Il y a des moments qui devraient être impossibles à manquer.
Des moments où une organisation comme le Canadien de Montréal doit être présente. Pas par obligation… mais par respect. Par devoir. Par mémoire.
Et pourtant, au Saguenay, lors d’une cérémonie historique pour honorer Georges Vézina, le Canadien a brillé par son absence.
Un silence lourd.
Un malaise réel.
Et surtout… une déception profonde.
Parce que ce qui s’est passé dépasse largement une simple cérémonie protocolaire. On parle ici d’un moment chargé d’histoire : Georges Vézina, ancien gardien étoile du Canadien, a officiellement été reconnu comme personnage historique du Québec, exactement 100 ans après son décès.
Un honneur immense.
Un symbole fort.
Un moment unique.
Du côté de la famille, l’émotion était immense au moment de voir enfin Georges Vézina recevoir un hommage officiel à la hauteur de son héritage.
« C’est toute une surprise ! Pour nous aujourd’hui, c’est une médaille d’or », a lancé Yvon Vézina, petit-fils de Georges Vézina.
Et pourtant, malgré l’importance de l’événement… aucun représentant du Canadien de Montréal n’était sur place.
Rien.
Zéro.
Même pas une présence symbolique.
C’est là que le malaise s’installe.
Parce que Vézina, ce n’est pas un ancien joueur oublié dans les archives. Ce n’est pas un nom secondaire dans l’histoire du hockey.
C’est une légende.
Un pionnier.
Un homme qui a marqué la naissance même du Canadien de Montréal.
On parle d’un gardien qui a disputé 367 matchs consécutifs, à une époque où les conditions étaient brutales, où l’équipement était rudimentaire, et où le hockey ressemblait davantage à une guerre qu’à un sport structuré.
On parle d’un joueur dont le nom est aujourd’hui immortalisé à travers le trophée remis au meilleur gardien de la LNH.
On parle d’un homme qui a été emporté par la tuberculose à seulement 39 ans… après avoir tout donné à son équipe.
100 years ago today, goaltender Georges Vézina left a game with a fever. The next day he was diagnosed with tuberculosis. Vézina passed away four months later #Habs365 #GoHabsGo pic.twitter.com/Qamhm1bkfQ
— Mike Commito (@mikecommito) November 28, 2025
Et malgré tout ça?
Le Canadien n’était pas là.
Et forcément, les regards se tournent vers Geoff Molson.
Parce que dans une organisation comme le CH, ce genre d’absence ne passe pas inaperçu. Molson, c’est le président et chef de la direction. C’est l’un des visages les plus importants de l’organisation. C’est lui qui incarne les valeurs, l’histoire et les décisions du club.
Et dans une situation comme celle-là…
C’est lui qui aurait dû s’assurer que quelqu’un soit présent.
Que ce soit lui-même.
Ou un représentant officiel.
Mais personne.
Et ça, c’est malaisant.
Très malaisant.
Sur place, les membres de la famille Vézina n’ont pas caché leur déception. Certains espéraient pouvoir profiter de l’occasion pour parler directement à un représentant du Canadien, pour poser une question qui revient depuis des années :
Pourquoi le chandail de Georges Vézina n’est-il toujours pas retiré officiellement par le Canadien?
Parce que oui… malgré tout ce qu’il représente, malgré son impact, malgré son héritage, son numéro n’a jamais été retiré comme il se doit.
Le numéro 1 appartient officiellement à Jacques Plante.
On this day in 1918, Georges Vézina became the first NHL goaltender to earn an assist #Habs365 #GoHabsGo pic.twitter.com/2CzOyHbxyu
— Mike Commito (@mikecommito) December 28, 2025
Mais l’histoire de Vézina, elle, reste dans l’ombre.
Et ça commence à déranger.
De plus en plus.
Parce qu’au Québec, Vézina est bien plus qu’un nom sur un trophée. Il est un symbole. Une fierté régionale. Une figure fondatrice.
Et voir le Canadien manquer un moment comme celui-là…
Ça envoie un message.
Un mauvais message.
Celui d’un oubli.
Celui d’un manque de reconnaissance.
Celui d’un lien qui se fragilise entre l’organisation et sa propre histoire.
Aujourd’hui, le gouvernement du Québec a posé un geste fort en reconnaissant officiellement Georges Vézina comme personnage historique.
Mais du côté du Canadien?
On a choisi le silence.
Et après 100 ans…
ce silence commence à faire beaucoup de bruit.
