Jonathan Marchessault frappe un mur: il a tout perdu

Jonathan Marchessault frappe un mur: il a tout perdu

Par David Garel le 2026-03-28

Ce soir, tout te revient en pleine face.

Jonathan Marchessault doit se dire ça en ce moment.

Pas subtilement. Pas doucement. Non. De plein fouet.

Quelques heures avant le match, il parlait encore avec ce ton détaché, presque serein, comme s’il contrôlait encore le récit. Il décrivait l’ambiance des séries, la confiance, le plaisir de jouer des matchs importants.

« C’est vraiment plaisant… on a confiance en nous », disait-il. Comme si tout était encore aligné. Comme si Nashville était encore un endroit où il avait pris la bonne décision. Comme si l’histoire qu’il s’était racontée l’été dernier tenait encore debout.

Et puis le match a commencé.

Et tout s’est écroulé.

Le Canadiens de Montréal ont débarqué dans son aréna… et ils les ont complètement dominés. 4-1. Un match à sens unique. Une équipe jeune, rapide, inspirée, structurée. Ivan Demidov qui dicte le tempo...

Et qui rend le 2e trio de feu avec Olivier Kapanen et Alex Newhook...

Nick Suzuki qui distribue. Cole Caufield qui marque son 45e but et fille tout droit vers le 50.

Et pendant ce temps-là, Nashville subit. Recule. Étouffe.

Et Marchessault? Invisible.

C’est là que ça devient cruel. Parce que ce n’est pas juste une défaite. C’est une démonstration. Une démonstration de ce qu’il aurait pu avoir… et de ce qu’il a choisi de fuir.

Parce qu’il faut le rappeler sans détour : il a eu sa chance à Montréal.

Une offre concrète. Un rôle dans le top 6. Une opportunité de revenir chez lui, dans une organisation en pleine ascension. Mais il a choisi Nashville. Pourquoi? L’argent. Le confort. Moins de pression. Moins de caméras. Moins de bruit. Et surtout, il a justifié sa décision avec des propos qui ont marqué.

Il a parlé de Montréal comme d’un marché « trop intense ».

Il a dit que ses enfants auraient été « écoeurés » à l'école.

Il a laissé entendre qu’au Québec, tu n’as « pas droit à l’erreur ».

Il a même glissé que pour leur développement, il préférait un environnement plus stable, plus calme… sous-entendant que le Québec n’était pas à la hauteur.

Ce n’était pas juste un refus. C’était un jugement.

Et samedi soir, ce jugement lui est revenu en pleine figure.

Parce que sur la glace, il y avait deux réalités. D’un côté, une équipe qui a accepté la pression, qui l’a embrassée, qui s’en nourrit. De l’autre, une formation qui s’effondre dès que ça accélère. Et au milieu de ça, Marchessault, coincé. Ni leader. Ni moteur. Juste… là.

C’est ça, le vrai choc.

Ce n’est pas qu’il est devenu mauvais du jour au lendemain. C’est qu’il donne l’impression d’avoir atteint un plafond. D’avoir passé le sommet. En français, on dit qu’un joueur « est fini à la corde ». Qu’il « a frappé un mur ». Qu’il « a atteint ses limites ». Et c’est exactement l’image qu’il renvoyait samedi soir.

Pendant que les jeunes du Canadien montent, lui semble ralentir.

Et c’est là que le mot que tout le monde évite commence à s’imposer : karma.

Parce que Marchessault ne s’est pas contenté de dire non à Montréal. Il a utilisé Montréal. Il s’est servi de l’intérêt du Canadiens de Montréal pour faire monter les enchères ailleurs. Il a joué la carte du retour au Québec… pour finalement choisir le contrat le plus sécuritaire, le plus payant, le plus confortable.

Et aujourd’hui, il se retrouve prisonnier de ce choix.

Un contrat de 5,5 millions par année jusqu’en 2029. Une équipe instable. Un environnement qui n’a rien livré de ce qui était promis. Et surtout, une perception qui a complètement basculé.

Parce qu’au Québec, on n’a pas oublié.

On n’a pas oublié ses propos sur les fans.

On n’a pas oublié ses commentaires sur ses enfants.

On n’a pas oublié le ton condescendant, comme si Montréal était un problème à éviter plutôt qu’un privilège à saisir.

Et pendant ce temps, le Canadien avance sans lui.

C’est peut-être ça, le plus dur à avaler.

Parce que la réalité, elle est froide : Montréal n’a pas besoin de lui. Pas maintenant. Pas comme ça. Pas à ce prix-là. Pas avec ce bagage-là. L’équipe a trouvé autre chose. Une identité. Une vitesse. Une jeunesse. Une fierté.

Où tu le mets, Marchessault, dans ce groupe-là aujourd’hui?

Dans le top 6? Il ralentit le jeu.

Sur une troisième ligne? Trop cher.

Sur l’avantage numérique? Déjà plein.

Il n’y a plus de place.

Et pendant que le Canadien construit quelque chose de solide, lui regarde ça de l’autre côté de la patinoire. Littéralement. Et il voit ce qu’il a laissé passer.

Ce n’est pas une question de talent. C’est une question de trajectoire.

Le Canadien monte.

Lui descend.

Et samedi soir, pendant 60 minutes, tout le monde l’a vu.

Pas besoin de grandes déclarations. Pas besoin d’analyses compliquées. Le match parlait pour lui.

Le hockey est cruel comme ça. Tu peux contrôler ton discours. Tu peux contrôler ton image. Tu peux contrôler ton contrat.

Mais tu ne contrôles pas la glace.

Et quand la rondelle tombe, il ne reste que la vérité.

Et la vérité, samedi soir, c’est que Jonathan Marchessault a regardé le Canadien de Montréal… et il a compris.