Graves accusations à Milan: Cale Makar dans l’eau chaude

Graves accusations à Milan: Cale Makar dans l’eau chaude

Par David Garel le 2026-02-23

La séquence tourne en boucle.

Ralentis.

Zoom numérique.

Capture d’écran.

Flèche rouge.

Et au centre de la tempête : Cale Makar.

Sur le but gagnant des États-Unis en prolongation, une nouvelle vidéo circule massivement. On y voit Makar tenter un pinch agressif à la ligne bleue offensive pour garder la rondelle en zone américaine. Il s’avance. Il tend le bâton. Il croit que la récupération est possible.

Mais elle ne vient pas.

La rondelle glisse.

La transition part dans l’autre sens.

Et pendant une fraction de seconde, celle qui tue, Makar ne replonge pas immédiatement.

L’image est mauvaise. Très mauvaise.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent.

Un utilisateur écrit :

« Son repli défensif vient d’entrer dans la conversation. »

Un autre ironise :

« Repli défensif ? On dirait plutôt qu’il a glissé en arrière. »

Et c’est là que ça devient franchement malsain.

Parce qu’au-delà des critiques hockey (qui sont normales après une défaite aussi brutale), on a vu apparaître quelque chose de beaucoup plus grave dans les dernières heures : des accusations complètement délirantes.

Il y a maintenant des gens qui vont jusqu’à insinuer que Makar aurait été « payé », que le jeu aurait été arrangé, que le Canada aurait volontairement laissé filer l’or. On parle ici de théories dignes d’un forum obscur à trois heures du matin, pas d’analyses sérieuses.

Il faut être clair : c’est une ligne rouge.

On peut décortiquer une décision tactique.

On peut critiquer un pincement mal synchronisé.

On peut parler d’un repli tardif.

On peut débattre de la gestion du banc par Cooper.

Mais suggérer qu’un joueur de ce calibre, à ce niveau, dans une finale olympique, aurait saboté volontairement son pays? C’est irresponsable. C’est insultant. Et c’est profondément irrespectueux envers un gars qui vient de tout donner pendant deux semaines, souvent au-delà du raisonnable.

La réalité?

« On pensait tous que MacKinnon allait récupérer cette rondelle ou au moins la sortir de là. »

Et c’est là que se situe toute la nuance.

Parce que sur la séquence complète, on voit que Makar ne pinch pas au hasard. Il agit en fonction d’une lecture. Il croit sincèrement que Nathan MacKinnon va gagner cette bataille à la ligne bleue. Si MacKinnon récupère le disque, Makar se retrouve seul derrière la couverture américaine.

Ce qu’on appelle en jargon un joueur « en attente de contre-attaque ».

Certains l’ont qualifié de « cueilleur de cerises », un joueur qui anticipe la passe pour partir seul.

Sauf que la rondelle ne revient pas.

MacKinnon échappe la récupération.

La relance américaine est instantanée.

Et là, oui, l’image devient difficile à défendre.

Parce qu’on voit Makar hésiter.

Une demi-seconde.

Puis une seconde.

Et en prolongation à trois contre trois, une seconde, c’est une éternité.

Le commentaire le plus brutal résume l’impression générale :

« Dans une situation comme ça, tu ne peux pas avoir l’air nonchalant. »

C’est injuste ? Peut-être.

Mais c’est la réalité visuelle.

Maintenant, soyons honnêtes.

Ce n’est pas une question d’effort. Ce n’est pas un abandon volontaire. C’est une lecture ratée combinée à un épuisement évident.

Parce que ce que plusieurs oublient de mentionner, c’est que Jon Cooper a surutilisé ses chevaux toute la soirée.

Makar a été envoyé dans toutes les situations : avantage numérique, désavantage numérique, matchups défensifs lourds, présences prolongées.

Même chose pour MacKinnon.

Même chose pour Connor McDavid.

À force de tirer sur l’élastique, il finit par casser.

Le Canada est une puissance mondiale. Il ne devrait jamais dépendre d’une poignée de joueurs épuisés en fin de match. Or, en troisième période et en prolongation, on voyait clairement que Cooper raccourcissait son banc.

Et quand tu surtaxes tes meilleurs éléments toute la rencontre, la lucidité disparaît.

La séquence du but n’est pas seulement une erreur individuelle.

C’est le résultat d’une gestion.

Oui, Makar pinch.

Oui, il tarde à replonger.

Oui, ce n’est pas une belle image.

Mais la décision initiale s’inscrit dans une logique offensive : garder la rondelle, presser, finir ça là.

Il croyait que MacKinnon gagnait cette bataille.

Il a parié.

Et il a perdu.

Sur la relance, Jack Hughes récupère, la transition s’installe, et quelques secondes plus tard, la rondelle est derrière le gardien canadien.

But.

Or.

Silence.

La vidéo est cruelle parce qu’elle isole un moment.

Mais un but en prolongation à trois contre trois n’est jamais une erreur solitaire.

C’est une chaîne.

Une montée forcée.

Une récupération ratée.

Un pincement ambitieux.

Un repli tardif.

Et la fatigue.

Le plus dur pour Makar, ce n’est pas l’erreur.

C’est l’image.

Parce qu’elle donne l’impression qu’il abandonne.

Et dans un pays où l’on glorifie l’effort jusqu’au dernier souffle, cette perception colle longtemps.

Moment difficile.

Très difficile.

Mais réduire cette défaite à un « manque d’effort » serait aussi simpliste que faux.

Le Canada n’a pas perdu à cause d’un seul joueur.

Il a perdu sur une décision collective dans un contexte de surcharge.

Et dans le hockey moderne, surtout à trois contre trois, la moindre hésitation devient un arrêt de mort.

Makar a parié.

L’histoire a choisi l’autre camp.