Honte publicitaire: les téléspectateurs ne pardonneront jamais à TVA Sports

Honte publicitaire: les téléspectateurs ne pardonneront jamais à TVA Sports

Par David Garel le 2026-03-01

La première fois, on pensait que c’était un accident. Un moment mal ficelé. Une intégration publicitaire trop agressive. On avait dénoncé la pizza Salvatore.

On avait parlé des beignes.

Et on s'était moqué des Reese's de la honte:

On avait souligné le malaise.

Ça avait fait jaser… mais ça s’était tassé.

Hier soir, ce n’est plus un accident.

C’est la deuxième fois que TVA Sports transforme son plateau de hockey en infopub déguisée. Cette fois, ça explose partout.

Encore une fois, en plein entracte, en plein moment d’analyse du match entre les Sabres et les Canadiens, on coupe l’élan du hockey pour livrer un script commandité récité mot pour mot par Élizabeth Rancourt :

« Heureusement, vous voyez en studio ce que l’on a sur notre bureau. Parfait pour une petite pause avec le grand moule Reese’s à la lave au chocolat. C’est le fameux classique que vous connaissez. arraché des chocolats, maintenant rempli d’un centre super fondant.»

Même ton. Même mécanique. Même malaise.

À côté, Maxime Lapierre joue le jeu malgré lui.

C’est théâtral. Forcé. Stagé. On voit qu’ils sont en train d’exécuter une directive. Antoine Roussel détourne le regard. Le rythme est mort. Le hockey est disparu.

Et cette fois, ça ne passe pas.

Ce n’est plus une petite discussion de niche. Ce n’est plus “quelques critiques”. C’est viral.

Les captures d’écran circulent. Les montages photo pleuvent.

Le regard figé d’Élizabeth devient la honte. Le script Reese’s devient remix audio.

Et les commentaires sont brutaux.

« Quel honte honnêtement. »

« Si seulement ça pouvait faire faillite , une épine dans le pied de tout le monde. Les olympiques avec Houde et Denis étaient un vent de fraîcheur. C'est criminel d'être pogné avec ses clowns là pour les series du canadiens ».

" Cest vraiment pathétique. Il est temps que la chaine ferme."

Des centaines et des centaines de commentaires comme ça.

On sent le ras-le-bol. Une fatigue collective.

Pendant ce temps, ironiquement, d’autres journalistes parlent de la séquence de Dobes, de Caufield, des matchs en main du CH… Le hockey continue d’exister. Mais la conversation dominante, elle, porte sur… des Reese’s.

Voilà le problème.

Ce n’est plus drôle.

La première fois, avec la pizza Salvatore, on avait vu le malaise. Michel Therrien crispé. Éric Fichaud regardant ailleurs. Une scène gênante.

On pensait que la direction avait compris.

Au lieu de ça, on a eu une version encore plus assumée, encore plus intrusive, encore plus artificielle. Au point que le montages photos ont été abusés pour se moquer:

Ce n’est plus un dérapage.

C’est une méthode.

On intègre la pub dans la structure de l’émission.

On mélange commandite et analyse.

On demande aux animateurs de performer le placement.

On tue le rythme du sport.

Aucun réseau sportif sérieux ne fait ça. Ni RDS. Ni TSN. Ni Sportsnet. Ni ESPN.

Parce qu’ils savent qu’il y a une frontière.

Et le vrai malaise est ailleurs

Ce texte ne vise pas Élizabeth Rancourt. Elle fait sa job. Elle lit ce qu’on lui donne. Elle exécute.

Le problème est au-dessus.

À quel moment le président Louis-Philippe Neveu regarde ce segment et se dit : “Oui, ça, c’est bon pour notre crédibilité.”

À quel moment on décide qu’un ancien joueur de 614 matchs LNH comme Lapierre doit jouer au gars qui veut manger du chocolat pour faire vivre une commandite ?

À quel moment on accepte que le hockey devienne secondaire ?

TVA Sports traverse des difficultés financières, oui. Mais la solution ne peut pas être de cannibaliser sa propre dignité éditoriale.

Cette fois, ça ne disparaîtra pas

La première fois, c’était passé.

Cette fois, c’est partout.

Ce n’est plus une anecdote.

C’est une réputation qui se construit... et qui se détruit..