Samuel Montembeault doit arrêter de se livrer publiquement : dans la LNH, un gardien ne survit pas en parlant de ses faiblesses
On l’aime, Samuel Montembeault. On veut sa réussite. On doit même reconnaître qu’il vit, depuis deux matchs, un véritable renouveau. Mais il y a une vérité brutale que personne n’ose lui dire directement : il doit arrêter de raconter ses états d’âme devant les caméras.
À chaque disponibilité médiatique, Montembeault ouvre son cœur comme s’il parlait à un thérapeute, exposant ses blessures, ses doutes, ses hésitations, son manque de confiance, son trop-plein d’émotions, exactement ce qu’un gardien ne doit jamais offrir aux médias, aux adversaires, aux recruteurs.
Un lanceur au baseball ne va jamais dire qu’il « manque de contrôle ».
Un botteur en NFL ne dit jamais qu’il « doute sur les placements ».
Un gardien de la LNH, lui, doit projeter une certitude froide, un détachement presque inhumain.
Montembeault, lui, répète l’inverse.
Le problème, c’est ce qu’il dit et ce que cela dévoile
Il a encore affirmé hier :
« Peut-être que je me mettais un peu trop de pression au début de la saison… quand ç’a commencé à moins bien aller, peut-être que je m’en mettais encore plus et je prenais peut-être un peu trop le blâme. C’est peut-être ce qui a fait que la confiance ou le moral étaient moins bons. »
« Maintenant que c’est terminé, je veux penser au jour le jour et ne pas penser trop loin. »
« C’est plus une accumulation, et après tu vas dans le filet et tu penses beaucoup plus. Quand je jouais, je pensais énormément, et quand c’est le cas, les mains sortent moins, tu vas moins pousser… parce que tu es trop hésitant. »
« Je travaille régulièrement avec un psychologue sportif. »
Dans la bouche d’un gardien devenu numéro trois d’une équipe en reconstruction, ces propos passent peut-être.
Mais dans la bouche d’un gardien supposément numéro un d’une organisation de la LNH ?
C’est catastrophique.
Non pas humainement, Montembeault est un homme articulé, honnête, sympathique, mais professionnellement. Un gardien n’a pas le droit de révéler :qu’il doute, qu’il pense trop, qu’il voit sa confiance s’effondrer, qu’il porte trop le blâme, qu’il manque d’instinct, qu’il doit se reconstruire mentalement, qu’il se met trop de pression, qu’il a besoin d’un « recommencement ».
Chaque phrase est un cadeau pour les adversaires. Chaque aveu est une alarme pour les DG.
Et l’ironie est cruelle :
Au moment même où il avoue ses failles publiquement, Elliotte Friedman affirme que le CH tente “d’embellir” Montembeault pour le transiger.
Friedman l’a dit sans détour : Montréal tente peut-être de “faire briller” Montembeault pour le bouger
Friedman, hier, a lancé la bombe à l’échelle nationale :
« Tu peux régler ton problème… ou échanger ton problème. Est-ce que le CH essaie de le polir pour l’envoyer ailleurs? »
Pendant que Montembeault parle de sa fragilité mentale, Friedman parle de vitrine.
Pendant que Montembeault raconte sa « perte de confiance », Friedman parle de transaction.
Pendant que Montembeault veut « penser au jour le jour », Friedman dit que plusieurs équipes (Rangers, Hurricanes, Mammoth, Oilers, Sénateurs) cherchent un gardien immédiatement.
Le décalage donne mal au coeur.
Un relationniste, son agent Paul Corbeil, quelqu’un doit lui parler au plus vite.
Parce qu’il faut le dire clairement : Montembeault n’a pas l’air d’un gardien qui reprend le contrôle. Il a l’air d’un gardien qui cherche de l’aide.
Or, dans la LNH : Un gardien ne cherche pas de l’aide. Un gardien impose le respect, protège son aura et ne montre JAMAIS ses faiblesses.
Ses deux bonnes performances ne changent rien à ce constat. S’il veut rester à Montréal, ou même augmenter sa valeur sur le marché, il doit comprendre le message fondamental :
Un numéro un n’explique jamais pourquoi il n’est plus confiant, qu’il pense trop, qu’il hésite.
Un numéro un joue, gagne, ferme la porte… et ferme la bouche.Ce n’est pas cruel. C’est la réalité de cette position.
Pendant ce temps, Kent Hughes montre ouvertement que Fowler est l’avenir, et peut-être déjà le présent
Hughes a dit :
« Cet été, le plan était que Fowler joue la majorité de la saison dans la Ligue américaine… Mais il possède une maturité rare, il rebondit vite. »
« Le gardien qui joue le mieux va jouer le plus. »
Ce qui veut dire, dans le langage Hughes :
Fowler est en train de prendre le filet.
« Idéalement, nous n’aurons pas trois gardiens longtemps. »
Quelqu’un va sortir. (ce sera Dobes)
Mais même si Montembeault est assuré de ne pas aller à Laval, il n’a pas le luxe de paraître fragile.
Montembeault doit changer son discours… ou il sera le prochain à changer d’adresse
Il doit s'arrêter de s’excuser devant les caméras…
