Jean-Charles Lajoie méprise Martin St-Louis.
Il décide de sortir les gants contre le coach du CH.
Le ton était sec. Irrité. Par moments même exaspéré.
Le message était clair : Martin St-Louis est en train de perdre la tête.
La première cible? L’utilisation défensive.
Jean-Charles n’a pratiquement rien laissé passer concernant la paire Noah Dobson-Mike Matheson. Une combinaison qu’il ne supporte visiblement plus.
« J’aime pas la paire Dobson-Matheson », a-t-il lancé sans détour, avant d’enfoncer le clou.
« C’est deux joueurs à haut risque défensivement. »
Puis il s’est mis à décortiquer, presque image par image, la séquence fatale du but vainqueur.
À ses yeux, l’erreur dépasse largement Oliver Kapanen, pourtant durement pointé du doigt pour son revirement nerveux.
Le vrai problème, selon lui, part beaucoup plus loin.
Une permutation mal exécutée entre Dobson et Matheson.
Un trou béant laissé en zone défensive.
Une confusion de communication entre deux vétérans qui ne devraient jamais créer ce genre de chaos en séries éliminatoires.
« C’est une erreur de communication bête et élémentaire entre deux gars qui sont les vétérans leaders de la défense », a-t-il martelé.
C'était violent.
Tu ne peux pas offrir ce genre de cadeaux aux Hurricanes de la Caroline.
Mais la critique la plus lourde visait Martin St-Louis directement.
Après avoir expliqué pourquoi cette paire ne fonctionne pas, Jean-Charles a lancé une phrase qui résume complètement son incompréhension :
« Arrêtez de niaiser. »
Dans sa tête, la solution est pourtant évidente.
Mike Matheson avec Alexandre Carrier.
Lane Hutson avec Noah Dobson.
Point final.
Carrier, selon lui, améliore n’importe qui.
Hutson doit jouer de son côté naturel.
Et arrêter d’être déplacé pour réparer les erreurs structurelles autour de lui.
« Hudson avec Dobson, ça marche », a insisté Lajoie.
« Mets-moi Carrier avec Matheson. Matheson va être meilleur. Mets-moi Hudson avec Dobson. Dobson va être meilleur. »
Le problème?
Martin St-Louis ne semble rien vouloir changer.
Et ça commence à rendre fou Jean-Charles.
Quand Benoît Dutrizac lui demande comment un groupe d’entraîneurs de la LNH peut ne pas voir ce que lui croit évident, sa réponse en disait long.
« Je ne sais pas. »
« Pour vrai, c’est difficile de lire Martin St-Louis. »
Il le dit de manière tellement condescendante. Comme s'il valait mieux que le coach du CH.
L’autre joueur qui a mangé une volée? Oliver Kapanen.
Jean-Charles n’a pratiquement montré aucune patience.
« Pas d’affaire sur la glace. »
Selon lui, le jeune joueur a complètement paniqué sur la séquence du but gagnant : remise précipitée, nervosité, freinage au lieu de continuer la pression.
Un jeu qui, selon Lajoie, ne pardonne jamais contre la Caroline.
Mais là où ça devient plus inquiétant pour Martin St-Louis, c’est sur la gestion du premier trio.
Jean-Charles croit que Rod Brind’Amour a déjà trouvé la recette pour neutraliser Nick Suzuki.
Jordan Staal.
Le capitaine des Hurricanes est entré dans la tête du premier trio montréalais.
« J’ai rarement vu Suzuki réfléchir de même en possession de rondelle », a lancé Lajoie.
Pour lui, Suzuki ne joue plus librement.
Il hésite.
Il suranalyse.
Cette petite fraction de seconde contre un vétéran comme Staal devient mortelle.
Le trio vedette disparaît parce que le coach du CH se fait outcoacher.
Et les Canadiens de Montréal se retrouvent à dépendre de joueurs de soutien.
« Nos deux chars de Grand Prix ont pas de gaz dedans », a résumé Jean-Charles dans une image qui résume assez bien sa frustration.
Même son commentaire sur Jakub Dobeš n’a laissé aucune zone grise.
Lajoie croit que le gardien a mal suivi certaines rondelles.
Un tracking déficient.
Une confiance fragile.
« Il sait zéro ce qui se passe », a-t-il lâché, sans filtre.
Et au fond, ce qui ressort de tout ça, c’est une question que plusieurs commencent doucement à se poser :
Martin St-Louis est-il en train de se faire battre au jeu des ajustements?
Rod Brind’Amour, lui, semble toujours avoir un coup d’avance.
Pendant ce temps, Jean-Charles regarde le banc des Canadiens de Montréal et semble voir un entraîneur qui persiste avec des combinaisons qu’il juge vouées à l’échec.
La critique est sévère... au point que Lajoie crache publiquement sur les compétences de St-Louis.
À un moment donné, trop, c'est comme pas assez.
La critique est une chose. Le manque de respect en est une autre.
Lajoie devrait se garder une petite gêne...
