Fracture à Brossard : les joueurs ont laissé entendre leur ras-le-bol à Geoff Molson

Fracture à Brossard : les joueurs ont laissé entendre leur ras-le-bol à Geoff Molson

Par André Soueidan le 2026-02-28

Le calme habituel du Complexe CN cache peut-être une petite révolution.

Ce n’est pas une rumeur inventée sur un coin de table. Ce n’est pas un fantasme de partisan qui rêve de voir les joueurs patiner à deux pas du Centre Bell. C’est une information glissée par Jérémie Filosa sur The Sick Podcast… et ça change tout.

« Selon ce que j’entends, et ce n’est pas confirmé, ça va coûter plus cher louer le centre d’entraînement à Brossard. »

Première bombe.

Deuxième.

« Chez le Canadien, on commence à manquer d’espace. On a embauché beaucoup de nouveaux employés en intelligence artificielle, en statistiques avancées… On commence à se marcher sur les pieds. »

Ce n’est plus le Canadien de 2015.

Ce n’est plus une organisation qui fonctionne avec deux laptops et un tableau blanc.

C’est une machine moderne. Data. Vidéo. IA. Analystes. Développement. Dépistage. Nutrition. Psychologie sportive. Tout le monde sous le même toit.

Et le toit commence à être trop bas.

Mais le vrai cœur du dossier n’est pas administratif.

Il est humain.

Filosa a aussi ajouté ceci :

« Lorsqu’on leur a posé la question à bâtons rompus, il y en a qui ont indiqué qu’ils apprécieraient que l’édifice soit plus près du centre-ville, plus près de Montréal. »

Voilà le mot-clé.

Plus près.

Parce qu’on ne parle plus de l’ère Shea Weber ... Carey Price ... grosses maisons au 1030... tranquillité familiale ... routine banlieusarde.

On parle d’un noyau jeune.

Nick Suzuki.

Cole Caufield.

Juraj Slafkovsky.

Ivan Demidov.

Lane Hutson.

Arber Xhekaj.

Kaiden Guhle.

Alex Newhook.

Kirby Dach.

Oliver Kapanen.

Ce sont des joueurs dans la vingtaine.

Branchés.

Mobiles.

Sans enfants pour la majorité.

Qui vivent, pour plusieurs, en ville.

Qui aiment l’énergie de Montréal.

Qui aiment sortir prendre un café au centre-ville, marcher, respirer la ville, sentir le rythme d’un grand marché sportif.

Et on leur demande quoi?

Traverser le pont Champlain à chaque pratique.

Matin.

Soir.

Neige.

Pluie.

Trafic.

Ça peut sembler banal.

Mais dans une saison de 82 matchs, avec des voyages, des entraînements matinaux, des retours tardifs… la logistique devient mentale.

La routine devient lourde.

Et quand tu veux créer une culture gagnante, les détails comptent.

Filosa a aussi rappelé que Jeff Gorton avait déjà ouvert la porte à une réflexion sur le sujet au podcast Bons matchs :

« On veut mettre les joueurs dans les meilleures dispositions possibles pour s’entraîner et avoir du succès sur la patinoire. »

Traduction?

On écoute.

Et si les joueurs laissent entendre qu’un centre d’entraînement plus près du Centre Bell améliorerait leur préparation… ça devient stratégique.

Ajoute à ça l’autre angle.

Brossard veut plus d’accès communautaire.

Plus d’écoles.

Plus d’heures pour les citoyens.

Et, selon les échos, des coûts de location qui augmentent.

Donc d’un côté :

— Des frais plus élevés.

— Un espace devenu serré.

— Une organisation en expansion.

De l’autre :

— Un noyau jeune qui veut être en ville.

— Une expérience quotidienne plus alignée avec la réalité des jours de match.

— Une proximité avec le Centre Bell qui simplifierait la vie.

Et au milieu?

Geoff Molson.

Selon ce que Filosa entend, des démarches seraient déjà en réflexion pour que le Canadien bâtisse son propre centre, qui lui appartiendrait, dans la grande région de Montréal.

Ne plus être locataire.

Ne plus dépendre d’un bail.

Créer un hub moderne.

Possiblement autour du Centre Bell.

Imagine le message.

Tu pratiques là où tu joues.

Tu ressens l’environnement du match au quotidien.

Tu enlèves un stress logistique.

Tu centralises les opérations hockey.

Tu modernises ton image.

Ce n’est pas juste une question de confort.

C’est une question de performance.

Et dans une Ligue nationale où chaque détail compte, ça devient un avantage compétitif.

Est-ce une révolte?

Non.

Personne n’a claqué la porte du vestiaire.

Personne n’a lancé un ultimatum.

Mais quand un capitaine comme Nick Suzuki représente un groupe jeune et que ce groupe laisse entendre une préférence claire… ce n’est pas anodin.

C’est un signal.

Un message subtil.

Un ras-le-bol logistique plus qu’émotionnel.

Et Geoff Molson semble avoir entendu.

Si le Canadien veut passer au prochain niveau, ce ne sera pas seulement sur la glace.

Ce sera aussi dans les fondations.

Parce que parfois, une franchise progresse quand elle écoute son vestiaire.

Et parfois, une fracture commence par un simple pont à traverser.

À suivre ...