Honte en tirs de barrage: Nick Suzuki devient un malaise national

Honte en tirs de barrage: Nick Suzuki devient un malaise national

Par David Garel le 2026-03-07

Il y a des décisions d’entraîneur qui passent inaperçues. Des petits détails, des ajustements tactiques, des combinaisons de trios que seuls les obsédés du hockey remarquent vraiment.

Et puis il y a ces décisions qui deviennent impossibles à défendre, parce qu’elles se répètent encore et encore malgré des chiffres qui crient l’évidence. Dans le cas des Canadiens de Montréal, l’une de ces décisions s’appelle Nick Suzuki… en fusillade.

Vendredi soir à Anaheim, le scénario s’est répété exactement comme les partisans le craignaient. Encore une fois, Martin St-Louis a envoyé son capitaine en tirs de barrage. Encore une fois, Nick Suzuki s’est élancé vers le filet. Et encore une fois, ça s’est terminé par un échec.

À ce point-ci, ce n’est plus une mauvaise séquence. Ce n’est plus une question de malchance. C’est une réalité statistique qui devient carrément embarrassante.

Suzuki n’a pas marqué en fusillade depuis le 13 décembre 2023.

Depuis ce soir-là, contre les Penguins de Pittsburgh et le gardien Alex Nedeljkovic, le capitaine du Canadien de Montréal s’est présenté 16 fois en tirs de barrage. Seize. Et il a échoué seize fois.

Cette saison seulement, il a raté ses cinq tentatives.

Et malgré ces chiffres, malgré cette séquence interminable, malgré l’évidence qui saute aux yeux de tout le monde dans les gradins et devant leur télévision, Martin St-Louis continue de l’envoyer.

Pourquoi?

C’est la question que tout le monde se pose.

Parce que plus on regarde la situation, plus une explication devient difficile à ignorer : Martin St-Louis est un entraîneur beaucoup trop émotionnel avec ses joueurs, et surtout avec ses favoris.

Nick Suzuki est son capitaine. Son leader. Son homme de confiance.

Et visiblement, l’entraîneur refuse de lui enlever cette responsabilité, même si la réalité est devenue cruelle.

Le problème, c’est que ce qui devait être un geste de confiance commence plutôt à ressembler à une humiliation publique.

Chaque fois que Suzuki s’avance en fusillade, la pression augmente. Chaque échec alourdit encore plus la situation. Et chaque nouvelle tentative devient un rappel brutal que cette séquence n’en finit plus.

Deux ans.

Deux ans sans marquer en fusillade.

À un moment donné, un entraîneur doit protéger son joueur contre lui-même.

Parce que là, ce n’est plus protéger Suzuki. C’est l’exposer.

Les chiffres, eux, ne mentent pas. En carrière, Suzuki a marqué 11 fois en 36 tentatives en tirs de barrage, pour un taux de réussite de 30,6 %.

C’est respectable sur papier. Suffisant pour lui permettre d’occuper le troisième rang de l’histoire des Canadiens de Montréal pour le nombre de buts en fusillade, à égalité avec Saku Koivu.

Seuls David Desharnais, avec 17, et Cole Caufield, avec 15, en ont marqué davantage.

Mais ces chiffres historiques ne changent rien à la réalité actuelle.

La réalité, c’est seize échecs consécutifs.

Et pourtant, Martin St-Louis continue.

Vendredi à Anaheim, Suzuki était encore le deuxième tireur du Canadien. Encore une fois, il s’est présenté devant le gardien Lukas Dostal. Encore une fois, le gardien a eu le dernier mot.

Et encore une fois, les partisans se sont demandé pourquoi on persistait avec cette stratégie.

C’est là que la critique envers Martin St-Louis devient inévitable.

Parce que depuis la pause olympique, l’entraîneur des Canadiens de Montréal ne semble plus être le même derrière le banc. Les décisions se multiplient et plusieurs commencent à soulever des sourcils.

Il y a eu cette prolongation à quatre contre trois où Lane Hutson n’a même pas été utilisé sur la première minute de l’avantage numérique. Une décision qui a laissé plusieurs observateurs perplexes, considérant l’impact offensif du jeune défenseur.

Et maintenant, cette obstination avec Suzuki en fusillade.

On comprend l’idée derrière le geste. Donner confiance à son capitaine. Lui permettre de briser la séquence. Lui montrer que l’entraîneur croit encore en lui.

Mais à un moment donné, un entraîneur doit aussi penser à gagner le match.

Les Canadiens de Montréal ont remporté seulement deux de leurs sept matchs décidés en tirs de barrage cette saison. Ce n’est pas une statistique anodine. Dans une course aux séries éliminatoires qui s’annonce serrée, chaque point compte.

Chaque décision compte.

Et chaque choix en fusillade peut faire la différence.

Ce qui rend la situation encore plus frustrante pour plusieurs partisans, c’est que l’équipe possède d’autres options évidentes. Cole Caufield, par exemple, a prouvé à maintes reprises qu’il était dangereux dans ce genre de situation. D’autres joueurs pourraient aussi tenter leur chance.

Mais non.

Suzuki continue d’être envoyé.

Encore.

Et encore.

Et encore.

C’est là que la critique devient plus large que le simple cas des tirs de barrage. Elle touche au style d’entraîneur de Martin St-Louis.

Un entraîneur extrêmement proche de ses joueurs. Un entraîneur qui protège son vestiaire. Un entraîneur qui croit profondément dans la confiance et la relation humaine.

Mais parfois, cette approche devient une faiblesse.

Parce que dans la LNH, un entraîneur ne peut pas seulement être un coach de joueurs. Il doit aussi être capable de prendre des décisions froides, même quand elles sont inconfortables.

Et en ce moment, Martin St-Louis semble incapable de le faire avec son capitaine.

Au lieu de retirer Suzuki des tirs de barrage pour lui enlever cette pression, il continue de le placer sous les projecteurs. Au lieu de lui permettre de respirer, il le renvoie encore sur la glace dans une situation où tout le monde s’attend désormais à l’échec.

C’est dur pour le joueur.

C’est dur pour l’équipe.

Et c’est dur pour les partisans qui voient ces décisions se répéter.

Parce que plus la séquence s’allonge, plus la question devient lourde.

Est-ce qu’on aide vraiment Nick Suzuki… ou est-ce qu’on est en train de l’humilier sans s’en rendre compte?

Dans une ligue où chaque détail compte, ce genre de décision peut finir par coûter très cher.

Et en ce moment, plusieurs commencent sérieusement à se demander si Martin St-Louis n’est pas en train de coacher avec le cœur… plutôt qu’avec la tête.