Le Canadien venait de réaliser une remontée spectaculaire contre les Penguins de Pittsburgh, mais cette soirée a aussi exposé une faiblesse que personne ne pourra cacher éternellement.
Une fois Alexandre Carrier sorti de la rencontre, la défensive montréalaise s’est mise à craquer de partout… et Mike Matheson ainsi que Jayden Struble ont particulièrement souffert.
Martin St-Louis n’a pas voulu chercher d’excuses après la rencontre.
Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il avait vu pendant cette deuxième période complètement folle, l’entraîneur-chef a été direct :
« J’ai vu qu’on se tirait dans le pied. »
Puis, lorsqu’on lui a demandé ce qui expliquait cette séquence, il a ajouté :
« C’est des erreurs individuelles, surtout avec la rondelle. On est un peu têtu, tu sais. »
Difficile de ne pas penser à Mike Matheson en entendant ces paroles.
Le vétéran a connu une soirée pénible, et tout a commencé avec une séquence contre Sidney Crosby.
Matheson a voulu mettre de l’intensité dans son duel avec son ancien coéquipier, mais il a fini par pousser Crosby après le coup de sifflet alors que le capitaine des Penguins n’avait même plus la rondelle.
Résultat, une pénalité qui a donné à Pittsburgh l’occasion de s’installer et de prendre du momentum.
Pour un défenseur qui doit justement être l’un des piliers de cette formation, c’était une erreur de jugement qui a coûté cher.
Le problème ne s’est toutefois pas arrêté là.
Matheson a ensuite multiplié les décisions douteuses avec la rondelle, jusqu’à se faire surprendre à la ligne bleue sur une séquence qui a complètement exposé le Canadien.
Sur le deuxième but des penguins, son positionnement a également laissé beaucoup trop d’espace à Carlile, transformant une situation qui aurait dû être contrôlée en occasion dangereuse.
Quand St-Louis parle d’une équipe qui « se tire dans le pied » et qui commet des erreurs individuelles avec la rondelle, difficile de ne pas faire le lien avec ce que Matheson venait de montrer.
Puis Alexandre Carrier a quitté la rencontre.
À partir de ce moment, le problème est devenu encore plus évident.
Martin St-Louis devait jongler avec ses paires, donner davantage de responsabilités à des défenseurs qui n’étaient pas nécessairement prêts à absorber autant de minutes et essayer de garder son équipe en vie contre une formation de Pittsburgh beaucoup plus expérimentée.
Jayden Struble s’est retrouvé surexposé, notamment aux côtés de Lane Hutson, et ses limites avec la rondelle sont devenues beaucoup plus visibles.
Struble possède des qualités physiques évidentes, mais son jeu avec la rondelle demeure préoccupant.
Sa première touche manque de souplesse, ses réceptions peuvent être difficiles et son exécution devient particulièrement risquée lorsque le rythme accélère.
On dirait parfois un joueur qui joue avec le haut du corps beaucoup trop tendu, comme si chaque réception était une bataille physique en soi.
En défensive, ça peut passer lorsqu’il a le temps de se placer.
Lorsque la rondelle circule rapidement, les problèmes deviennent beaucoup plus difficiles à cacher.
St-Louis a justement insisté sur la nécessité de simplifier le jeu après la rencontre.
« C’est une période qu’en général, il faut s’améliorer, jouer bien plus simple, puis avoir plus une game profonde. »
Cette phrase résume assez bien la soirée de Montréal, surtout avec une brigade défensive qui a commencé à perdre ses repères dès qu’un joueur important a disparu de la rotation.
Matheson et Struble n’ont toutefois pas été les seuls à connaître des problèmes.
Arber Xhekaj a aussi été exposé, Noah Dobson a connu des moments difficiles et même Lane Hutson a parfois été forcé de jouer dans des situations où Montréal aurait préféré lui offrir davantage de stabilité.
Lorsque Carrier est sorti, toute la structure défensive a commencé à montrer ses fissures.
C’est précisément ce qui devient préoccupant lorsqu’on regarde les ambitions affichées autour du Canadien depuis plusieurs mois.
Tout l’été, Montréal a été présenté comme une équipe excitante, capable de faire un pas important et même de se mêler aux meilleures formations de la LNH.
L’attaque a démontré pourquoi avec cette remontée de 5-1 contre les Penguins.
Une équipe capable de revenir d’un tel déficit possède clairement du caractère et suffisamment de talent offensif pour inquiéter n’importe qui.
Mais une équipe ne gagne pas la Coupe Stanley seulement avec son attaque.
Le plan de reconstruction devait éventuellement mener à une brigade composée de Lane Hutson, David Reinbacher et Kaiden Guhle, avec Noah Dobson venant solidifier le groupe.
Guhle devait devenir ce défenseur gaucher capable d’évoluer dans un top quatre et de compléter le portrait autour de Hutson.
Ses nombreuses blessures ont toutefois ralenti cette progression, au point où le Canadien s’est retrouvé à devoir conserver Matheson dans un rôle qui devait théoriquement devenir moins important.
Matheson reste apprécié dans le vestiaire.
Son coup de patin est précieux et son attitude n’est pas remise en question.
Mais son principal problème demeure sa prise de décision avec la rondelle.
Depuis longtemps, certaines séquences donnent l’impression qu’il veut parfois faire trop de choses à la fois, puis finit par se mettre lui-même dans le trouble.
Contre Pittsburgh, tout ce problème est ressorti en une seule soirée.
Le Canadien a montré qu’il pouvait remonter un déficit de quatre buts. Il a aussi montré qu’une seule blessure pouvait exposer énormément sa défensive.
Pour viser beaucoup plus haut, cette deuxième partie devra être corrigée.
Ouch…
