Martin St-Louis a répondu à ses détracteurs, et sa réponse est cohérente avec ce qu’il est comme entraîneur…
L'équipe avant l'individu...
Avec huit matchs à jouer, alors que Cole Caufield est à trois buts du plateau des 50, tout le monde regarde ça. Le vestiaire, les partisans, les analystes. C’est une course réelle. Accessible. Et dans une ligue où chaque détail compte, chaque occasion aussi.
Mais St-Louis a été clair : ce n’est pas son focus.
Il l’a dit sans détour.
“Je serais content pour Cole s’il atteint 50 buts… mais ce n’est pas notre focus en ce moment.”
“Je ne passe pas beaucoup de temps à penser à ça.”
Évidemment il serait content. Mais ce n’est pas une priorité. Ce qui compte, c’est de continuer à gagner, de solidifier la position au classement, d’arriver en séries avec une équipe prête, structurée, capable de jouer du hockey de séries.
“Notre priorité, c’est de continuer à gagner des matchs et de se placer pour les séries.”
“Cole ne joue plus juste pour marquer. Il joue la game en avant de lui.”
Son message est simple : on ne déviera pas du processus pour une statistique individuelle.
Et dans l’absolu, il a raison.
“Je sais qu’il va avoir des chances. Je ne sais pas quand elles vont venir, mais elles vont venir.”
“On veut jouer du hockey de séries avant même d’y être. Même quand il y a un filet désert.”
“Tu ne peux pas arriver en séries et dire : là, on va commencer à jouer comme ça. Ça se construit avant.”
“C’est une question de processus. On reste là-dessus.”
“Les détails, la gestion de la rondelle, l’engagement collectif… c’est ça qui fait la différence.”
“On veut que tout le monde ait un rôle, que tout le monde se sente impliqué.”
“Si on joue de la bonne façon, les résultats individuels vont suivre.”
Parce que ce qu’il construit à Montréal, c’est une équipe qui joue de plus en plus serré, de plus en plus mature, capable de gérer les détails, surtout en deuxième période où le Canadien a été dominant récemment.
Il insiste sur la gestion de la rondelle, sur les changements, sur l’engagement collectif. Pour lui, c’est ça qui va faire la différence en séries. Pas un but de plus au compteur d’un joueur, aussi talentueux soit-il.
Il va même plus loin dans sa lecture de Caufield.
Selon lui, le joueur n’est plus dans une logique de “je veux marquer à chaque présence”. Il joue la game devant lui. Il accepte que les chances viennent naturellement. Il est devenu plus complet, plus patient, plus impliqué dans toutes les facettes du jeu. Et c’est précisément cette évolution-là que St-Louis veut protéger.
Pas question de transformer ça en chasse individuelle.
Mais c’est là que le débat s’installe.
Parce que dans une réalité parallèle, celle du reste de la LNH, les deux ne s’opposent pas. Tu peux respecter ton système, ton identité, ton processus… et quand le moment est là, quand le match est sous contrôle, quand le risque est minimal, tu peux aussi donner une chance à ton marqueur d’aller chercher un but de plus.
Surtout quand il est à trois d’un plateau comme 50.
Surtout quand ça peut faire la différence dans une course comme le Maurice-Richard.
St-Louis, lui, refuse d’entrer dans cette logique-là.
Et c’est ce qui rend sa position aussi forte… que frustrante.
Parce qu’au final, il ne ment pas. Il ne cache rien. Il ne joue pas de jeu politique. Il dit exactement ce qu’il pense : le collectif avant tout.
Mais en même temps, chaque décision de ne pas envoyer Caufield dans ces situations-là devient une décision assumée. Une décision qui pourrait, au bout de la ligne, lui coûter quelque chose de concret.
Et avec huit matchs à jouer, cette ligne-là, entre principe et opportunité, n’a jamais été aussi mince.
