avant de se poser en victimes dès que le vent tourne.
Bock-Côté a directement visé Olivier Niquet, rappelant l’ironie brutale de voir quelqu’un qui a bâti sa notoriété en attaquant les autres confesser soudain sa tristesse quand il devient lui-même la cible. Ce n’est pas un dérapage isolé. C’est un système.
Olivier Niquet, qui a consacré sa carrière à ridiculiser et diaboliser ceux qui ne partagent pas ses idées, confesse sa tristesse quand il est à son tour la cible de vives critiques en ligne.
— Mathieu Bock-Côté (@mbockcote) September 18, 2025
En passant, Olivier Niquet, c'est Charlie Kirk la victime dans cette histoire, pas toi. https://t.co/jYawty15jU
Et c’est précisément ce système que Radio-Canada continue d’alimenter. Aujourd’hui, on confie une émission olympique de hockey à Olivier Niquet et à Jean-Philippe Wauthier, un animateur tout juste revenu d’un épuisement professionnel majeur.
« La journée (du hockey) »
C’est une émission spéciale dérivée de La journée est encore jeune (bonjour l'originalité), animée par Jean-Philippe Wauthier avec Olivier Niquet, diffusée sur Radio-Canada (ICI Première + OHdio) pour suivre en direct la finale féminine Canada vs États-Unis. (13h30 à 16h30 jeudi).
Si les hommes atteignent la finale, il y aura une autre émission le dimanche 22 février à 8h.
On recycle une formule de radio d’opinion pour couvrir l’événement sportif le plus important de l’année. Encore une fois, le sport passe après la personnalité des animateurs. Encore une fois, Radio-Canada privilégie ses figures maison plutôt que l’expertise terrain. Et encore une fois, ce sont les contribuables qui financent cette décision.
Pendant ce temps, la couverture télé est pilotée par France Beaudoin, animatrice généraliste, très bien payée, mais sans bagage sportif réel, dans une vitrine olympique censée appartenir aux athlètes, pas aux personnalités médiatiques.
Résultat : encore une fois, Radio-Canada transforme le sport en talk-show, finance des plateaux plutôt que des images, et impose ses figures maison à coups d’argent public, pendant que le public, lui, demande juste une chose simple : voir les Jeux.
Et quand on regarde ce que Radio-Canada nous sert maintenant pour les Jeux olympiques, on comprend exactement ce que Mathieu Bock-Côté dénonçait.
Parce qu’au lieu de recentrer la couverture sur le sport, sur les performances, sur les athlètes, sur les moments bruts qui font vibrer un pays, on continue d’empiler les figures maison.
On place France Beaudoin à la tête du rendez-vous télévisuel principal, alors qu’elle ne vient pas du milieu sportif, qu’elle n’a ni la culture hockey, ni le bagage olympique, ni les réflexes d’analyse qu’attendent les amateurs. Peu importe. Elle est une valeur interne. Elle est installée. Elle est confortable pour l’institution.
Et selon ce qui circule depuis longtemps dans l’industrie, France Beaudoin serait aussi parmi les animatrices les mieux rémunérées du diffuseur public.
Autrement dit : on paie très cher une animatrice généraliste pour piloter une vitrine sportive nationale, pendant que Radio-Canada Sports a été démantelée, que des spécialistes ont été remerciés, et que le contenu olympique se transforme en talk-show de salon.
Le résultat est évident à l’écran : trop de jasette, trop de plateau, trop de commentaires, pas assez d’images. Les téléspectateurs rentrent du travail à 19 h 30, les résultats sont déjà connus, le suspense est mort, et au lieu d’un montage nerveux de faits saillants, on leur sert une ambiance de chalet, des discussions étirées, des réactions à chaud qui prennent plus de place que les descentes, les buts ou les arrivées serrées.
On ne regarde pas les Jeux pour voir les animateurs.
On regarde les Jeux pour voir les Jeux.
