Kent Hughes avait une occasion parfaite de calmer les inquiétudes autour du Canadien de Montréal. Il aurait pu promettre qu’une transaction allait bientôt arriver. Il aurait pu laisser entendre que le poste de deuxième centre serait réglé rapidement. Il a plutôt choisi une réponse beaucoup plus simple : il faudra être patient.
Le directeur général du Canadien s’est entretenu avec Félix Séguin de TVA Sports avant le premier match de la saison à Toronto, mardi soir. La discussion a rapidement porté sur les transactions et sur les nombreuses occasions qui ne se sont jamais concrétisées au cours des derniers mois.
Le message de Hughes ne laisse pas beaucoup de place au doute.
Montréal a présenté plusieurs offres depuis son arrivée à la tête de l’organisation. Certaines n’ont jamais été rendues publiques, tandis que d’autres n’ont tout simplement pas fonctionné. Dans certains dossiers, deux équipes peuvent vouloir conclure une transaction sans réussir à trouver une formule qui convient aux deux formations.
Hughes dit alors vouloir être créatif.
Il cherche une autre avenue, tente de modifier la proposition et continue les discussions. Lorsque rien ne fonctionne, il passe au lendemain et recommence le processus.
« Si ça ne fonctionne pas, on se réveille demain matin puis on continue », a expliqué le DG à Félix Séguin.
Cette phrase résume probablement assez bien sa façon de gérer le marché.
Le problème pour les partisans, c’est que le fameux lendemain peut arriver plusieurs fois avant qu’une véritable solution apparaisse.
Le Canadien cherche toujours à améliorer son groupe, particulièrement au centre. Le besoin d’un deuxième centre a été discuté à plusieurs reprises, alors que Montréal possède plusieurs jeunes joueurs qui doivent encore poursuivre leur développement.
Pendant ce temps, certains joueurs qui auraient pu répondre à certains besoins ont changé d’adresse.
Dylan Larkin a notamment été associé à Montréal dans plusieurs scénarios au cours de l’été, sans qu’une transaction ne se concrétise. Kirill Marchenko était également lié au Canadien avant de finalement aboutir à Toronto, où il a immédiatement obtenu un contrat majeur.
Ces occasions ratées ne signifient pas nécessairement que Hughes a mal géré ses dossiers. Elles démontrent toutefois que le marché ne fonctionne pas toujours selon le calendrier d’une équipe.
C’est précisément pour cette raison que la patience devient aussi importante.
Hughes l’a d’ailleurs expliqué clairement durant son entrevue. Avec une formation aussi jeune, il veut constamment trouver l’équilibre entre ce qui peut aider Montréal immédiatement et ce qui pourrait être encore plus important dans quelques années.
Le Canadien possède maintenant plusieurs joueurs de moins de 25 ans qui occupent des rôles majeurs. Nick Suzuki, à 27 ans, est presque devenu le vétéran du groupe offensif.
La direction ne veut donc pas nécessairement sacrifier une partie de cette construction pour régler un problème rapidement.
Cette approche peut toutefois être difficile à accepter pour les partisans.
Montréal sort d’une période où les attentes ont considérablement augmenté. L’équipe veut progresser, les jeunes joueurs arrivent à maturité et chaque saison devient plus importante. Pendant ce temps, les occasions disponibles sur le marché peuvent disparaître en quelques heures.
Hughes préfère visiblement attendre une transaction qui correspond réellement à ses besoins plutôt que de bouger simplement pour dire qu’il a fait quelque chose.
À long terme, cette patience pourrait permettre au Canadien de conserver ses meilleures ressources et de protéger sa fenêtre de compétitivité.
À court terme, elle demande toutefois beaucoup de confiance aux partisans.
Le poste de deuxième centre demeure une question. Aucun calendrier précis n’a été donné pour régler cette situation.
Hughes, lui, ne paraît pas pressé.
Son message est finalement très simple : il continuera de chercher, continuera de discuter et continuera d’attendre si nécessaire.
Pour les partisans du Canadien, il reste maintenant à savoir combien de temps ils devront patienter avant que le prochain gros coup arrive.
Patience...
