Pendant qu’Arber Xhekaj végète dans les bas-fonds de l’alignement, cloué à cinq ou six minutes par match comme un figurant, une voix très branchée du milieu juridique et médiatique vient de mettre des mots crus sur ce que tout le monde commence à comprendre à Montréal.
Eric Macramalla n’a pas tourné autour du pot.
Et ce qu’il a dit est lourd de sens.
« Xhekaj apporte un niveau de robustesse que le Canadien n’a pas ailleurs. Mais ses minutes restent limitées. Oui, il s’est développé, mais il commet encore des erreurs. Son profil unique le rend attirant pour d’autres équipes, ce qui pourrait le positionner comme une pièce de transaction. »
Eric Macramalla, ce n’est pas « un dude random » sorti d’un compte anonyme. C’est un avocat spécialisé dans l’univers du sport et de l’image, analyste juridique à TSN et collaborateur côté business/law du sport, donc un gars qui parle à du monde, qui comprend comment les agents pensent, et qui sait exactement comment une organisation protège sa structure quand un dossier devient sensible.
Cet avocat annonce l'inévitable:
Arber Xhekaj est devenu plus précieux pour les autres… que pour son propre entraîneur.
C’est exactement ça, le cœur du problème.
Le conflit St-Louis–Xhekaj n’est plus subtil.
On peut arrêter de faire semblant.
La relation entre Xhekaj et Martin St-Louis est brisée.
Pas “tendue”.
Pas “en ajustement”.
Brisée.
Quand un défenseur joue 5:51.
Quand il saute des présences complètes.
Quand il sert littéralement de piquet au banc.
Quand on le sort de l’alignement au moindre faux pas.
Ce n’est plus de la pédagogie.
C’est un message.
St-Louis ne lui fait pas confiance.
Point.
Et dans le système St-Louis, quand un joueur n’entre pas dans la structure, surtout en défensive, il devient rapidement interchangeable.
Xhekaj est instinctif.
St-Louis est obsédé par le contrôle.
Xhekaj joue à l’émotion.
St-Louis veut du prévisible.
Xhekaj vit dans le chaos physique.
St-Louis prêche la discipline positionnelle.
Ce mariage-là est fini.
De pilier émotionnel à actif transactionnel.
Voilà pourquoi le nom de Xhekaj commence à circuler partout.
Pas en coulisses.
Ouvertement.
À Calgary, dans un scénario impliquant Nazem Kadri, où Montréal pourrait tenter un package incluant aussi Kirby Dach.
À Saint-Louis, dans des discussions beaucoup plus larges où le nom de Jordan Kyrou flotte déjà, avec des éléments majeurs comme David Reinbacher, Xhekaj devenant alors une pièce secondaire pour ajouter de la dureté.
À Vancouver dans une possible transaction pour Tyler Myers.
À Winnipeg dans un possible package pour Logan Stanley.
À Chicago, alors qu'on veut protéger les jeunes Bedard, Nazar et compagnie et que Connor Murphy intéresse le CH?
Attention. Si Kent Hughes sacrifie Xhekaj, ce sera pour un joueur qui n'a pas encore 30 ans. On peut donc oublier Chicago et Winnipeg. Oui, le CH est intéressé à Myers et Murphy, mais si Xhekaj est transigé, ce sera dans un package deal pour un jeune défenseur géant (Stanley) ou un attaquant top-6 (Kadri, Kyrou).
Partout où une équipe se dit la même chose :
On a besoin d’un shérif.
Parce que Xhekaj, malgré ses limites défensives, reste une rareté dans la LNH moderne : un défenseur jeune, massif, intimidant, capable de changer la dynamique d’un match par une seule présence.
Et ça, sur le marché, ça vaut cher.
Rappelons la « sortie publique » de Jeff Gorton, c’est son intervention à Sportsnet durant la semaine pré-olympique, où il a senti le besoin de calmer le jeu autour d’Arber Xhekaj et de Jayden Struble.
Gorton a admis noir sur blanc que les deux défenseurs se battent présentement pour une seule place, que la situation est « délicate », que Xhekaj joue peu parce que Montréal utilise essentiellement cinq défenseurs, mais qu’il n’y a “aucune urgence” de transiger Arber.
Dans le jargon de la LNH, quand un dirigeant sort ainsi pour rassurer publiquement sur un joueur précis, ce n’est jamais spontané : c’est presque toujours parce que l’agent est monté au front, que le clan est inquiet, et que le message commence à circuler dans la ligue. Gorton n’a pas parlé pour les partisans. Il a parlé pour éteindre un incendie interne.
Elle est arrivée parce que :
L’agent pousse
La famille est à bout
Le joueur veut savoir où il s’en va
Et le vestiaire sent que quelque chose se prépare
Quand un dirigeant sent le besoin de rassurer publiquement sur un joueur, ce n’est jamais pour rien.
C’est parce que le feu est déjà pris.
Gorton a parlé d’Arber.
Il a parlé de Jayden Struble aussi, pour diluer.
Mais tout le monde a compris.
Xhekaj est rendu dans une zone dangereuse : celle où ton équipe t’aime encore… mais te magasine.
L’argent, la pression, et l’été qui arrive.
Ajoute à ça un autre élément explosif : Xhekaj est RFA cet été.
Il gagne environ 1,3 M$.
Son clan vise au moins 2 M$.
Peut-être plus.
Ils viennent d’un milieu très pauvre.
Ils veulent sécuriser la famille.
Ils savent que son profil est recherché.
Et surtout : ils savent qu’il y aura des équipes prêtes à payer.
Mais voici le piège pour Montréal :
Si le Canadien lui soumet une offre qualificative et qu’une autre équipe arrive avec une offre hostile… et que Montréal l’égale…
Xhekaj devient inéchangeable pendant un an.
Pendant ce temps-là, Adam Engström pousse.
Reinbacher arrive ou sera transigé.
La hiérarchie change.
Il n’y aura plus de chaise pour lui.
C’est mathématique.
La conclusion que personne n’ose dire trop fort
Arber Xhekaj n’est plus en train de se battre pour une place.
Il est en train de devenir une monnaie d’échange.
Eric Macramalla l’a dit avec des mots propres.
Le marché le crie avec des rumeurs.
Et Martin St-Louis le confirme avec ses décisions.
Quand ton coach te donne cinq minutes.
Quand ton DG sort pour calmer ton agent.
Quand ton nom circule à Calgary–Saint-Louis–Vancouver-Winnipeg-Chicago.
Quand ton salaire devient un problème avant même la négociation.
Ce n’est plus une phase.
C’est une transition.
Xhekaj est encore un Canadien aujourd’hui.
Mais dans la vraie vie de la LNH?
Il est déjà en vitrine.
Et Montréal se prépare tranquillement à tourner la page.
