On se souvient tous de la réaction.
Lorsque Kent Hughes a envoyé les 16e et 17e choix au total aux Islanders dans la transaction pour Noah Dobson, la majorité des observateurs ont déclaré Mathieu Darche gagnant.
Deux choix de première ronde.
Emil Heineman en prime.
Montréal semblait avoir payé le gros prix.
Un an plus tard, le portrait change.
Victor Eklund, choisi au 16e rang, affiche 16 points en 34 parties.
Kashawn Aitcheson, sélectionné au 17e rang, présente 53 points en 42 matchs dans le junior.
De bons chiffres.
Intéressants.
Encourageants.
Mais rien de comparable à ce que réalise Alexander Zharovsky.
Le 34e choix total du Canadien est en voie de connaître la meilleure saison de l’histoire de la KHL pour un joueur de 18 ans.
Trente-sept points en 45 matchs dans une ligue professionnelle contre des hommes.
Une production historique.
Il a dépassé la marque d'Eeli Tolvanen, qui avait inscrit 36 points en 49 matchs au même âge.
On est loin.
Très loin.
Et c’est là que la lecture de l’échange change complètement.
Mathieu Darche aurait pu choisir Zharovsky au 16e rang.
Il était disponible.
Il était identifié.
Mais il ne l’a pas fait.
Kent Hughes, lui, savait exactement ce qu’il faisait.
Il connaissait le marché russe.
Il connaissait le potentiel.
Il savait que le 34e choix lui laisserait la marge nécessaire pour frapper.
Ce n’était pas un coup de dés.
C’était planifié.
Les recruteurs du Canadien en Russie sont dans une classe à part.
Ils avaient ciblé Zharovsky depuis longtemps.
Hughes a même pris le temps de valider auprès d’Ivan Demidov, considéré par plusieurs comme un futur joueur de concession, pour mieux comprendre le profil du jeune Russe.
Les retours étaient clairs : talent élite, intelligence hockey supérieure, potentiel explosif.
Pendant que Darche accumulait des choix, Hughes accumulait de l’information.
Et ce n’est pas tout.
Noah Dobson, souvent critiqué à New York, évoluait dans un contexte compliqué. Patrick Roy ne semblait pas totalement convaincu.
Le défenseur était perçu comme trop mou, trop fragile, pas toujours réceptif aux commentaires directs et exigeants de son entraîneur. à
La relation était tendue.
L’environnement, loin d’être idéal.
À Montréal, le décor est différent.
Sous Kent Hughes et Martin St-Louis, Dobson a retrouvé confiance.
Il joue libéré.
Il produit.
Il assume un rôle important.
Oui, son extension de 9,5 millions par saison fait sourciller.
Oui, il est actuellement le défenseur le mieux payé du Canadien, devant même Lane Hutson, qui représente l’avenir de la brigade.
Mais Dobson renaît.
Il n’est plus le défenseur hésitant des Islanders.
Il est devenu une pièce centrale dans un système qui valorise la mobilité et la créativité.
Résultat?
Montréal obtient un défenseur établi et un espoir russe qui bat des records historiques.
Pendant ce temps, les Islanders misent sur deux jeunes encore loin de l’impact immédiat que Zharovsky est en train de démontrer à un niveau professionnel.
La narrative s’inverse.
Ce qui ressemblait à une victoire éclatante pour Mathieu Darche prend aujourd’hui une toute autre tournure.
Kent Hughes a joué le long jeu.
Il a accepté la critique.
Il a encaissé le verdict public.
Et maintenant?
Son pari explose.
Le 34e choix devient un joyau.
Dobson retrouve sa valeur.
Et l’échange qui semblait déséquilibré commence à pencher dangereusement vers Montréal.
Kent Hughes n’a pas seulement résisté à la pression.
Il avait raison.
L'avenir nous le diras !
