Julien BriseBois rabaisse Martin St-Louis publiquement: des propos qui ne passent pas

Julien BriseBois rabaisse Martin St-Louis publiquement: des propos qui ne passent pas

Par David Garel le 2026-04-23

Julien BriseBois ne voulait probablement pas déclencher une tempête médiatique à Montréal. Mais c’est exactement ce qui est arrivé.

Parce qu’en pleine montée de tension avant la série entre le Canadiens de Montréal et le Lightning de Tampa Bay, ses propos sur la supériorité de son groupe d’entraîneurs ont été reçus comme une immense flèche envoyée directement au banc du Canadien.

Et honnêtement, il fallait s’y attendre.

Quand BriseBois affirme devant des étudiants du HEC :

“Tous nos coachs, y compris les adjoints, ont été d’anciens entraîneurs-chefs dans la Ligue américaine ou adjoints dans la Ligue nationale. Ils coûtent plus cher, mais ils sont meilleurs. Et on pense que ça vaut la peine.”

…évidemment que ça allait exploser sur les réseaux sociaux.

Au Québec, les gens ont immédiatement fait le lien avec la structure du Canadien. Une structure complètement opposée.

Martin St-Louis n’avait jamais dirigé chez les professionnels avant d’arriver derrière le banc du CH. Même chose pour Stéphane Robidas et Trevor Letowski.

Aucun bagage majeur comme entraîneur-chef professionnel. Aucun long parcours dans la Ligue américaine. Rien du modèle traditionnel adoré par les vieux dirigeants de hockey.

Et soudainement, le DG du Lightning arrive et explique publiquement que ses entraîneurs coûtent plus cher “mais sont meilleurs”.

Même si BriseBois parlait probablement de façon générale, le timing était catastrophique. Parce qu’à la veille du 3e match crucial entre les deux équipes, ça sonnait comme une déclaration de guerre psychologique.

Comme si Tampa Bay disait subtilement :

“Nous, on fait les choses sérieusement. Nous, on paie pour l’élite. Nous, on a de vrais entraîneurs expérimentés.”

Et ça, à Montréal, ça passe mal.

Surtout parce que le Lightning représente exactement ce que le Canadien tente de devenir. Une organisation modèle. Une dynastie moderne. Une machine structurée autour d’Jon Cooper, probablement le coach le plus respecté de la LNH actuellement.

BriseBois n’a pas seulement parlé des entraîneurs. Il a carrément présenté une philosophie d’entreprise où tout doit être supérieur : trois entraîneurs de patinage à temps plein, un coach d’habiletés, deux kinésiologues, des standards physiques extrêmes, des sacrifices constants, des dépenses massives dans le club-école de Syracuse.

“On essaie de représenter l’excellence dans la Ligue nationale.”

Le message était clair : Tampa Bay investit davantage que Montréal pour gagner.

Quelle arrogance.

Et dans l’esprit de plusieurs partisans montréalais, ça revenait indirectement à dire que le Canadien improvise encore son développement.

Évidemment, les défenseurs de Martin St-Louis vont répondre, avec raison, que le CH est sorti de la boîte volontairement. Que Kent Hughes a voulu casser les vieux modèles du hockey. Que l’absence d’expérience peut parfois être compensée par une approche moderne, humaine et innovatrice.

Et honnêtement, le Canadien a déjà prouvé que cette recette pouvait fonctionner... en saison régulière.

Mais en séries?

Martin St-Louis a complètement déjoué Jon Cooper dans certains matchs cette saison. Mais selon plusieurs experts, il se fait "outcoacher" par Cooper dans cette série.

Surtout au 2e match, où St-Louis ne s'est jamais adapté alors que son premier trio se fait museler par la ligne d'Anthony Cirelli.

Jon Cooper a donné une vraie leçon d’ajustement derrière le banc. Il a identifié que Josh Anderson faisait mal au Lightning, il a envoyé Scott Sabourin dans la série pour brasser physiquement le match et déranger Montréal émotionnellement, puis il a continué de contrôler les confrontations pendant que Martin St-Louis restait pratiquement figé avec les mêmes trios.

Quand même fou de penser que tous les trios du CH sont dominés à cinq contre cinq et qu’il n’y a que cinq joueurs, dont quatre issus du bas de l’alignement, qui ont noirci la feuille de pointage à forces égales après deux matchs. Et Martin St-Louis... ne change rien...

Pendant que le premier trio du Canadien se faisait étouffer à cinq contre cinq, Cooper ajustait constamment son groupe autour de la ligne d’Anthony Cirelli.

Et même avec le dernier changement qui arrive maintenant au Centre Bell, plusieurs se demandent si St-Louis sera capable de répondre tactiquement à ce duel.

Parce qu’au match numéro deux, il avait l’air d’un jeune entraîneur qui apprenait encore pendant que Cooper, lui, gérait le chaos de la série comme un vétéran des grandes guerres du printemps.

Ouch. Les propos de Brisebois vont devenir du matériel de motivation parfait dans le vestiaire montréalais.

Au hockey, personne n’aime se faire dire qu’il est inférieur.

Encore moins à Montréal.

Et encore moins par Tampa Bay.

Le plus dangereux dans tout ça, c’est que BriseBois parle avec l’arrogance d’un homme qui a des bagues de la Coupe Stanley pour appuyer chacun de ses mots.

Quatre présences en finale. Deux conquêtes. Une organisation admirée partout dans la LNH. Ce n’est pas du vide. Ce n’est pas du marketing. Tampa Bay a les résultats pour soutenir ce discours-là.

Mais parfois, dans une série de hockey, ce genre de déclaration finit aussi par réveiller l’orgueil du mauvais adversaire.

Et à Montréal, cette phrase-là circule déjà partout :

“Ils coûtent plus cher, mais ils sont meilleurs.”

Le genre de citation qui peut suivre une équipe pendant toute une série.