Village olympique. Pins échangés. Photos souvenirs. Récits d’athlètes croisés à la cafétéria. Pendant que Montréal vibrait pour Nick Suzuki et qu’on disséquait chaque présence d’Équipe Canada, Alexandre Texier vivait, lui, son moment à part.
« Toute l’expérience était incroyable… jouer pour ton pays, représenter ton pays… l’expérience, elle est géniale. »
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Le ton était sincère. Presque émerveillé.
Mais à Montréal, personne ne vit dans une bulle olympique.
Ici, on vit dans une course aux séries.
Et le retour de Texier ne tombe pas dans le vide. Il tombe dans un vestiaire congestionné, nerveux, où les chaises commencent à grincer.
Parce que pendant qu’il parlait de « construire quelque chose pour les cinq ou six prochaines années » avec la France, le Canadien, lui, pense aux cinq ou six prochaines semaines.
Dix-huit matchs en mars. Deux autres à la fin février. Un sprint brutal. Aucun espace pour la nostalgie.
Texier revient d’un tournoi difficile. Sportivement, la France a été exposée. Lui-même l’a admis à sa façon :
« Quand on a joué le Canada… pour nous, c’est un autre sport, un autre niveau. C’est l’exécution, l’exigence… leur dream team. »
Ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas Montréal non plus.
À Brossard, personne ne veut entendre parler d’apprentissage. On veut des détails exécutés à la perfection. On veut un ailier capable d’entrer dans un système, de gagner ses batailles, de soutenir le centre, de ne pas flotter.
Et c’est là que la ligne devient fragile.
Parce que Texier ne revient pas dans la même réalité qu’il a laissée.
Kirby Dach est revenu. Il se promène entre les trios. Parfois à droite de Nick Suzuki et Cole Caufield.
Parfois ailleurs. Zachary Bolduc pousse. Jake Evans tient son rôle. Brendan Gallagher refuse de mourir. Joe Veleno se bat pour exister.
Et Alex Newhook arrive à grande vitesse, 12 points en 17 matchs avant sa blessure, six buts, six passes, un impact réel.
Les cartes s’accumulent dans les mains de Martin St-Louis.
Une de plus vient d’être remise sur la table.
Texier parle de « switch » mental facile.
« Quand tu te sens bien quelque part, le switch n’est pas compliqué. Ce qu’il y a devant nous est excitant. »
Parfait.
Mais le switch, ici, ne sera pas romantique. Il sera brutal.
Tex est de retour!
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Passer de seul joueur de la LNH dans une équipe nationale à joueur parmi 14 attaquants qui cherchent une chaise, ça secoue l’ego. À Milan, il était la référence. À Montréal, il doit regagner chaque minute.
Et ça commence dès le Centre Bell.
« On va essayer de jouer un bon 60 minutes… ça fait longtemps au Centre Bell. »
Vingt-quatre jours sans match à domicile. Une foule impatiente. Une organisation qui a promis un sprint sérieux vers le printemps.
Ce n’est pas le moment de revenir en touriste olympique.
Texier a aussi parlé de Nick Suzuki, avec un respect évident :
« Il fait partie des meilleurs aujourd’hui… j’espère qu’il va le faire demain aussi. »
Il l’a soutenu, même en étant éliminé. Beau geste.
Mais dans le vestiaire, l’amitié ne décide pas des alignements.
La question est simple : où l’insère-t-on?
Sur le troisième trio? À la place de Veleno? Possible.
Dans un rôle offensif plus haut? Risqué.
À la place de Gallagher? Politiquement explosif.
Newhook revient. Texier revient. Quelqu’un va payer. Peut-être deux.
Gallagher est intouchable symboliquement, mais le système exige de la vitesse. Veleno est plus vulnérable. Bolduc peut aussi glisser. Rien n’est stable.
Et c’est ça, la vraie pression.
Texier a parlé d’une nouvelle génération en France. « Les vétérans, c’était leur dernière… on va construire quelque chose de nouveau. »
Ironie du sort : à Montréal aussi, on est en construction.
Sauf que la reconstruction n’a plus la patience des premières années. On veut gagner. On veut voir si cette équipe est capable de se battre pour quelque chose de réel.
Texier marche donc sur une ligne mince.
D’un côté, l’énergie olympique. Les souvenirs. L’enthousiasme.
De l’autre, une hiérarchie instable, des décisions imminentes, une date limite des transactions qui approche.
Et un détail que personne n’ose dire trop fort : son tournoi n’a pas changé sa valeur en LNH.
Il revient avec des histoires.
Il doit revenir avec des performances.
La profondeur est devenue un luxe… et un problème. Martin St-Louis adore avoir des options. Mais trop d’options, ça crée des tensions.
Qui s’assoit? Qui descend? Qui accepte un rôle réduit?
Texier dit être « à 100% ». Excité. Prêt.
Parfait.
Parce qu’ici, l’excitation ne dure que le temps d’un échauffement.
Ensuite, c’est la réalité du système. Les détails. Les arrêts-départs. Les replis défensifs. La constance.
L’expérience olympique était belle.
La ligne fragile commence maintenant.
Et à Montréal, personne ne protège longtemps ceux qui n’arrivent pas à la traverser.
À suivre ...
