Le calendrier des est tombé hier, et avec lui, une conclusion qui passe mal à Montréal : pas un seul samedi soir pour les Canadiens de Montréal.
Full Round 1 SCHEDULES for the 2026 Stanley Cup Playoffs: pic.twitter.com/PZ6DgtbEUB
— David Pagnotta (@TheFourthPeriod) April 17, 2026
Dans une ville où le samedi soir de hockey est pratiquement une institution, où des générations ont grandi autour de ce rituel, voir une série entière déplacée ailleurs, à d’autres heures, ça ne passe pas comme une simple décision logistique. Ça sonne comme un choix assumé.
Parce que ce choix-là, il ne tombe pas du ciel. Il s’explique, et Renaud Lavoie l’a dit sans détour, avec un mélange de lucidité et de frustration.
“Ce n’est pas Sportsnet et ce n’est pas TVA Sports qui rentrent dans la ligue… c’est les États-Unis qui rentrent.”
Puis il pousse encore plus loin : “
Quand ABC arrive et dit à Gary : on va te faire un méchant show… Gary, t’embarques-tu avec nous autres?… Je deviens tout excité.”
Le malaise devient encore plus douloureux quand tu écoutes Renaud Lavoie développer un peu plus loin sa pensée, parce qu’il ne s’est pas contenté de dire que les États-Unis dictent les horaires. Il a carrément exposé le déséquilibre économique derrière tout ça, et c’est là que ça devient difficile à avaler pour le marché canadien.
Dans ses propos, il insiste sur un point qui devrait pourtant peser lourd dans la balance : l’argent. "Le gros cash".
Il rappelle que les diffuseurs canadiens, comme TVA Sports et Sportsnet, injectent des milliards dans la Ligue nationale de hockey.
Des droits télé majeurs qui soutiennent directement les revenus de la ligue alors que les réseaux américains paient des peanyts. Et malgré ça, au moment de prendre les décisions importantes, les horaires, les vitrines, les matchs clés, ce n’est pas ce marché-là qui est priorisé.
Le message est clair. Les décisions d’horaire ne sont pas faites pour le Québec, ni même pour le Canada. Elles sont pensées pour la télévision américaine.
Et le résultat crée la colère au Québec.
Pendant que la bataille de la Pennsylvanie entre les Penguins de Pittsburgh et les Flyers de Philadelphie obtient son créneau du samedi soir, pendant qu’Ottawa se retrouve samedi après-midi, le Lightning de Tampa Bay et Montréal sont relégués au dimanche, au vendredi, à des plages qui n’ont rien à voir avec l’ADN du marché québécois.
De quoi mettre Geoff Molson en furie.
Même le premier match, placé à 17 h 45 un dimanche, tombe dans une zone grise pour les familles, pour les déplacements, pour tout ce qui fait la réalité des partisans.
Et ça ne s’arrête pas là.
Parce que ce choix d’un dimanche en fin de journée, il a aussi un effet concret que plusieurs soupçonnent : limiter l’invasion des partisans montréalais en Floride.
On connaît le phénomène. Chaque année, le Centre Bell sud se déplace à Tampa. Les chandails rouges envahissent les gradins, au point où l’ambiance bascule toujours du côté des rouges.
Cette semaine encore, un compte influent des partisans du Lightning a lancé un appel direct :
“Ne vendez pas vos billets aux fans du Canadien. Ils ne sont pas les bienvenus.”
Good luck with that https://t.co/fqoe7PtapP
— /r/Habs (@HabsOnReddit) April 16, 2026
Un match le samedi soir, c’est une opportunité parfaite pour les Québécois de descendre en Floride, de faire le voyage, de transformer l’aréna adverse en terrain hostile.
Un match le dimanche à 17 h 45, c’est autre chose. Ça complique tout. Le travail le lundi, les obligations familiales, la logistique.
Ça réduit naturellement la présence des visiteurs. Et dans une série où l’avantage de la glace peut devenir fragile, ce détail-là prend une autre dimension.
Alors la question se pose, même si elle dérange : est-ce que tout ça est une simple coïncidence? Ou est-ce que la ligue, consciemment ou non, favorise un environnement plus confortable pour Tampa?
Officiellement, personne ne le dira. Officiellement, tout est une question de diffusion, de disponibilités d’aréna, de logistique.
Mais quand tu regardes l’ensemble du portrait, les créneaux, les priorités, les décisions, difficile de ne pas voir une tendance.
Et au final, le message envoyé est simple, même s’il ne sera jamais formulé comme ça : peu importe l’histoire du club, peu importe son poids culturel, peu importe l’argent généré… le marché québécois passe après.
Le samedi soir à Montréal? Pour Gary Bettman, l'histoire du CH ne vaut absolument rien.
