Honte à Patrick Lagacé: le mépris en ondes fait mal au Canadien de Montréal

Honte à Patrick Lagacé: le mépris en ondes fait mal au Canadien de Montréal

Par David Garel le 2026-01-16

Il y a des entrevues qui en disent plus long que mille sondages. Celle diffusée hier matin au 98,5 FM entre Patrick Lagacé et Luis Miranda, responsable du déneigement à la Ville de Montréal et maire de l’arrondissement d’Anjou, est de celles-là.

Une entrevue courte, tendue, qui a dégénéré… et qui résume parfaitement pourquoi le 98,5 FM est en chute libre, pourquoi Cogeco perd des millions, et pourquoi le Canadien de Montréal devrait sérieusement s’inquiéter de son association avec cette station.

Dès les premières minutes, le malaise est évident. Patrick Lagacé presse son invité sur l’épandage des abrasifs sur Robert-Bourassa. Jusque-là, rien d’anormal. Mais très rapidement, le ton dérape. Lagacé ne cherche plus à comprendre : il interroge pour coincer, il parle pour humilier, il coupe, il condescend.

Alors que Montréal était frappée par un mélange de verglas et de neige, paralysant plusieurs artères à l’heure de pointe, Patrick Lagacé a tenté d’obtenir des réponses du responsable du déneigement à la Ville de Montréal, le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda.

Dès le départ, l’animateur a établi un climat tendu, déplorant que les communications soient « moins efficaces qu’avant » sous la nouvelle administration.

L’échange a rapidement dégénéré lorsque Lagacé a insisté pour savoir à quelle heure des abrasifs avaient été épandus sur le boulevard Robert-Bourassa.

« À quelle heure on a mis des abrasifs? À quelle heure exactement? » a-t-il lancé. Incapable de fournir une heure précise, Miranda a répondu : « Je ne peux pas vous le dire. On est en continu là-dessus. »

Lagacé a alors répliqué, visiblement irrité :

« C’est vous le responsable du déneigement. »

Ce à quoi Miranda a rétorqué :

« Vous n’avez pas entendu ce que je vous ai dit. Je ne suis pas celui qui décrète quand on fait un déneigement ou pas, ça relève des arrondissements. »

C’est à ce moment que le ton a basculé.

Lagacé a lancé : « Avec le déneigement de cul qu’il y a à matin, vous allez changer de ton. »

Miranda a aussitôt répondu :

« Monsieur Lagacé, vous, vous allez changer de ton aussi. »

L’animateur a alors coupé court à l’entrevue, concluant sèchement :

« Monsieur Miranda, on va arrêter l’entrevue. Je vais juste vous dire une affaire : c’était meilleur avec Philippe Sabourin dans l’ancienne administration. »

Fin abrupte de l’échange. Ouch.

Fin de l’entrevue. Fin du respect. Fin de la crédibilité.

On n’est plus dans une entrevue. On est dans une leçon de morale arrogante, livrée sur un ton de supériorité qui suinte le mépris.

Un animateur qui parle aux gens comme s’ils étaient des imbéciles

Peu importe qu’on soit d’accord ou non avec Luis Miranda. Ce n’est pas ça, l’enjeu. L’enjeu, c’est le devoir minimal d’un animateur-intervieweur : écouter, relancer, challenger sans humilier.

Ce que les auditeurs ont entendu hier, c’est un animateur qui parle aux gens comme s’ils étaient de la merde. Et ça, les auditeurs n’en veulent plus.

Ce n’est pas la première fois que Patrick Lagacé adopte ce ton. Mais cet extrait audio, brut, sans montage, le met à nu. Il confirme ce que de plus en plus d’auditeurs ressentent : une radio prétentieuse, vaniteuse, moralisatrice, où l’animateur se place au-dessus de ses invités, au-dessus du public, au-dessus de la discussion.

Et après, on se demande pourquoi Cogeco perd des codes d’écoute jour après jour. On se demande pourquoi Mario Dumont l’a dépassé. On se demande pourquoi QUB Radio monte pendant que le 98,5 FM s’effondre. La réponse est là, en direct, dans cet audio honteux.

Une station qui récolte ce qu’elle sème.

Le 98,5 FM n’est plus perçu comme une radio rassembleuse. Il est de plus en plus vu comme une radio de mépris, une radio où certains animateurs parlent aux gens, jamais avec eux.

Une radio où la bien-pensance devient une arme, où l’indignation est sélective, où l’on tolère des propos violents tant qu’ils viennent du “bon camp”.

Et c’est là que tout se rejoint.

Parce que cet incident Lagacé n’arrive pas dans le vide. Il arrive après l’affaire Geneviève Brouillette, invitée sur les ondes, qui rit en parlant du souhait de la mort de Donald Trump et affirme qu’elle irait klaxonner dans les rues comme à la Saint-Jean si cela arrivait.

Une déclaration d’une violence inouïe, passée presque sans filtre, sans mise en garde, sans condamnation claire.

Mis bout à bout, ces événements dessinent un portrait inquiétant : une station qui a perdu le sens de la limite, qui banalise le mépris, qui tolère l’agressivité verbale, et qui s’étonne ensuite de voir son auditoire décrocher.

Et le hockey là-dedans? Le Canadien en première ligne

C’est ici que Hockey30 doit poser la vraie question. Parce que le 98,5 FM, ce n’est pas juste une radio parlée. C’est le diffuseur officiel et exclusif des matchs radio du Canadien de Montréal. Une association directe. Claire. Contractuelle. Et ce contrat court jusqu’à l’été 2027.

Alors on fait quoi avec ça?

Est-ce que le Canadien de Montréal, une organisation prudente, millimétrée, obsédée par son image, veut vraiment continuer à être associé à une station :

Qui humilie ses invités en ondes?

Qui laisse passer des propos où l’on rit de la mort souhaitée d’un individu?

Qui accumule les controverses pendant qu’elle perd 5 millions de dollars par année?

Parce que oui, pendant que Lagacé parle aux gens comme s’ils étaient des imbéciles, Cogeco s’enfonce financièrement.

Selon les informations qui circulent, le groupe se dirige vers des pertes d’environ 5 millions $ en 2025. Et dans ce contexte, tout le monde va payer : les équipes, les recherchistes, les animateurs… y compris le département des sports.

Dany Dubé, Martin McGuire et toute l’équipe hockey ne sont pas responsables de cette dérive éditoriale. Mais ils en subiront les conséquences. Quand une station devient toxique, le sport n’est jamais protégé. Les commanditaires regardent ailleurs. Les partenaires réfléchissent. Les équipes aussi.

Une chute libre qui sent la fin de cycle

Ce qui se passe au 98,5 FM n’est pas un accident. C’est le résultat d’années de vanité, de certitudes, de mépris envers l’auditeur moyen.

Et l’entrevue Lagacé–Miranda est un symbole parfait : un animateur qui croit encore que son statut le place au-dessus du monde, dans une station qui ne comprend pas pourquoi le monde la quitte.

Le public a changé. Les attentes ont changé. Les gens veulent de la fermeté, oui, mais aussi du respect. Ils veulent des débats, pas des sermons. Des échanges, pas des humiliations.

Le 98,5 FM ne l’a pas compris. QUB Radio, oui.

Et pendant que le 98,5 s’enlise dans ses propres standards toxiques, une question devient de plus en plus lourde :
Le Canadien de Montréal veut-il vraiment rester attaché à une radio qui pue le mépris?

2027 arrive vite. Et certains audios ne s’oublient pas.