Mais Radio-Canada semble avoir oublié cette règle de base.
Et ce n’est pas un accident.
C’est une culture.
Puis arrive le retour de Jean-Philippe Wauthier.
À peine remis d’un épuisement professionnel sérieux, Wauthier est déjà propulsé dans une émission spéciale olympique aux côtés de Olivier Niquet.
Deux figures fortement associées à l’écosystème idéologique montréalais de Radio-Canada. Deux personnalités qui ne font pas consensus. Deux choix qui envoient un message clair : on ne change rien. On persiste.
Wauthier n’est pas revenu dans un contexte neutre. Il revient marqué par son entrevue virale avec Éric Duhaime, où il coupait constamment son invité, adoptait un ton condescendant, et incarnait à lui seul cette posture morale que tant de Québécois reprochent aujourd’hui au diffuseur public.
Cette entrevue est devenue un symbole. Pas parce que Duhaime aurait gagné le débat, mais parce qu’elle révélait l’arrogance d’un système incapable d’entendre une voix divergente sans la ridiculiser.
Et malgré ça, on le remet en vitrine.
Même chose pour Olivier Niquet, que Mathieu Bock-Côté a sévèrement recadré après ses lamentations publiques sur la violence des critiques en ligne.
Celui qui a passé des années à tourner en dérision ceux qui ne pensent pas comme lui découvre soudainement ce que ça fait d’être la cible. Bock-Côté l’a dit sans détour : quand on bâtit sa carrière sur la moquerie idéologique, on ne peut pas jouer les vierges offensées quand le balancier revient.
Et c’est pourtant ce duo-là qu’on choisit pour accompagner une finale olympique de hockey.
Pas d’anciens joueurs.
Pas de figures sportives fortes.
Pas de voix rassembleuses.
Non.
Des personnalités médiatiques polarisantes.
Encore.
Tout ça pendant que le public paie.
Parce qu’il faut le rappeler : Radio-Canada n’est pas une chaîne privée. Elle est financée par l’argent public. Par nos taxes. Par nos impôts. Chaque plateau, chaque cachet, chaque décor, chaque émission spéciale est payé par des citoyens qui, eux, veulent simplement une couverture sportive digne de ce nom.
Pendant ce temps, on apprend que des cadres se sont partagé des millions en bonis. On voit disparaître Radio-Canada Sports dans l’indifférence glaciale de la direction. On pousse les gens vers des plateformes payantes comme Tou.tv Extra. On engraisse le Bye Bye. On subventionne des projets de variétés. Mais quand vient le temps de livrer une couverture olympique solide, centrée sur le sport, on improvise avec des animateurs généralistes et des chroniqueurs militants.
C’est ça, la dérive.
Ce n’est pas une question de talent individuel.
C’est un problème de structure.
Radio-Canada fonctionne en vase clos. Elle recycle ses visages. Elle protège son monde. Elle impose sa culture. Elle confond service public et entre-soi idéologique.
Et pendant ce temps, le lien avec la population se brise.
Jean-Philippe Wauthier n’est pas juste un animateur fatigué.
Il est le symptôme visible d’un système épuisé.
France Beaudoin n’est pas juste une animatrice mal placée.
Elle est le symbole d’un diffuseur qui privilégie l’ambiance au contenu.
Olivier Niquet n’est pas juste un chroniqueur controversé.
Il est le reflet d’une institution qui confond engagement et militantisme.
Et Radio-Canada, aujourd’hui, n’est plus ce grand diffuseur rassembleur qu’elle prétend être. Elle est devenue une forteresse médiatique qui parle à elle-même, finance ses propres cercles, et regarde le peuple de haut.
Les Jeux olympiques auraient dû être un moment d’unité.
Ils deviennent un révélateur brutal.
Radio-Canada ne sert plus le public.
Elle se sert elle-même.
Et de plus en plus de Québécois commencent à le voir.
