Honte à Martin St-Louis: Lane Hutson forcé d’avaler la pilule

Honte à Martin St-Louis: Lane Hutson forcé d’avaler la pilule

Par André Soueidan le 2026-03-07

Une scène en prolongation hier soir a résumé toute la frustration qui entourait le Canadiens de Montréal dans ce match complètement fou contre les Anaheim Ducks. Un moment court. Un moment discret. Pourtant, sur le banc montréalais, la séquence parlait d’elle-même.

La prolongation venait de commencer et Montréal bénéficiait d’un avantage numérique complet de deux minutes. Une occasion en or. Le genre de situation qui peut décider d’un match. Après avoir marqué cinq buts en temps réglementaire et après avoir passé toute la soirée à courir derrière le score, le Canadien avait enfin la possibilité de régler l’affaire.

Sur le banc, un joueur attendait.

Lane Hutson.

Le jeune défenseur regardait la glace pendant que ses coéquipiers sautaient dans l’action pour amorcer l’avantage numérique à quatre contre trois. Une situation parfaite pour un quart arrière offensif. Une situation taillée sur mesure pour un défenseur capable de manipuler la rondelle et d’orchestrer une attaque.

Mais Hutson n’était pas de la première vague.

La décision de Martin St-Louis venait de tomber.

Quatre attaquants.

Aucun défenseur.

Sur papier, l’idée pouvait sembler agressive. Dans la réalité, elle soulevait immédiatement une question.

Pourquoi retirer le meilleur quart arrière offensif de l’équipe dans une situation précisément conçue pour ce type de joueur?

La présence de Nick Suzuki sur la glace ne surprenait personne. Le capitaine dirige le jeu et contrôle le tempo de l’attaque. La présence de Cole Caufield était également logique. Son tir demeure l’arme la plus dangereuse du Canadien.

Le débat apparaît ailleurs.

Entre Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.

Deux gauchers capables de tirer sur réception. Deux joueurs offensifs. Deux profils similaires dans une situation où l’espace devient la ressource la plus précieuse.

La première minute de cet avantage numérique résume parfaitement le problème. Les quatre attaquants envoyés sur la glace ont rapidement donné l’impression de chercher leurs repères.

La rondelle circule mal. Les positions deviennent floues.

À un moment précis, Cole Caufield se retrouve même à la pointe, un rôle qui ne correspond pas à son profil.

Un cafouillage s’installe avec la rondelle. La pression disparaît. La rondelle sort de la zone et le Canadien doit recommencer.

Pendant ce temps, le véritable quart arrière de l’avantage numérique, Lane Hutson, reste sur le banc à regarder la scène.

Coup de sifflet quelques instants plus tard. Il reste environ une minute à l’avantage numérique et Montréal a déjà perdu tout son momentum.

Et soudain, changement complet de stratégie. Fin de l’idée des quatre attaquants. Deux défenseurs embarquent sur la glace, Hutson et Noah Dobson.

Mais dans ce changement, une autre décision surprend. Cole Caufield quitte la glace et ainsi que Demidov.

Suzuki reste, ce qui se comprend, mais la cohérence de la gestion devient difficile à suivre. Une première vague sans défenseur.

Une deuxième vague avec deux défenseurs. Et entre les deux, une minute complète d’avantage numérique gaspillée.

La seule véritable occasion dangereuse du Canadien dans cet avantage numérique est finalement arrivée très tard dans la séquence, alors qu’il restait moins d’une minute à jouer.

Et encore là, la chance de marquer ne venait pas de la première vague, mais bien de la deuxième.

C’est Lane Hutson qui a réussi à générer l’ouverture la plus menaçante de tout l’avantage numérique qui s'est malheureusement terminé, encore une fois, avec un bâton brisé ... celui de Juraj Slafkovsky.

Cette séquence relance évidemment une autre question.

Dans une situation avec autant d’espace sur la glace, plusieurs se demandent pourquoi Juraj Slafkovsky a été privilégié plutôt que Demidov sur la deuxième vague.

Sans rien enlever au travail de Slafkovsky, le talent créatif de Demidov semble particulièrement taillé pour ce type de configuration.

Et quand on connaît en plus la chimie évidente qui existe déjà entre Demidov et Lane Hutson, la séquence laisse un petit goût de regret. Dommage.

Dans ce domaine, un joueur comme Demidov possède un talent naturel pour exploiter l’espace.

Sa vision du jeu et sa capacité à décocher rapidement en font une arme particulièrement dangereuse dans un avantage numérique ouvert.

Slafkovsky, lui, demeure extrêmement efficace à cinq contre cinq. Sa présence physique et son jeu le long des bandes créent souvent des ouvertures pour ses coéquipiers.

Mais dans une situation à quatre contre trois où chaque seconde compte, retirer Hutson pour ajouter un autre attaquant soulève un problème évident.

L’absence du défenseur prive l’avantage numérique de son principal organisateur.

Et sur le banc, la réaction de Hutson ne passait pas inaperçue.

Un regard vers la glace. Un regard vers l’entraîneur. L’impression d’un joueur prêt à embarquer et à prendre le contrôle de la situation.

Au lieu de cela, le jeune défenseur est resté assis.

Forcé d’avaler la pilule.

Cette séquence résume parfaitement certaines décisions qui continuent d’alimenter le débat autour de la gestion du jeu par Martin St-Louis.

Le Canadien possède du talent offensif. La rencontre contre Anaheim en a encore fourni la preuve. Cinq buts marqués en temps réglementaire. Une attaque capable de renverser l’élan d’un match à plusieurs reprises.

Mais lorsque les moments critiques arrivent, les choix derrière le banc deviennent déterminants.

L’avantage numérique en prolongation représentait l’occasion parfaite de conclure la soirée.

Deux minutes complètes.

Un espace immense.

Une situation idéale pour un quart arrière offensif capable de distribuer la rondelle et d’étirer la défensive adverse.

Ce rôle appartient normalement à Hutson.

Hier soir, cette responsabilité ne lui a pas été confiée.

Résultat. L’occasion s’est envolée.

La prolongation a continué.

Et la frustration sur le banc du Canadien semblait lourde.

Dans une course aux séries où chaque point devient précieux, ce type de décision finit toujours par attirer l’attention.

Parce que parfois, la différence entre une victoire et une défaite ne dépend pas du talent sur la glace.

Elle dépend du joueur qui reste assis sur le banc.

Misère...