Il y a des images qui parlent plus fort que les statistiques.
Ce matin, à l’entraînement du Canada, Nick Suzuki n’avait pas le même langage corporel que la veille.
Il vivait un rêve. il formait un trio avec Nathan MacKinnon et Brad Marchand. Une combinaison excitante. Une validation claire. Une chaise prestigieuse dans un vestiaire rempli de superstars.
Aujourd’hui?
MacKinnon est maintenant au centre de Brandon Hagel et Sam Reinhart.
Et Suzuki?
Il se retrouve avec Bo Horvat et Marchand.
En clair : quatrième trio.
Et pas au centre.
1er trio
Connor McDavid - Macklin Celebrini - Tom Wilson
2e trio
Sidney Crosby - Mitch Marner - Mark Stone
3e trio
Brandon Hagel - Nathan MacKinnon - Sam Reinhart
4e trio
Brad Marchand - Bo Horvat - Nick Suzuki
Une rétrogradation qui frappe.
Parce qu’il faut le dire franchement : ça ressemble à une claque.
Tu passes d’un trio élite avec MacKinnon à un rôle plus bas dans la hiérarchie offensive. Tu quittes ton poste naturel de centre. Et on préfère Horvat au milieu.
Pour un capitaine de la LNH, cinquième Canadien le plus productif cette saison, c’est dur à avaler.
Et ce n’est pas seulement une question de profondeur d’effectif.
Sur la glace, ce matin, Suzuki semblait… hésitant.
Déjà hier, dans certains drills, on l’avait vu chercher ses repères. Pendant un exercice d’échec avant, il y avait eu un moment flottant où personne ne savait vraiment qui partait où.
Suzuki avait fini par se greffer à un autre groupe après quelques secondes d’hésitation. Il l’avait admis lui-même : les cerveaux ne tournaient pas encore à pleine vitesse.
Mais aujourd’hui, ça se voyait davantage.
Moins de fluidité.
Moins de spontanéité.
Un demi-pas de retard ici et là.
Est-ce que Jon Cooper a vu la même chose?
Impossible de l’ignorer.
Rappelons que Suzuki ne faisait pas partie du tournoi des 4 nations. Plusieurs de ses coéquipiers actuels ont déjà assimilé les systèmes, les ajustements, la vitesse internationale. Lui arrive un pas en arrière dans la courbe d’apprentissage.
Même si les joueurs avaient accès à des plateformes vidéo pour se mettre à jour, rien ne remplace le rythme réel.
Et dans un tournoi court, Cooper n’a pas le luxe d’attendre.
Alors oui, on peut penser que cette descente de trio est un message.
Pas une condamnation.
Un ajustement.
MacKinnon, McDavid et Sidney Crosby sont répartis stratégiquement. Chaque unité doit fonctionner immédiatement. Si Cooper sent que la chimie n’est pas naturelle, il bouge les pièces.
Suzuki devient alors une variable.
Mais ça n’enlève rien au symbole.
Être relégué au quatrième trio.
Ne pas jouer au centre.
Voir Horvat occuper ta chaise.
C’est brutal.
Et ça peut piquer l’orgueil.
Suzuki n’est pas du genre démonstratif. Il ne va pas exploser devant les caméras. Mais son visage ce matin ne respirait pas l’euphorie olympique.
Il y avait une concentration serrée. Un regard un peu fermé. Comme s’il essayait de rattraper quelque chose.
Et peut-être que c’est exactement ce qui est en train de se passer.
Parce que dans ce vestiaire, personne n’a de statut garanti.
Même pas le capitaine du Canadiens de Montréal.
La réalité olympique est froide : tu performes maintenant, ou tu glisses dans l’ordre des priorités.
Et peut-être que cette rétrogradation temporaire sera la meilleure chose qui pouvait arriver à Suzuki.
Mais ça ressemble à une grosse rétrogradation.
Et oui.
Ça ressemble à une déception.
