Les dernières heures ont pris des allures de gifle inacceptable pour Mike Matheson, et pas seulement à cause du coup qu’il a encaissé le long de la bande, gracieuseté du rat Brad Marchand.
Ce qui se joue en ce moment dépasse largement une décision arbitrale ou une absence de dernière minute inscrite sur une feuille de match.
On parle ici d’un enchaînement horrible où la sécurité d’un joueur passe après le calendrier marketing de la ligue et les intérêts symboliques de ceux qu’on choisit de protéger.
Mardi soir, en prolongation contre la Floride, Brad Marchand frappe Matheson à la tête le long de la bande. Un contact évitable, tardif, directement à la tête.
Let’s all judge Brad Marchand elbowing Mike Matheson’s head pic.twitter.com/3wwikkeRaL
— JeSuisCH🏒BleuBlancRouge (@HabsHappy) December 31, 2025
Le genre de geste que la ligue prétend combattre depuis des années à coups de communiqués bien rédigés et de slogans sur la sécurité des joueurs.
Matheson se relève péniblement, visiblement sonné, puis quitte la rencontre sans jamais revenir. Dans les gradins, tout le monde comprend immédiatement que ce n’est pas anodin.
La réponse de la Ligue nationale de hockey? Une pénalité mineure. Rien de plus. Le Canadien marque en avantage numérique, Nick Suzuki offre la victoire, mais ce but n’efface rien. Le malaise demeure. Le lendemain, le verdict tombe : aucune audience, aucune suspension, dossier clos. Circulez, il n’y a rien à voir.
Sauf qu’il y a quelque chose à voir. Parce que Marchand n’est pas un récidiviste anonyme. Parce que le contact est clairement à la tête. Parce que Matheson est blessé. Parce qu’il se réveille avec des maux de tête, symptôme qui fait immédiatement craindre une commotion.
Et parce que, quelques heures à peine avant le match contre la Caroline, on annonce que Matheson ne jouera finalement pas, alors que Martin St-Louis avait promis qu'il jouerait plus tôt dans la journée.
Absent à la toute dernière seconde. Un signal clair que son état n’est pas banal, contrairement à ce que la ligue aimerait faire croire.
La justification officieuse de la LNH circule rapidement : le coude serait « bas », Matheson aurait été « bas sur la glace », le point de contact principal serait donc sujet à interprétation.
Une lecture technique, froide, presque insultante des images, qui permet surtout d’éviter un processus disciplinaire. Une pirouette réglementaire que personne n’achète, ni les partisans, ni les analystes, ni même certains joueurs qui, en privé, parlent ouvertement de deux poids, deux mesures.
Et comme si ce n’était pas suffisant, la suite devient franchement indécente.
Dans les heures qui suivent, Marchand est partout. En vitrine. En promotion. Utilisé comme visage souriant de la ligue à l’approche de la Classique hivernale de la LNH qui aura lieu à Miami demain.
Il n’est pas ralenti, pas mis à l’écart, pas protégé par le silence. Il est célébré. Surtout que hier, il a été nommé sur l'équipe olympique canadienne.
L'injustice devient alors impossible à ignorer.
Pendant que Marchand est mis en marché, Matheson encaisse. Physiquement, d’abord. Symboliquement, surtout. Quelques heures après le coup, Équipe Canada dévoile sa formation olympique pour 2026. Huit défenseurs sont retenus. Matheson n’y est pas. Il n’est même pas parmi les réservistes. Effacé. Rayé. Comme s’il n’existait pas.
Pourtant, on parle d’un défenseur qui joue des minutes lourdes contre les meilleurs trios adverses, d’un patineur mobile, intelligent, essentiel à la relance, exactement le type de profil que le hockey international moderne valorise. Mais au moment où les décisions se prennent, Matheson disparaît du portrait, pendant que le joueur qui l’a blessé continue d’être promu sans la moindre conséquence.
C’est là que le sentiment d’injustice explose. Parce que tout le monde comprend le contexte. La ligue ne voulait pas suspendre Marchand à la veille de la Classique hivernale.
Elle ne voulait pas compliquer sa machine promotionnelle. Elle ne voulait surtout pas ternir l’image d’un vétéran emblématique à l’approche des annonces internationales. La solution la plus simple était donc la plus cynique : minimiser, refermer le dossier, sacrifier la cohérence pour sauver les relations publiques.
Et dans cette équation, Mike Matheson devient le dommage collatéral parfait.
Mettez-vous à sa place une seconde. Il encaisse un coup dangereux. Il quitte le match blessé. Il se réveille avec des maux de tête. Il est rayé à la dernière minute contre la Caroline. Il est snobé par Équipe Canada. Il n’est même pas considéré comme plan B. Pendant ce temps, le joueur responsable du geste évite toute sanction, est célébré publiquement et devient l’un des visages de la ligue dans les jours suivants.
Ce n’est plus simplement une décision disciplinaire discutable. C’est un message. Le message que certains joueurs sont protégés. Que certains contextes comptent plus que la santé. Que la LNH préfère parfois avoir l’air cohérente plutôt que de l’être réellement.
Gary Bettman devrait avoir honte quand il se regarde dans le miroir.
À Montréal, ça passe très mal. Parce que Matheson n’est ni un agitateur ni un provocateur. Parce qu’il ne cherche pas l’attention. Parce qu’il fait son travail, soir après soir, sans flafla, sans théâtre. Et parce que, dans toute cette séquence, il n’a absolument rien fait pour mériter d’être sacrifié sur l’autel du marketing.
Le rat est protégé. La ligue détourne le regard. Et pendant que la LNH s’enfonce la tête dans le sable, c’est sa crédibilité qui encaisse le vrai coup.
Honte au rat. Et surtout, honte au petit nabot Bettman.
