Incohérence de Martin St-Louis : Lane Hutson sacrifié

Incohérence de Martin St-Louis : Lane Hutson sacrifié

Par André Soueidan le 2026-01-23

Lane Hutson est le joyau du Canadien.

Le défenseur le plus créatif, le plus dynamique, le plus dangereux offensivement depuis des années.

Et pourtant, match après match, on a l’impression qu’on le laisse se débrouiller sans bouclier. Sans partenaire stable. Sans logique claire.

C’est exactement ce qu’Anthony Martineau a soulevé en ondes lors de son échange avec Tony Marinaro.

On ne peut pas demander à un joueur d’élite de performer quand on lui change son partenaire comme on change une paire de patins.

Le raisonnement est brutalement simple.

Comment un défenseur peut-il être pas assez bon pour jouer un soir, mais assez bon le lendemain pour accompagner ton meilleur défenseur?

Jayden Struble est au cœur du problème.

Cette saison : 38 matchs, 7 mentions d’aide, différentiel de -3.

Temps d’utilisation moyen : environ 14 minutes par match.

Pas un pilier en désavantage numérique.

Pas un joueur établi.

Un défenseur en sursis permanent.

Et pourtant, on lui confie Lane Hutson.

Martineau l’a dit sans détour : c’est illogique.

Soit Struble est assez bon pour jouer dans la LNH… soit il ne l’est pas.

Mais le placer aux côtés de ton défenseur numéro un à forces égales pendant qu’il joue à la chaise musicale avec Arber Xhekaj, c’est envoyer deux messages contradictoires en même temps.

Sur la glace, ça se voit.

Struble joue raide.

Tendu.

La rondelle rebondit sur son bâton.

Les passes arrivent et meurent.

On dirait un joueur qui a trop travaillé la force au détriment de la mobilité, comme un gars trop gonflé au bench press qui a perdu son toucher.

Et c’est humain.

Quand tu sais que tu peux sortir de l’alignement au prochain match, tu joues crispé.

Quand tu reviens et qu’on te donne Lane Hutson à gérer, la pression devient énorme.

Tu ne veux pas être celui qui le fait mal paraître.

Tu deviens celui qui panique avec la rondelle.

Le vrai malaise, c’est que le Canadien avait une solution.

Lane Hutson avec Alexandre Carrier, ça fonctionnait.

Ce n’était pas parfait, mais c’était cohérent.

Lisible. Stable.

Depuis la séparation du duo, on bricole.

Guhle revient rouillé.

Struble alterne.

Xhekaj sort et rentre.

Et Hutson, lui, absorbe tout ça.

Même pattern qu’en avantage numérique quand on enlève parfois Hutson et Demidov alors que ce sont tes deux meilleurs cerveaux offensifs.

Même logique floue.

Même impression d’expérimentation inutile.

Le problème n’est pas Struble.

Le problème, c’est de lui donner un rôle qui dépasse ce qu’il est présentement.

Et le problème encore plus grave, c’est d’exposer Lane Hutson à cette instabilité.

Un diamant brut ne se polit pas avec une lime à ongles.

Il se protège.

Il se stabilise.

Il se développe dans un environnement prévisible.

En ce moment, Lane Hutson paie pour une absence de défenseur numéro quatre crédible.

Et cette incohérence, elle vient du banc.

Martin St-Louis veut construire une identité.

Mais on ne construit pas une identité défensive en traitant ton meilleur défenseur comme un cobaye.

Le Canadien n’a pas un problème de talent chez Hutson.

Il a un problème de structure autour de lui.

Et à force de vouloir tout ajuster, on est en train de sacrifier ce qui fonctionne le mieux.

Misère...