Grève en Russie: Kirill Marchenko veut se faire échanger à Montréal

Grève en Russie: Kirill Marchenko veut se faire échanger à Montréal

David Garel
Le 2026-08-31

Le dossier Kirill Marchenko vient de prendre une tournure encore plus inquiétante pour les Blue Jackets de Columbus.

À un peu plus de deux semaines du début du camp d’entraînement, Kirill Marchenko est toujours en Russie.

Et même si Don Waddell répète publiquement que son attaquant vedette est attendu pour commencer la saison à Columbus, une question devient impossible à ignorer : pourquoi Marchenko est-il encore de l’autre côté de l’océan alors que son nom est associé à une demande de transaction depuis la fin juin?

Selon son entourage, il s’agit d’une grève pour mettre de la pression sur son DG, lui qui veut se faire échanger à Montréal.

Le directeur général des Blue Jackets a finalement été obligé de sortir publiquement pour commenter la situation.

Et son message était glacial.

« C’est un joueur sous contrat. Nous contrôlons la situation, comme nous le faisons avec tous les joueurs sous contrat. Des équipes m’ont appelé, mais si nous allons conclure une transaction, ce sera une transaction qui aidera les Blue Jackets de Columbus. »

Don Waddell ne niaise pas avec le puck.

Il confirme que des équipes ont appelé. Il ne prétend pas que les rumeurs sont sorties de nulle part. Il admet avoir écouté des offres.

Mais il rappelle surtout une chose à Kirill Marchenko et à toutes les équipes intéressées : c’est encore Columbus qui contrôle le dossier.

Sur papier, oui.

Mais Marchenko possède lui aussi des moyens de pression.

Et son absence prolongée de Columbus commence à attirer l’attention.

Le journaliste Brian Hedger, du Columbus Dispatch, rapporte aussi que Marchenko est toujours en Russie, même si les Blue Jackets l’obligent à débarquer pour le camp qui s’amorcera le 16 septembre.

Le problème?

C’est le même 16 septembre qui représente une date cruciale dans tout le dossier.

Une équipe qui acquiert Marchenko avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles de la convention collective pourrait encore lui offrir une prolongation de huit ans. Après cette date, cette possibilité disparaît.

Comme Marchenko veut réellement quitter Columbus et signer à long terme à Montréal, le temps commence à jouer contre tout le monde.

Marchenko est sous contrat pour la prochaine saison à seulement 3,85 millions de dollars. Il sera ensuite joueur autonome avec compensation, avant de pouvoir devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet 2028.

Et Columbus doit également composer avec un problème financier qui commence à devenir énorme.

Adam Fantilli n’a toujours pas signé.

Brian Hedger rapporte que les négociations entre Fantilli et les Blue Jackets sont compliquées par l’explosion récente du marché. L’offre hostile de 18 millions de dollars par année à Leo Carlsson a complètement bouleversé les comparables.

Fantilli veut être payé au minimum 13,5 M$ par année.

Et Waddell admet lui-même que l’argent constitue une partie importante du problème.

« Les contrats à long terme deviennent de plus en plus difficiles à conclure. Nous essayons évidemment d’obtenir le plus de durée possible. C’est l’une des différences que nous avons, et l’argent est évidemment une grande partie de l’équation. »

Voilà où le dossier Marchenko devient explosif.

Columbus doit payer Fantilli et gérer l’avenir financier de sa vedette qui rêve à Montréal.

Marchenko n’a pas annoncé qu’il refusait de se présenter au camp. Contrairement à Adam Fantilli, il est déjà sous contrat et il n’y a actuellement aucune confirmation qu’il envisage officiellement de manquer le camp d’entraînement.

Mais la pression existe.

Brian Hedger rappelle d’ailleurs que Waddell connaît très bien le principe du holdout. Durant ses nombreuses années comme directeur général, il n’a eu qu’un véritable précédent majeur : Ilya Kovalchuk, qui avait manqué le camp d’entraînement et menacé de jouer en Russie durant ses négociations avec les Thrashers d’Atlanta.

Voilà pourquoi le fait que Marchenko soit encore en Russie devient tendu.

À Columbus, les problèmes s’empilent.

Depuis le début de l’été, le Canadien a été constamment associé à Marchenko qui a confié à ses proches que Montréal était SA destination pour son futur.

Sportsnet a confirmé l’intérêt montréalais et plusieurs informations ayant circulé au cours des dernières semaines ont fait état de discussions et d’offres importantes.

Le nom d’Alexander Zharovsky est revenu constamment.

Celui de Michael Hage aussi.

Des offres impliquant Zharovsky, Bryce Pickford et deux choix de première ronde ont circulé. À l’inverse, Columbus aurait également demandé un prix énorme dans certaines discussions, avec notamment des noms comme David Reinbacher, Hage et un choix de 1re ronde.

Aucune de ces avenues n’a permis de conclure une transaction. Le CH et les Blue Jackets se refusent leurs offres constamment.

Kent Hughes ne veut pas sacrifier Hage, ni Reinbacher.

Don Waddell ne veut pas échanger son meilleur buteur pour un retour qu’il considère insuffisant.

Surtout, le DG des Blue Jackets affirme que Marchenko n’avait donné aucune indication, lors des rencontres de fin de saison, qu’il était malheureux ou qu’il ne souhaitait pas rester à long terme. Mieux encore, Columbus avait acquis Valeri Nichushkin, notamment parce qu’il était un ami de Marchenko et d’Ivan Provorov.

Puis, un jour plus tard, Kevin Weekes rapportait durant la couverture du repêchage d’ESPN que le clan Marchenko ne voulait pas s’engager à long terme à Columbus et qu’il rêvait à Montréal.

La bombe avait explosé.

Depuis, Waddell tente de garder le couvercle sur la marmite.

Mais la marmite bouille encore.

Et Marchenko possède une arme que Waddell ne peut pas complètement contrôler : sa volonté de rester ou non à Columbus après son contrat actuel.

C’est là que le temps devient l’ennemi des Blue Jackets.

Chaque jour qui passe rapproche Marchenko du camp.

Chaque jour qui passe rapproche Columbus de la fin de cette fameuse fenêtre permettant à une équipe acquéreuse de lui offrir huit ans.

Et chaque jour qui passe maintient une question au-dessus de la tête de l’organisation :

Marchenko est-il en train de faire la grève?

Son agent, Dan Milstein, n’a pas répondu aux textos de Brian Hedger.

Ça chauffe…