Entrevue ratée: Samuel Montembeault n’a rien compris

Entrevue ratée: Samuel Montembeault n’a rien compris

Par David Garel le 2026-02-18

Il y a une chose qui ne change jamais avec Samuel Montembeault : il est trop gentil.

Trop poli.

Trop mesuré.

Trop respectueux.

Et dans le monde cruel des gardiens numéro un dans la LNH, ça peut devenir un problème.

Cette semaine, au retour de la pause olympique, Montembeault a encore été impeccable devant les micros. Transparent. Honnête. Humble. Tellement humble que ça en devient frustrant.

Quand on lui a demandé comment il avait vécu sa non-sélection avec Équipe Canada, il n’a pas cherché d’excuse.

« Quand la formation d’Équipe Canada a été dévoilée, c’est sûr que ç’a été une déception pour moi. Mais avec le début de saison que j’ai eu, je m’y attendais. Alors je suis allé sur la plage au Mexique, et j’ai regardé le hockey olympique sur mon iPad… »

Il aurait pu dire qu’il méritait mieux.

Il aurait pu dire qu’il croyait en ses chances.

Il aurait pu envoyer un message.

Non.

Il accepte. Il encaisse. Il part au Mexique.

Puis il revient en parlant de confiance.

« Je me suis vraiment bien senti à Winnipeg et j’ai pu effectuer de bons déplacements avec mes jambes. C’est un match qui a été important pour la confiance, mais aussi pour le moral. Après, j’ai pu aller à la pause olympique en me sentant vraiment mieux, parce que je venais juste de disputer un très bon match. »

Et encore là, c’est propre. C’est parfait. C’est textbook.

Mais ce qui frappe surtout, c’est quand on aborde le sujet du fameux poste numéro un.

Parce que soyons clairs : à Montréal, le débat ne fait que commencer. Il reste 25 matchs. Il y a Jakub Dobeš. Il y a la hiérarchie floue. Il y a une organisation qui évalue chaque départ comme un test.

Et Montembeault, au lieu de planter son drapeau, au lieu de dire « c’est mon filet », répond ceci :

« Je suis prêt à une plus grande charge de travail, mais il y a aussi Jakub, qui a connu d’excellents moments lors de la saison. Il a disputé de gros matchs pour nous, et il nous a permis d’aller chercher de grosses victoires. J’essaie seulement de me concentrer sur mon travail. »

Encore.

Encore le bon Jack.

Encore le gars qui ne veut déranger personne.

Même quand il parle de ses ajustements, il reste dans la nuance :

« Au cours des dernières semaines, j’ai travaillé sur des aspects de mon jeu à améliorer, comme le repérage de la rondelle. »

Pendant ce temps, Dobeš, lui, parle de rythme, de confiance, de constance.

« Mon approche n’a pas changé, j’ai toujours été en confiance. Mais le fait de jouer plus souvent avant la pause olympique, ça m’a permis d’avoir plus d’occasions devant le filet, et ça m’a permis de trouver plus de rythme. »

Tu vois la différence ?

L’un parle d’opportunités.

L’autre parle d’améliorations.

L’un avance.

L’autre s’excuse presque d’être encore là.

Et c’est ça qui inquiète.

Parce que dans cette ligue, les gardiens numéro un ne demandent pas la permission. Ils prennent le filet. Ils le revendiquent. Ils le défendent.

Carey Price ne disait jamais : « L’autre mérite aussi sa chance. »

Les grands gardiens ne partagent pas le pouvoir. Ils l’imposent.

Montembeault, lui, semble encore vouloir être aimé.

Être correct avec tout le monde.

Ne pas froisser Dobeš.

Ne pas mettre de pression sur Martin St-Louis.

Ne pas créer de controverse.

Mais à Montréal, la controverse existe déjà.

Le débat existe déjà.

Le doute existe déjà.

Et s’il continue à jouer ce rôle du gars gentil, du bon coéquipier irréprochable, il risque de rester exactement ça : un bon coéquipier.

Pas un gardien numéro un incontesté.

Il y a quelque chose de noble dans son approche. Vraiment.

Il ne lance personne sous l’autobus.

Il ne joue pas à la victime.

Il ne réclame rien.

Mais la LNH n’est pas un concours de personnalité.

C’est une ligue de hiérarchie.

Et si tu ne réclames pas le poste, quelqu’un d’autre va le faire pour toi.

Montembeault sort d’une victoire dominante à Winnipeg. Il aurait pu arriver au micro et dire : « Je veux le filet. Je me sens prêt. C’est mon moment. »

Au lieu de ça, il parle d’un « genre de petit camp d’entraînement » et de « finir ça en force ».

C’est correct.

C’est propre.

Mais est-ce que c’est suffisant pour devenir un gagnant ?

La question est cruelle, mais elle doit être posée : est-ce que Samuel Montembeault est trop gentil pour être un vrai numéro un à Montréal ?

Parce que si tu laisses toujours la porte entrouverte, quelqu’un finit par passer devant toi.

Et à Montréal, les portes ne restent jamais ouvertes longtemps.