Jeff Gorton l’échappe : le plan de développement prend une drôle de tournure

Jeff Gorton l’échappe : le plan de développement prend une drôle de tournure

André Soueidan
Le 2026-08-03

Une décision qui passe presque sous le radar… mais qui raconte peut-être une histoire beaucoup plus importante qu’un simple départ vers l’Europe.

Vinzenz Rohrer ne portera pas l’uniforme du Rocket de Laval cette saison.

L’attaquant autrichien de 21 ans poursuivra finalement sa carrière en Suisse, où il vient de s’entendre avec l’EV Zug pour les trois prochaines saisons.

Sur papier, il ne s’agit que d’une transaction parmi tant d’autres durant le mois d’août.

Pourtant, lorsqu’on prend un peu de recul, ce dossier soulève plusieurs questions sur le développement des espoirs chez le Canadien.

Rohrer n’était pas un joueur repêché en fin de septième ronde.

Le Tricolore l’avait sélectionné au troisième tour en 2022 avec l’idée d’en faire un attaquant énergique capable, un jour, de se tailler une place dans la LNH.

Son parcours paraissait logique.

Après son passage junior à Ottawa, il retourne en Suisse, devient un rouage important des Lions de Zurich, remporte deux championnats et connaît un excellent Championnat du monde avec l’Autriche.

Le Canadien croit alors suffisamment en lui pour lui offrir un contrat d’entrée au printemps 2025.

Quelques mois plus tard, l’aventure nord-américaine commence enfin.

Ou du moins… elle devait commencer.

Rohrer ne dispute finalement qu'une rencontre avec le Rocket de Laval en saison régulière et 5 rencontres de séris.

Vinzenz Rohrer n’a pas commencé l’année avec le Rocket. Il jouait avec les Lions de Zurich, en Suisse, où il a disputé 41 matchs de saison régulière (4 buts, 8 passes, 12 points).

Son équipe a ensuite été éliminée en séries le 12 avril 2026.

À ce moment-là seulement, le Canadien l’a prêté au Rocket, le 15 avril, afin qu’il termine sa saison en Amérique du Nord.

Le problème, c’est que le calendrier de la LAH était pratiquement terminé.

Résultat :

Son échantillon est mince, mais il ne reçoit jamais véritablement l’occasion de s’installer dans l’organisation.

Puis, presque aussi rapidement qu’il est arrivé, le voilà qui retourne en Suisse avec un contrat de trois ans.

C’est ici que le dossier devient intéressant.

Selon le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung, le départ de Rohrer ne s’explique pas uniquement par l’attrait financier ou la qualité de vie en Suisse.

Le journal affirme que « l’enthousiasme de poursuivre l’aventure s’était refroidi des deux côtés ». Cette précision change complètement la lecture de la situation.

On ne parle plus seulement d’un joueur qui choisit l’Europe.

On parle d’une relation qui s’est tranquillement essoufflée entre le Canadien et l’un de ses propres espoirs.

Le même reportage révèle aussi que Rohrer aurait eu de la difficulté à accepter la rapidité avec laquelle Montréal l’avait retranché lors du camp précédent.

Sa saison offensive à Zurich s’en serait ressentie, lui qui est passé de joueur d’énergie indispensable à une campagne beaucoup plus discrète.

Interrogé sur cette période plus difficile, l’Autrichien admettait lui-même qu’il était possible que la déception de ne pas avoir atteint la LNH l’ait affecté mentalement.

Voilà pourquoi ce dossier dépasse largement le simple nom de Vinzenz Rohrer.

Depuis quelques années, Jeff Gorton et Kent Hughes répètent que le développement constitue la pierre angulaire de leur reconstruction.

Adam Nicholas est reconnu partout dans le hockey pour son travail auprès des jeunes joueurs, le Rocket est devenu une véritable école de développement et l’organisation investit énormément dans cette philosophie.

Malgré tout, certains dossiers prennent une direction inattendue.

Rohrer n’est pas un échec spectaculaire.

Ce serait exagéré de le présenter ainsi. Il demeure un joueur de 21 ans, toujours sous contrat avec le Canadien jusqu’en 2028, qui poursuivra sa progression dans l’une des meilleures ligues européennes.

Sa carrière est loin d’être terminée.

Mais il est difficile d’ignorer le message envoyé par cette décision.

Un choix de troisième ronde qui revient d’Europe, signe son contrat d’entrée, dispute seulement quelques matchs dans la Ligue américaine et repart presque aussitôt… ce n’était certainement pas le scénario imaginé lorsque le Canadien l’a sélectionné en 2022.

Peut-être que Rohrer reviendra un jour avec une expérience différente et une meilleure occasion de percer.

Peut-être aussi que ce chapitre est déjà refermé.

Une chose est certaine, ce départ oblige à réfléchir au chemin emprunté par certains espoirs du Canadien. Tous les projets ne suivent pas une ligne droite vers Montréal.

Certains bifurquent rapidement. D’autres s’arrêtent complètement avant même d’avoir réellement commencé.

Dans le cas de Vinzenz Rohrer, le plan de développement a pris une tournure que peu de gens auraient prédite il y a un an.

À suivre…