Certaines déclarations font tellement sursauter qu’on se demande comment une personne a pu croire, ne serait-ce qu’une seconde, que ce qu’elle venait de dire pouvait être acceptable.
C’est exactement ce qui vient de se produire en pleine Coupe du monde 2026… dans une controverse qui dépasse largement le simple cadre du soccer et qui soulève aujourd’hui un débat beaucoup plus profond sur la manière dont certains regardent encore les athlètes professionnels.
Tout a commencé lorsque Jérémy Doku a expliqué qu’il envisageait sérieusement de quitter temporairement la sélection belge au cours des prochains jours afin d’assister à la naissance de son premier enfant.
Une décision parfaitement humaine.
Une décision que la majorité des gens considèrent normale.
Mais visiblement, pas tout le monde.
Sur le plateau de L’Équipe, la journaliste France Pierron a provoqué une véritable onde de choc en critiquant ouvertement la possibilité que Doku quitte momentanément la Coupe du monde.
Selon ses propos, un Mondial représente une occasion unique dans une carrière et ne devrait jamais être mis de côté, avant d’ajouter une phrase qui a littéralement mis le feu aux réseaux sociaux.
Elle a affirmé que l’accouchement était, selon elle, un moment où le père ne servait pratiquement à rien, allant même jusqu’à qualifier ce moment de « dégueulasse », expliquant que l’homme n’y jouait essentiellement qu’un rôle secondaire.
En quelques minutes, la tempête était lancée.
Des milliers de réactions indignées ont envahi les réseaux sociaux.
Des personnalités sportives françaises ont dénoncé ses propos. Plusieurs journalistes ont pris publiquement leurs distances.
Même son propre employeur a fini par intervenir officiellement.
Très inquiétant ces propos de @francepierron sur Doku... pic.twitter.com/YWt9eOEmqQ
— Truga (@Itstruga) June 19, 2026
Face à l’ampleur du scandale, France Pierron a dû publier des excuses publiques sur X en expliquant qu’il s’agissait d’une opinion personnelle et qu’elle ne souhaitait en aucun cas diminuer l’importance du rôle des pères auprès de leur famille.



Trop tard.
Le mal était fait.
Mais en regardant cette histoire depuis Montréal, difficile de ne pas immédiatement penser à un scénario qui aurait frappé beaucoup plus près de nous.
Revenons quelques mois en arrière.
À quelques jours du début de la série de première ronde contre le Tampa Bay Lightning, Nick Suzuki et sa conjointe accueillaient leur premier enfant.

Imaginez maintenant, seulement une seconde, qu’un débat semblable ait éclaté ici.
Imaginez un chroniqueur affirmer publiquement que Suzuki aurait dû laisser sa femme seule pour rester concentré sur le hockey.
Imaginez quelqu’un expliquer qu’un match de séries éliminatoires devrait passer avant la naissance de son enfant.
Le Québec entier aurait explosé.
Et avec raison.
Parce qu’à un certain moment, il faut se rappeler qu’avant d’être des joueurs professionnels, avant d’être des vedettes payées des millions, avant même d’être des compétiteurs obsédés par la victoire… ces athlètes demeurent d’abord des êtres humains.
On parle ici d’un moment fondateur dans une vie.
D’un événement qui dépasse complètement le sport.
Oui, c’est la mère qui traverse physiquement l’accouchement.
Mais prétendre qu’un père ne devrait pas être présent à ses côtés relève d’une vision complètement déconnectée de la réalité.
Le rôle d’un conjoint dans un moment aussi bouleversant ne se mesure pas en statistiques.
Il se mesure en présence.
En soutien.
En amour.
En responsabilité.
Et c’est précisément ce qui rend les propos tenus en France aussi choquants.
Parce qu’ils envoient le message qu’un athlète devrait sacrifier même les moments les plus importants de sa vie personnelle au nom du sport.
Soyons sérieux deux minutes.
Même une organisation aussi exigeante que Montreal Canadiens n’aurait jamais osé demander une chose pareille à l’un de ses joueurs.
Même si on parlait d’un match numéro 7 de la finale de la Coupe Stanley.
Parce qu’il existe des moments où le hockey cesse simplement d’être la priorité.
Et la naissance de son enfant fait partie de ces moments sacrés qu’aucun entraîneur, aucun journaliste et aucun partisan ne devrait jamais remettre en question.
Certaines controverses dépassent le sport.
Et celle-ci en est une très bonne preuve.
Ouf…
