Bill Guerin est-il en train de gagner sa bataille contre Lane Hutson et sa famille?
Quand la réalité commence à donner raison au DG américain... on a envie de tout casser...
Depuis des mois, Bill Guerin se fait ramasser. Au Québec, dans les médias, sur les réseaux sociaux, chez les partisans du Canadien. On lui reproche son manque de respect, son silence, son absence de classe (il n'a pas appelé Hutson pour l'avertir), son arrogance même de ne pas l'avoir inclus dans la liste des remplaçants. Et surtout, on lui reproche d’avoir osé douter de Lane Hutson.
Son père Rob Hutson et la famille de Lane n'ont jamais accepté son exclusion, au point que la paternel a créé un scandale en menaçant USA Hockey que son fils allait jouer pour le Canada, lui qui a la double nationalité. Bref, la blessure dépassait la glace et est devenue personnelle.
Or, depuis quelques matchs, un malaise s’installe.
Parce que tranquillement, les arguments que Guerin avançait commencent à prendre forme sur la glace.
Il faut se rappeler ce que le DG de l’équipe américaine disait, lorsqu’il expliquait sa philosophie olympique : il ne niait pas le talent offensif de Hutson, au contraire. Il reconnaissait sa vision, sa créativité, son intelligence avec la rondelle.
Mais dans un tournoi court, sur de petites patinoires, contre les meilleurs joueurs du monde, il doutait de sa capacité à survivre défensivement. De gagner ses batailles. De nettoyer le devant du filet. De tenir le coup physiquement quand l’espace disparaît.
À l’époque, ça passait pour de l’aveuglement.
Aujourd’hui, ça commence à ressembler à une lecture ... lucide....
Contre Buffalo, Lane Hutson a encore été brillant offensivement. Le record est tombé : deuxième défenseur le plus rapide de l’histoire de la LNH à atteindre 100 passes en 132 matchs, derrière Sergei Zubov. C’est immense, historique et élite. Il a même rajouté une autre passe (101e) plus tard dans le match.
Mais hier, ce n’est pas juste l’attaque qui a fait jaser.
Ce sont les trois revirements négatifs.
Ce sont les décisions forcées.
Ce sont les lectures tardives.
Et surtout, l’incapacité persistante à protéger le devant du filet.
Les statistiques avancées sont brutales : à forces égales, seul Phil Danault a fait aussi mal que lui défensivement dans ce match-là (3 revirements négatifs).
Ce n’est pas l'opinion de Guerin. Ce sont des données. Et ça fait écho à un problème collectif du Canadien, oui, mais Hutson est de plus en plus ciblé parce qu’il joue de grosses minutes et parce qu’il est sur la glace dans des moments critiques. (près de 26 minutes de temps de jeu hier).
C’est là que l’argument de Guerin prend tout son poids.
Les Jeux olympiques, ce n’est pas une saison de 82 matchs.
Ce n’est pas un environnement de développement.
Ce n’est pas une ligue où tu peux te permettre une mauvaise soirée.
C’est un tournoi court.
Des matchs serrés.
Une patinoire plus petite à Milan.
Des équipes construites pour étouffer l’espace.
Dans ce contexte-là, chaque revirement est amplifié, chaque bataille perdue devant le filet devient un but, chaque demi-seconde de retard coûte cher. Et c’est précisément là que Lane Hutson commence à montrer ses limites actuelles, pas définitives, mais bien réelles.
Physiquement, il se fait repousser. Dans les coins, il se fait écraser.
Devant le filet, il ne nettoie pas.
Ce sont exactement les éléments que Bill Guerin disait vouloir éviter dans son alignement olympique.
Ce qui frappe aussi, c’est le langage corporel. En entrevue, Hutson ne semblait ni fier, ni heureux de son record. Il avait l’air fâché, agacé, presque indifférent à l’exploit. Comme s’il savait que ce chiffre, aussi impressionnant soit-il, ne règle pas le vrai problème.
Il essaie d’en faire trop.
Il force des jeux.
Il veut prouver quelque chose.
Et c’est souvent là que les erreurs s’accumulent.
Il faut être capable de le dire, même si ça dérange : Bill Guerin n’a jamais dit que Lane Hutson n’était pas un joueur élite. Il a dit qu’il doutait de son adaptation défensive immédiate dans un contexte olympique.
Aujourd’hui, les médias américains commencent à reprendre cet angle. Non pas pour l’attaquer, mais pour expliquer pourquoi, malgré des chiffres historiques, Hutson reste un pari risqué dans un tournoi où l’erreur n’est pas permise.
Offensivement, il est top‑notch.
Défensivement, il est en apprentissage accéléré.
Et dans une petite patinoire, contre des monstres physiques, ça peut devenir cruel très vite.
En séries... aussi...
La vraie bataille commence maintenant
Lane Hutson ne perd pas sa carrière.
Il ne perd pas son statut.
Il ne perd pas son avenir.
Mais il est en train de perdre, pour l’instant, la bataille narrative contre Bill Guerin.
La suite va dépendre d’une chose : est‑ce qu’il va ajuster son jeu pour les séries?
C’est là que les grands défenseurs passent un cap.
Et c’est là que les Olympiques se gagnent… ou se regardent à la télé.
