Le "jeu sale" de Kent Hughes est dévoilé par le clan Xhekaj.
Ouch.
Il y a maintenant quelque chose de beaucoup plus profond derrière l’impasse entre le Canadien de Montréal et Arber Xhekaj.
On ne parle plus simplement de quelques centaines de milliers de dollars qui séparent deux parties autour d’une table. On parle d’une véritable bataille de principes humains entre le clan du joueur et celui de Kent Hughes, et surtout d’une stratégie de négociation qui commence à faire réagir dans le monde des agents.
Le Canadien voudrait convaincre Xhekaj qu’il ne peut pas réclamer le salaire d’un défenseur établi de la LNH alors que Martin St-Louis ne lui a pas accordé ce statut.
Le clan Xhekaj, lui, répond exactement l’inverse : si Montréal ne lui donne pas suffisamment de responsabilités pour démontrer sa valeur, comment peut-il justement faire monter sa valeur?
Selon les chiffres qui circulent autour des négociations, Montréal aurait présenté une fourchette qui tournerait autour de 1,7 à 2,1 millions $ par saison (selon le nombre d'années), alors que le clan Xhekaj viserait plutôt 2,5 à 3 millions $.
L’écart n’est donc pas gigantesque pour une organisation qui possède encore de la marge sous le plafond salarial, mais il est suffisamment important pour transformer la négociation en bras de fer. Et surtout, le Canadien possède un argument que Kent Hughes utilise à répétition : le temps de glace accordé à Xhekaj.
C’est probablement l’arme la plus puissante dans les mains du directeur général.
Parce que lorsque le représentant de Xhekaj, Brian Bartlett, arrive à la table et demande 2,5 ou 3 millions $, Hughes peut regarder les chiffres de Martin St-Louis et répondre :
« D’accord. Mais regardons comment notre entraîneur l’a utilisé. »
Xhekaj a connu des moments où il a complètement disparu de la formation. En séries, son utilisation est devenue particulièrement difficile à défendre pour son clan : 13 matchs, seulement 8 min 06 s de temps de glace moyen, avant de sortir de la formation contre la Caroline.
Et c’est exactement là que la négociation devient cruelle.
Le message de Hughes est cinglant.
Tu veux 3 millions? Très bien. Mais pourquoi Martin St-Louis te faisait-il jouer huit minutes? Pourquoi étais-tu dans les gradins? Pourquoi, dans les moments les plus importants de la saison, le Canadien trouvait-il des façons de gagner sans toi?
C’est une technique de négociation extrêmement efficace.
Et le clan Xhekaj doit vivre avec cette réalité.
Mais il peut aussi retourner complètement l’argument.
Parce que si Martin St-Louis ne lui donne jamais la chance de jouer régulièrement, comment Xhekaj peut-il prouver qu’il mérite davantage? Comment peut-il augmenter sa production offensive? Comment peut-il développer son jeu défensif? Comment peut-il démontrer qu’il est capable d’être un défenseur de la LNH si, dès qu’un match devient important, on le sort de la formation?
C’est le fameux cercle vicieux.
Le Canadien dit : « Nous ne pouvons pas te payer davantage parce que tu n’as pas suffisamment joué. »
Le clan Xhekaj peut répondre : « Vous ne m’avez pas suffisamment fait jouer, donc vous ne pouvez pas utiliser votre propre décision contre moi pour faire baisser mon salaire. »
C'est de plus en plus tendu entre les deux parties.
Il faut également revenir à la première étape du dossier : l’offre qualificative.
Le Canadien avait parfaitement le droit de présenter à Xhekaj l’offre minimale nécessaire pour conserver ses droits. C’est la règle. Ce n’est pas illégal, ce n’est pas immoral et ce n’est même pas particulièrement surprenant dans une négociation de la LNH.
Mais politiquement, le message est puissant.
Xhekaj avait déjà plusieurs saisons derrière lui dans la LNH. Il avait gagné une certaine popularité auprès des partisans. Il représentait une dimension physique que Montréal possède en quantité limitée. Et malgré tout ça, le Canadien a commencé la négociation à partir du plancher permis par la convention collective.
C’est de bonne guerre.
Mais ce qui est beaucoup plus agressif, c’est maintenant d’utiliser son faible temps de glace comme argument central pour faire redescendre ses prétentions.
Le clan Xhekaj accuse Montréal d'avoir contribué à créer la situation qu’il utilise aujourd’hui contre lui. Comme si tout était prémidité.
Dans le monde des agents, il existe une différence entre négocier durement et donner à son client l’impression qu’on essaie de diminuer artificiellement sa valeur.
Bartlett accuse Hughes d'être trop dur dans sa façon de négocier. Et cette approche commence à laisser une impression particulière chez certains représentants de joueurs : le Canadien est devenu inhumain dans sa façon de négocier.
Le clan Xhekaj considère que Montréal ne voit pas qu'il possède une valeur tellement spéciale.
Il mesure 6 pieds 4 pouces. Il joue avec une agressivité naturelle. Il n’a pas peur du contact. Il peut protéger ses coéquipiers. Il possède une identité très claire.
Montréal est devenu l’endroit où cette identité est la moins valorisée.
Kent Hughes n’a pas nécessairement besoin de vendre Xhekaj.
Il laisse le temps travailler pour lui.
Chaque semaine qui passe sans contrat augmente la pression sur le joueur. Le camp d’entraînement approche. La saison approche. Xhekaj veut jouer. Il veut démontrer sa valeur. Il veut obtenir un contrat.
Le dossier est passé d’une simple dispute salariale à quelque chose de beaucoup plus gros : une rupture de confiance.
C’est exactement là que le « jeu sale » dont parle le clan du joueur devient dangereux.
Kent Hughes est "dirty" comme jamais...
