Jake Evans va revenir au jeu ce samedi à Ottawa. Martin St-Louis ne l’a pas dit explicitement, mais tout le monde a compris.
Of the injured players, only Jake Evans is a possibility for tonight.
— Eric Engels (@EricEngels) January 17, 2026
Again, probable he plays. We’ll see who comes out for him, as a couple others are nursing some bumps and bruises.
Et surtout, tout le monde sait déjà qui va payer le prix. Malgré un hockey honnête, malgré une implication constante, malgré un impact réel dans le jeu à cinq contre cinq, Joe Veleno est le candidat logique pour sortir de l’alignement. Logique… selon la hiérarchie. Absurde, selon ce qui se passe réellement sur la glace.
La réaction sur les réseaux sociaux ne trompe personne. Les partisans ne sont pas excités par le retour d’Evans autant qu’ils sont désolés à l’idée de perdre Veleno, parce que Veleno joue présentement un meilleur hockey que Phillip Danault, et ce, sans débat possible.
Plus rapide, plus impliqué, plus utile dans les transitions, plus fiable dans les batailles à un contre un. Et pourtant, c’est lui qui risque de sortir pendant que Danault continue d’occuper un poste qui devient de plus en plus difficile à justifier.
Depuis son arrivée à Montréal le 23 décembre, Phillip Danault est statistiquement le pire attaquant du Canadien.
En 12 matchs, il affiche 0 but, 4 passes, 4 points. À cinq contre cinq, il est sur la glace pour 15 buts contre, le pire total de l’équipe sur cette séquence.
Son différentiel à forces égales est de -8, encore une fois le pire du CH depuis Noël. Et ce n’est pas avec des minutes marginales : Danault joue en moyenne 13:24 par match à égalité numérique, donc dans un rôle important.
Oui, il gagne 56,7 % de ses mises en jeu depuis son retour. Mais c’est là que le débat s’arrête. Parce qu’après la mise en jeu, le jeu continue, et c’est précisément là que tout se dégrade.
Danault perd ses batailles, arrive en retard, subit le rythme, et devient un facteur négatif dans les séquences défensives prolongées.
À Buffalo, le but gagnant des Sabres illustre parfaitement le problème. Danault panique sous pression, tente de dégager la rondelle du pied au lieu de la protéger ou de la sortir proprement. Revirement immédiat, but, défaite.
Josh Doan finds Tage Thompson and brings the Buffalo crowd to their feet 🔊 pic.twitter.com/JVv8kMMWmS
— Sportsnet (@Sportsnet) January 16, 2026
Après le match, certains ont parlé d’une pénalité non appelée. Peut-être. Mais un centre vétéran payé cher n’a pas le droit de jouer au réflexe, surtout quand son rôle est censé être la gestion du risque. Ce n’est pas un jeune en apprentissage. C’est supposé être une valeur sûre.
Et pendant ce temps, Joe Veleno fait exactement ce qu’on demande à un centre de soutien moderne. Il patine, il presse, il ferme les lignes de passe, il ne ralentit pas le jeu.
Il n’est pas spectaculaire, mais il ne nuit pas. Et dans la LNH d’aujourd’hui, ne pas nuire, c’est déjà énormément. Le contraste avec Danault est frappant : quand Veleno est sur la glace, le jeu avance. Quand Danault y est, il s’éteint.
La question devient alors impossible à éviter : pourquoi avoir donné un choix de deuxième ronde élevé pour Phillip Danault?
Un choix qui, au moment où on se parle, se projette dans le top 40–50 du repêchage. Ce n’était pas un choix lointain, pas un billet de loterie insignifiant.
C’était un actif précieux, sacrifié dans une transaction de panique pour « stabiliser » le centre. Le Canadien se retrouve avec un joueur lent, improductif et négatif à cinq contre cinq, pendant qu’un joueur plus utile risque de sortir par simple respect hiérarchique.
Et ce contexte devient encore plus lourd avec ce qui s’en vient. Evans revient. Dach et Laine se rapprochent. Les décisions difficiles arrivent. Samuel Blais va aussi être sacrifié alors qu'il frappe tout ce qui bouge.
Gallagher est de moins en moins intouchable. Evans va reprendre son rôle naturel. Dach et Laine vont exiger des minutes offensives. Il n’y aura pas de place pour tout le monde.
Et pourtant, on s’apprête possiblement à sacrifier Joe Veleno, pendant que Danault conserve son poste uniquement parce qu’il s’appelle Danault, qu’il est Québécois, et qu’il gagne des mises en jeu.
C’est là que le malaise s’installe.
Parce que si on enlève le nom, le contrat et la nostalgie, Phillip Danault ne mérite tout simplement pas sa place dans l’alignement actuel du Canadien.
Pas avec ce rendement. Pas avec ces chiffres. Pas avec cet impact réel sur le jeu. Et encore moins quand un joueur comme Veleno, moins coûteux, plus rapide et plus fonctionnel, est prêt à payer le prix à sa place.
Le retour de Jake Evans ne devrait pas poser la question de qui sort par défaut, mais bien celle de qui mérite encore d’être là.
Et plus on regarde froidement la situation, plus la réponse dérange.
Phil Danault mérite d'aller réchauffer le banc des gradins.
